Campagne « seize jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre »: Féministes et activistes apprécient

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Les seize jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre se sont déroulés du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes au 10 décembre, Journée internationale des droits de l’Homme. Le bilan de cette édition, quoique globalement satisfaisant, selon certaines femmes, laisse un goût d’inachevé qu’il faudra corriger les prochaines années.

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Isabelle Otchoumaré, porte-parole de la Ligue béninoise des droits des femmes

« La campagne a pris fin, mais la lutte doit continuer »
La campagne des seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (Vbg) de 2020 a été meilleure par rapport à celles des éditions antérieures. J’ai noté au-delà des messages de sensibilisation publiés sur les réseaux sociaux, des activités de terrain. Plusieurs organisations ont pris une part active à cette campagne. Certaines d’entre elles ont organisé des séances de sensibilisation, mené des actions de soutien aux victimes….Les hommes ne nous ont pas marchandé leur soutien. Je suis heureuse de savoir que la population est en train de comprendre que la lutte contre les violences basées sur le genre est l’affaire de tous. La campagne a pris fin certes, mais la lutte doit continuer. Elle doit se mener quotidiennement. On ne doit pas attendre les seize jours d’activisme pour mener des actions. Il faut organiser des séances de sensibilisation, faire des plaidoyers, soutenir les victimes autant que faire se peut.

Zakiath Latoundji, présidente de l’Union des professionnels des médias du Bénin

« Les déballages ont favorisé les dénonciations »
La crise sanitaire actuelle n’a pas empêché la célébration de l’édition 2020 des seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (Vbg). Il y a eu beaucoup de manifestations et d’initiatives qui ont collé à l’actualité de la crise sanitaire. Je note plusieurs innovations dans la façon de mettre en œuvre la présente campagne. Beaucoup de ces initiatives ont porté sur la question du harcèlement sexuel, sans doute en raison des différentes dénonciations qui ont marqué cette année. Les déballages autour de cette problématique ont permis dans une certaine mesure aux femmes de faire des dénonciations, de parler de leur vécu et de leurs expériences sur le sujet sans langue de bois. C’est un effort louable. Il n’y a pas que la question du harcèlement sexuel quand on évoque les Vbg. C’est important qu’on puisse mobiliser les femmes et les hommes autour de la question. Je salue les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette campagne et surtout je les exhorte à plus d’efforts pour aboutir à de meilleurs résultats.

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Mariam Mondukpè Tchitou, activiste des droits des femmes

« Je remercie les hommes qui sont des exemples de la non-violence à l’égard des femmes et des filles »
Les seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (Vbg) ont eu pour thème cette année, « Orangez le monde, financez, intervenez, collectez ». Beaucoup d’actions ont été menées au niveau national autour de ce thème. Des expositions, des compétitions de basket, des ateliers, des colloques, des sensibilisations sur les différents canaux d’information. Ce sont des efforts très louables à perpétuer. J’ai noté une grande mobilisation des femmes autour de la campagne. Elles sont de plus en plus conscientes qu’elles doivent briser le silence et faire front à toutes formes de Vbg. Le ministère des Affaires sociales et les associations comme Wanep Bénin et le collectif féminin ne sont pas restés en marge de cette activité.
Cependant, une grande majorité de femmes n’est pas assez impliquée dans cette campagne, notamment les femmes rurales ou analphabètes. La célébration est restée l’apanage des femmes citadines et intellectuelles. Pour les années à venir, je propose des actions concertées entre les institutions et les acteurs. Ce faisant, les résultats seront plus visibles et percutants. La lutte contre les Vbg est un combat de chaque instant. Ne baissons pas la garde et restons toutes mobilisées. Je voudrais remercier les hommes qui se battent à nos côtés et qui sont des exemples de la non- violence à l’égard des femmes et des filles.

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Hermione Ligan, chef division information Atlantique FM, présidente de l’Ong femme engagée pour le sport

« Il ne faut pas mettre de côté les hommes dans ce combat »

La campagne mondiale des seize jours d’activisme contre les Vbg s’est déroulée du 25 novembre au 10 décembre 2020. Je dresse un bilan à la fois positif et négatif. Au cours de cette campagne, plusieurs organisations de défense des droits humains ont effectivement mouillé le maillot. Il y a eu moins d’actions physiques à cause de la Covid-19. Par contre, l’écart est comblé sur les réseaux sociaux. Les jeunes filles et les femmes arrivent à comprendre et à mieux expliquer les violences qu’elles subissent. On doit se donner la main pour éradiquer ce phénomène. Il faut une synergie d’actions pour atteindre nos objectifs. La lutte contre les Vgb ne doit pas se limiter à la campagne des seize jours d’activisme. Ça doit être une lutte quotidienne. Il ne faut pas mettre de côté les hommes dans ce combat. Il faut encourager les victimes à rompre le silence. Plus elles témoignent, plus d’autres victimes prennent conscience de leur propre situation. Il faut permettre à la femme d’exercer un métier de son choix et lui offrir les moyens de pouvoir s’autonomiser parce que le manque de moyens financiers peut également entraîner des violences.
Francine Toupé Enianloko, présidente de l’Association ‘’Femme de demain Bénin’’

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« Les filles ont compris qu’elles ne doivent pas se laisser malmener »
Je dresse un bilan élogieux de la campagne des seize jours d’activisme, malgré cette période tumultueuse de Covid-19. Le Bénin à travers mon association y a participé en mobilisant plus de cinq cents femmes pour suivre des webinaires et des formations en ligne, notamment sur les vbg et le leadership des jeunes filles, en référence au thème retenu à l’échelle internationale. Les jeunes lycéennes et collégiennes de plusieurs pays d’Afrique et du Bénin ont saisi cet espace d’échanges pour exprimer leurs préoccupations et leurs profondes aspirations. Ça leur a permis d’avoir une vision globale de ce monde en perpétuel mouvement et de déconstruire les préjugés culturels en vue de l’accélération du changement social. Elles ont compris qu’elles ont des potentialités et qu’elles ne doivent se laisser malmener par quiconque. Ces différentes initiatives leur permettront de développer l’estime de soi. Le bilan a été globalement satisfaisant. Toutefois, il faut penser à étendre ces rencontres virtuelles les fois à venir. Si Onu-femme, l’Unicef et les autres partenaires peuvent se donner la main, on pourra atteindre des résultats plus encourageants.

Propos recueillis par Maryse ASSOGBADJO