Blandine N’Tcha, artiste musicienne: « Nous sommes disponibles à accompagner pour révéler le Bénin »

Par Alexis Meton,

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Blandine N’Tcha à l’état civil, Koussa N’Déou de son nom d’artiste, fait de la musique moderne d’inspiration traditionnelle pour, dit-elle, valoriser la culture du Bénin. Mais dans ce projet, le soutien des autorités fait défaut et elle note que les artistes du Nord sont souvent oubliés dans la politique de développement du secteur. Son cri de cœur dans cet entretien est que les gouvernants se penchent sur les conditions d’existence des artistes.

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La Nation : Comment êtes-vous venue à la musique?

Koussa N’Déou : Je chante depuis plus de dix ans. Et je peux dire que la musique est ma passion, je l’adore ! C’est un don pour moi. Je fais la musique moderne d’inspiration traditionnelle. Mais c’est difficile quand on n’a pas les moyens. On se décourage vite au point de décider d’abandonner. C’est mon cas actuellement, mais je n’y arrive pas. Comme je l’ai dit, c’est ma passion. Malgré tout, je suis dedans et je fonce.

Pourquoi avoir choisi la musique moderne d’inspiration traditionnelle ?

Dans ma culture en milieu
Otamari, il existe une variété de rythmes qui ne sont pas valorisés. J’ai donc eu l’idée de m’intéresser à cette gamme de rythmes pour voir comment les valoriser et mieux les révéler au monde. C’est ainsi que j’ai choisi la musique moderne d’inspiration traditionnelle. Comme rythmes de chez moi par exemple, je peux citer le Tipenti, le Tibenti, le Koutchanti, le Fèbenfè, le Tiadati, le Crachenti… Je m’essaie à ces différents rythmes sans difficulté. C’est le moment de remercier mes fans, ceux qui me soutiennent et me portent. Ils adorent mes morceaux et regrettent peut-être de ne pas avoir assez de moyens pour m’aider à aller de l’avant. J’en profite pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés. Ils ne seront pas déçus de me soutenir dans cette aventure.

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Comment appréciez-vous la musique moderne d’inspiration traditionnelle au Bénin?

Je pense que la musique moderne d’inspiration traditionnelle prend sa marque au Bénin. Beaucoup de Béninois aiment de plus en plus ce genre. En dehors de ceux qui comprennent la langue, d’autres s’y intéressent également. Même à l’extérieur, ils aiment nos rythmes traditionnels. C’est pourquoi je lance un appel à nos autorités pour qu’elles nous viennent en aide. J’ai l’impression qu’on est oubliés et je veux que les bonnes volontés commencent à penser à nous, artistes du septentrion. Tout se passe à Cotonou. De Natitingou, c’est difficile de s’informer par exemple, sur les opportunités du secteur. Pire, pour des événements culturels, s’il faut prendre des artistes du nord, c’est souvent deux au maximum. Alors que nous sommes nombreux au nord. On dirait que le Bénin se limite à Cotonou seulement. Or le Bénin est encore profond, au-delà des montagnes ! Que nos autorités n’oublient plus leurs frères de là-bas. Il faut penser davantage aux artistes du nord.

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Parlez-nous de votre parcours.

J’ai fait quelques performances dans le domaine de la musique. J’ai trois albums à mon actif, avec comme titres phares, “Otamari”, “Africa master”, “Itchinri Bi”, “La vie”… Je développe beaucoup de thèmes dans mes chansons. Je parle de la paix, de l’union, de l’excision de la femme, du tourisme au Bénin dont les richesses se trouvent dans la commune de Natitingou (Sourire). Je m’intéresse aussi à la scolarisation des filles, la situation des enfants, ceux abandonnés ou qui n’ont personne, les enfants de la rue… Je demande plus de regard envers eux pour leur épanouissement dans la société. C’est souvent parmi ces enfants, qu’on a les cadres de demain. Il y a donc urgence à s’en occuper. Je lance un S.o.s. aux citoyens pour un peu plus d’humanisme à leur égard. Car l’enfant n’est pas souvent responsable de son sort. C’est un cri de cœur qui s’adresse aussi aux gouvernants.

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Vous avez finalement beaucoup de cris de cœur à l’endroit des gouvernants ! Que leur demandez-vous précisément ?

Je demande au chef de l’Etat et aux autorités de prendre à bras le corps le problème des artistes. Je leur demande de penser aux artistes, surtout ceux du nord. Nous avons besoin d’eux. Nous sommes disponibles à les accompagner pour révéler le Bénin au monde. Cela passe par la promotion et la valorisation de nos cultures. J’ai des projets de voyages dans d’autres pays pour prester. Mais faute de moyens, je n’y parviens pas encore avec mon groupe de danseurs très dynamiques dans les rythmes du nord. Ailleurs, la culture est vraiment valorisée grâce au soutien des gouvernants. Je sais qu’au nord, il existe une panoplie de cultures connues de très peu de personnes. Il nous faut travailler à les valoriser.