Comme solutions aux maux du secteur culturel béninois: Albert Bienvenu Akoha plaide la vulgarisation de la charte culturelle

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Le secteur culturel béninois a besoin de réformes. L’actualité du Fonds d’aide à la culture ces derniers jours suffit à elle seule pour s’en convaincre. Mais jusque-là, très peu d’acteurs donnent de la voix à travers des propositions concrètes à même d’aider à inverser la tendance. Pourtant, ce ne sont pas les hommes pour le faire qui manquent. En tout cas, le professeur Albert Bienvenu Akoha est partant pour des contributions.

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La gestion faite du Fonds d’aide à la culture n’est pas de nature à permettre au secteur culturel de mieux se porter. Les financements allouées, de l’avis du professeur Albert Bienvenu Akoha sont trop insignifiants. Celui-ci parle alors de saupoudrage pour peindre cette situation qu’il juge préjudiciable au secteur. Enseignant mais aussi grand acteur culturel, il est le directeur du Conservatoire de danses cérémonielles et royales d’Abomey, créé en 1996 par un groupe d’intellectuels d’Abomey avec pour ambition la sauvegarde et la redynamisation de ce précieux patrimoine. Mais c’est beaucoup plus en sa qualité de membre du Conseil national des arts et de la culture (Cnac) qu’il s’est prononcé, il y a quelques jours, sur les maux du secteur culturel béninois.

Selon lui, c’est une loi qui prescrit la création du Fonds d’aide à la culture. La même loi a associé à la création de cette structure, une autre qu’est le Conseil national des arts et de la culture. Il revenait donc selon ses explications, à l’Exécutif, de créer ces structures pour conduire le développement culturel du Bénin dans l’esprit et la lettre de la loi. Ce qui n’a pas été le cas. Dans la pratique, observe-t-il, on a d’abord créé le Fonds en 1992), puis le Cnac en 2002. Soit une décennie entre les deux structures, qui, de son avis, porte entorse à leur fonctionnement respectif. Or, le législateur aurait souhaité les voir travailler en synergie. Ce que propose alors le professeur Albert Bienvenu Akoha c’est d’abord une vulgarisation de la loi portant charte culturelle en République. Laquelle, malgré son importance, est très peu connue des acteurs culturels et même de ceux qui sont censés agir au nom du secteur. Or, estime-t-il, si cette charte qui est une émanation de la Conférence nationale était bien appliquée, cela constituerait déjà un début de solution.
En sus, il voudrait que le Cnac soit dépoussiéré. Ceci, au regard de son importance. Le Conseil national des arts et de la culture, il faut le dire, est une structure consultative, de réflexion et d’orientation du ministère en charge de la Culture, elle est restée sans vie depuis 2002 où elle a été installée. La raison de cette maldonne, analyse le professeur Albert Bienvenu Akoha, c’est qu’on a laissé des administratifs y prendre les premiers rôles. La vivifier, pense-t-il, permettra de réorienter le secteur culturel et par ricochet, mettre un frein aux nombreuses distorsions qui plombent l’envol du secteur culturel béninois.

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