Banque africaine de développement: Akinwumi Adesina face aux nouveaux défis

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) se fixe un nouveau cap dans le développement du continent. Les défis sont passés en revue lors des assemblées annuelles des Conseils des gouverneurs de la Bad et du Fad tenues la semaine dernière, et au terme desquelles le président Akinwumi A. Adesina est réélu.

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A compter du 1er septembre 2020, Dr Akinwumi Ayodeji Adesina entame un nouveau mandat de cinq ans à la tête de la Banque africaine de développement (Bad). Le Nigérian est reconduit président du Groupe de la Banque, suite aux accusations de népotisme agitées à son encontre il y a quelques mois et dont il est blanchi. A l’issue de la cinquante-cinquième assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs de la Bad et la quarante-sixième assemblée annuelle du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement (Fad) il s’auréole d’un nouveau mandat. Lesdites assises sont organisées en ligne du 26 au 27 août dernier, en raison de la pandémie de Covid-19.
Sous la présidence de Mme Nialé Kaba, ministre du Plan et du Développement de la Côte d’Ivoire et présidente des Conseils des gouverneurs, les gouverneurs représentant les pays membres de la Bad ont souligné les « énormes défis» que pose la pandémie de Covid-19, notamment dans les plans de développement des pays membres. La tâche s’annonce bien exaltante pour l’exécutif du Groupe, si l’on s’en tient au communiqué final qui a sanctionné les travaux.
Le Groupe de la Bad est invité à poursuivre la mise en œuvre de ses programmes, notamment la Facilité de réponse rapide à la Covid-19 (Crf) visant à fournir une gamme flexible de solutions de soutien afin d’atténuer les lourdes conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire. Il devra accorder une attention particulière à la gestion des risques financiers et opérationnels qui pourraient survenir, afin de préserver sa capacité à remplir sa mission de développement de la manière la plus efficace possible.

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Priorités

La mise en œuvre du programme de réformes entrepris dans le cadre de la septième augmentation générale du capital (Agc-VII) et de la quinzième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (Fad-15)préoccupe également. Cinq domaines sont prioritaires, à savoir les transports, les télécommunications, l’agriculture, l’énergie et l’économie numérique en vue de combler le déficit de financement des infrastructures.
Le secteur de la santé ne devrait pas être du reste en cette période critique de pandémie. La Bad compte mieux articuler son rôle dans ce domaine, en prenant en compte ses capacités internes et les expertises des autres partenaires au développement.
En collaboration avec l’Union africaine et les communautés économiques régionales, le Groupe de la Banque est appelé à accélérer l’intégration et la transformation économique et sociale de l’Afrique. Il devra prendre toute sa place dans la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pour booster la croissance du continent et développer les investissements et les chaînes de valeur régionales et continentales.
En attendant, il sera question d’intensifier le soutien aux pays en matière de politiques sectorielles et de réformes réglementaires. Le but, c’est de promouvoir un environnement favorable aux entreprises et de tirer parti des nouveaux engagements financiers importants pris en faveur de projets en Afrique. Un regard bienveillant sera porté sur les économies en situation de fragilité et de conflit, ainsi que sur les besoins des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.
Le Groupe de la Bad devra offrir plus d’opportunités et des emplois de qualité aux jeunes et aux femmes. Cela permettra d’une part, d’endiguer la migration hors du continent, et d’autre part, d’accroître l’autonomisation économique des femmes et leur accès au financement. A cet effet, l’Action positive pour le financement en faveur des femmes en Afrique (Afawa) sera mise en œuvre dans les prochains mois?

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Traitement des griefs

Les gouverneurs exhortent le Groupe de la Bad à renforcer ses fonctions de gouvernance interne, de conformité, de contrôle et de responsabilité pour s’aligner sur les bonnes pratiques des institutions sœurs. C’est ainsi qu’ils autorisent la création d’un Comité ad hoc du Conseil des gouverneurs chargé de superviser la revue du cadre de gouvernance de la Banque en matière d’éthique et de traitement des plaintes.
Cette revue, précise le communiqué de la Bad, portera sur la politique de dénonciation et de traitement des griefs, le code de conduite des dirigeants élus, le mandat du Comité d’éthique et toute autre règle pertinente. Elle visera aussi à les mettre à jour afin de renforcer la gouvernance du Groupe, de garantir un niveau élevé de responsabilité, de crédibilité et d’intégrité et de promouvoir la transparence et l’indépendance.
Les grandes instances du Groupe se pencheront sur cette question lors des prochaines assemblées annuelles prévues du 24 au 28 mai 2021 à Accra au Ghana, afin d’évaluer la mise en œuvre des conclusions et les recommandations.
C. U. P.