Clôture 8e édition du Filep: Recommandations et défis

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Le rideau est tombé, vendredi 25 septembre dernier, sur la 8e édition du Festival international de la liberté d’expression et de la presse (Filep). Diverses recommandations ont été formulées et des engagements pris en faveur de l’Union africaine, à travers la contribution des médias du continent.  

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La 8e édition du Festival international de la liberté d’expression et de la presse (Filep) s’est achevée, vendredi 25 septembre dernier, sur fond de recommandations et d’engagements. Elle aura permis aux participants de réfléchir sur la contribution des médias à l’édification d’une Afrique capable d’assumer son indépendance àau regard des défis.
Entre autres résolutions, le Filep exhorte les organes de presse à être à l’avant-garde de la lutte pour une Union africaine des peuples et à développer des initiatives de collaboration inter-pays ou transfrontalières à même de renforcer l’unité des peuples.
Il plaide auprès de la Commission de l’Union africaine, pour l’élaboration d’un programme de soutien au développement de grandes entreprises de presse et de mobilisation des médias en vue de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 assorti d’organisation de prix annuels.
Relativement aux condamnations, emprisonnements et assassinats de journalistes sur le continent, le festival appelle l’ensemble des Etats à garantir le droit à la protection des journalistes, acteurs indispensables à la construction et à la consolidation de la démocratie et invite l’ensemble des professionnels des médias à renforcer la solidarité confraternelle à l’égard de tous les confrères victimes d’atteintes à la liberté d’informer.
Aussi, les participants appellent-ils à l’unité des pays africains dans la lutte contre le terrorisme et à une prise en compte de la contribution des médias africains dans la lutte contre le terrorisme dans une dynamique de collaboration avec les institutions et les forces de défense et de sécurité, sans préjudices au droit des peuples à l’information. Ils s’engagent à maintenir la veille, dans le professionnalisme et la rigueur pour la paix et la sécurité sur le continent?

Karim Débourou, vice-président de la Fédération des radios communautaires et assimilées du Bénin (Fercab)

Ensemble on est plus forts. Des agitations s’observent un peu partout actuellement dans la sous-région. La presse doit tout faire pour donner la bonne information afin d’éviter la psychose au sein de la population. Elle doit être aujourd’hui plus sérieuse que par le passé. Les journalistes doivent jouer leur partition tout en veillant au respect de la déontologie, en évitant d’être corrompus. L’honnêteté et la crédibilité doivent être leurs maîtres mots.

Daniel Lawson : enseignant à l’institut des sciences de l’Information, de la Communication, des Arts à l’Université de Lomé

La presse africaine est confrontée aujourd’hui à plusieurs défis avec les nouveaux médias et les enjeux sécuritaires, notamment la crise au Sahel. Il va falloir s’armer de beaucoup de principes d’éthique et déontologiques sur les faits et informations à donner aux populations. L’information a toujours été un produit de grande consommation. Il faut donc en donner les bonnes pour ne pas enflammer le public et aggraver certaines situations. Après ce festival, il va falloir former les professionnels des médias sur les enjeux du moment. Le journalisme est un métier noble et il nous revient de l’anoblir davantage. En 2021, nous ferons le bilan des recommandations, défis et engagements de la 8e édition du Filep. Il nous revient d’éduquer les populations tout en les mettant à l’abri de la panique. Cela n’est possible que par le professionnalisme.
 
Rosie Pioth, journaliste freeleance au Congo Brazzaville

Ce rendez-vous panafricain a été un grand succès. Je retiens que les journalistes africains doivent se prendre en charge eux-mêmes. Le changement ne viendra pas d’ailleurs, mais de nous-mêmes. Si nous voulons voir le développement de l’Afrique, nous devons d’abord changer nos manières de faire et d’agir et mettre en application ce que nous attendons des autres en étant rigoureux dans notre travail. Cela aidera non seulement les populations pour lesquelles nous travaillons, mais aussi permettra de porter notre voix vers les institutions et les pouvoirs publics. Ainsi, ils pourront mieux apprécier la prise de conscience au sein de la communauté des journalistes. Au temps de la révolution, il y avait des journalistes de libération. Aujourd’hui, nous sommes une nouvelle génération, nous devons donc contribuer à réécrire l’histoire de notre continent. Nous ne devons pas nous atteler à accepter tout ce qui se dit sur l’Afrique par les journalistes étrangers, parce que nous maîtrisons les réalités de nos pays plus qu’eux.  
Je serais heureuse si les différentes résolutions prises au cours de ce festival sont mises en œuvre avec nos propres moyens financiers. Les journalistes africains gagneraient à fédérer leurs efforts en vue de changer les regards des autres pays sur le continent et de créer une plateforme basée sur des informations vérifiées et crédibles.

Aziz Koto-Chabi, Secrétaire exécutif de la Fercab

Le Festival international de la liberté d’expression et de la Presse (Filep) est un rendez-vous panafricain. On y retrouve une trentaine de pays africains. En dépit de la barrière linguistique, nous sommes arrivés à nous asseoir pour discuter des questions de libre expression. Si ce creuset n’avait pas existé, il faudrait le créer. L’autre aspect très important est lié à la richesse des communications qui sont toutes en lien avec les questions de paix et de sécurité du journaliste, ainsi que la richesse des débats et la qualité des communicateurs qui représentent de grands noms de la presse africaine.

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