Centre culturel Ouadada à Porto-Novo: Une centaine d’œuvres d’art de malades mentaux promues

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Une centaine d’œuvres artistiques réalisées par des personnes en situation de handicap mental et pensionnaires du Centre d’art-thérapie Vie et Solidarité sont actuellement en exposition au centre culturel Ouadada à Porto-Novo. Le vernissage se déroule en marge de la sixième édition du festival d’art Eclosions urbaines.

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Les personnes en situation de handicap psychique et intellectuel communément appe-lées « malades mentaux » peuvent aussi contribuer au développement de leur pays. La preuve en a été donnée par le centre d’art-thérapie Vie et Solidarité qui encadre en art de telles personnes. Celles-ci ont à leur actif la réalisation de plusieurs œuvres artistiques. Ces œuvres sont actuellement en exposition dans le cadre de la sixième édition du festival d’art Eclosions urbaines qui se déroule au centre culturel Ouadada à Porto-Novo. Le vernissage a permis dans la soirée du samedi 7 novembre dernier au public composé notamment d’acteurs culturels et d’autorités politico-administratives d’apprécier les œuvres de ces personnes psychiquement affectées et de découvrir leurs talents.
A travers ce vernissage, l’artiste photographe Louis Oké Agbo, promoteur du centre d’art-thérapie Vie et Solidarité, entend mettre en lumière, pour la deuxième fois consécutive après le succès de l’édition passée, la notion innovante consistant à mettre l’art au service de la santé mentale. Selon lui, l’art-thérapie peut contribuer à soulager, traiter, voire « guérir »
les maux dont souffrent les malades mentaux souvent marginalisés et négligés dans la société. Les pensionnaires du centre sont formés deux fois par semaine dans les ateliers de photographie, de peinture, de musique, de sport et d’alphabétisation en langue française qu’il anime avec d’autres partenaires. « A partir des œuvres d’art produites par un malade mental, on peut apprécier l’évolution de son état de santé, c’est-à-dire voir s’il y a davantage de précision dans le travail réalisé »,
soutient Louis Oké Agbo. Pour lui, la santé mentale est une chose trop sérieuse pour être l’affaire des seuls médecins et psychiatres. Le centre d’art-thérapie vient alors appuyer le travail de la médecine moderne dans la prise en charge des personnes souffrant de cette affection à travers leur formation à l’art. Le promoteur dit avoir noté, cette année encore, plus de détermination et de précision dans les œuvres produites par les pensionnaires du centre. La folie est une qualité et n’est pas une maladie comme les autres, souligne-t-il. Les œuvres réalisées permettent aux pensionnaires du centre de s’extérioriser et d’aller au-delà de leurs émotions.
Comme perspectives, Louis Oké Agbo entrevoit une rencontre avec les étudiants et les élèves pour des regards croisés sur les œuvres de ces artistes spéciaux afin d’essayer de briser la barrière entre la société et les personnes en situation de handicap mental et intellectuel. Louis Oké Agbo a plusieurs autres projets en faveur des pensionnaires du centre, notamment pour leur réinsertion professionnelle. Il compte créer des boutiques-galeries pour l’exposition des œuvres réalisées. Le directeur départemental en charge des Arts et de la Culture de l’Ouémé, Félicien Hounkanrin rassure le promoteur du centre de son appui personnel et institutionnel pour la concrétisation des ambitions affichées.

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