Brimée et contrainte à l’exil : L’art pour que justice soit faite à Hawa Ibrahim Qatruni

Par Josué F. MEHOUENOU,

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L’art mène à tout, dit-on. Il peut aussi être un moyen de lutte contre l’injustice et l’oppression. C’est ce que fait Hawa Ibrahim Qatruni, réfugiée libyenne au Bénin pour réclamer justice et attirer l’attention de la communauté internationale sur sa situation de femme brimée.

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Dans ses mains un ouvrage, derrière elle, un tableau d’art et à ses côtés, deux comédiens. Pour Hawa Ibrahim Qatruni, la solution à ses problèmes pourrait venir de l’art. Elle y croit, elle qui, en plus de son diplôme d’ingénieur agronome a toujours eu un penchant pour la chose artistique. Son combat, c’est celui pour un monde plus juste envers la femme. Cette réfugiée libyenne qui vit au Bénin avec son époux et son enfant veut se faire entendre et réclamer justice. Elle dit avoir déjà essayé en vain, notamment au Niger où elle a trouvé refuge après avoir fui le péril libyen. Mais le cri de cœur de la jeune femme derrière le voile peine à être entendu.

Elle vient donc emprunter les sentiers de l’art à travers une trilogie. D’abord l’ouvrage. De sa plume, elle signe la première partie du livre « A quand la justice pour Hawa Ibrahim Qatruni ? », avec en première de couverture, une image d’elle à peine souriante. Toujours de ses doigts, elle peint ensuite un tableau d’art qui résume sa vie, mais aussi le calvaire qu’elle vit avec sa famille. De son exil vers le Niger, de l’enfer que lui font vivre ses frères qui l’ont dépossédée de l’héritage de son père, des brimades et injustices, de l’emprisonnement de son mari, des manigances de ses frères pour l’empêcher de jouir de ses droits, de sa fuite vers le Bénin et de la justice qu’elle réclame, juste parce qu’elle a eu le malheur d’être une femme, Hawa Ibrahim Qatruni laisse voir sur cette œuvre d’art, son visage ensanglanté, un peu comme pour demander que sa situation change. Son cri de détresse, elle l’adresse notamment aux présidents des Etats-Unis, de la France, à l’Emir du Qatar, au président nigérien et à la reine d’Angleterre. Troisième élément emprunté à l’art, une pièce de théâtre inspirée de son histoire.
Cette trilogie, Hawa Ibrahim Qatruni la présente, non seulement pour réclamer justice, mais aussi et surtout pour qu’aucune autre femme n’ait, nulle part dans le monde à subir un tel sort. La vie dure qu’on lui mène « parce qu’elle est une femme instruite et émancipée », elle voudrait y mettre un terme et pour cette raison, elle réclame d’abord et avant tout justice pour elle et les siens. Car autant qu’elle, sa famille vit aussi un drame. Ils ont été dépossédés de leurs biens et privés de tout, même du cadeau de mariage que le père de la jeune dame avait offert au couple. Désormais réfugiée au Bénin, Hawa a présenté il y a quelques jours à Cotonou à un public sélectionné, son ouvrage (à éditer), la pièce de théâtre ainsi que l’œuvre d’art réalisée par elle. A ses côtés, outre les défenseurs de la cause de la femme et des personnes brimées, un groupe d’artistes engagés qui veulent porter à ses côtés, son combat de justice et de réparation.

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