Aurélie Adam Soulé Zoumarou sur la 11e session d’Ask GouvBenin: « Je peux vous assurer que nous avons fait beaucoup de pas »

Par Eric TCHOGBO,

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La ministre du Numérique et de la Digitalisation, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a échangé, jeudi 7 novembre dernier, avec les internautes sur le thème : « Numérique et digitalisation au Bénin : Réalisations et perspectives ». A cette occasion, elle a répondu à plus de 250 questions relatives à l’accès internet, au déploiement de la fibre optique, à la Télévision numérique terrestre, aux facilités et accompagnement des startups, ainsi qu’au développement du e-commerce et au processus de la digitalisation.

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Quand est-ce que nous aurons la connexion internet haut débit et accessible à moindre coût à tous les Béninois et ceci à moindre coût avec les réseaux Mtn et Moov ?

L’internet est un aspect important et le haut débit l’est encore plus puisqu’il permet d’aller vers les usages numériques. Dans le secteur du mobile, effectivement Mtn et Moov sont les deux opérateurs qui offrent des services internet. Je peux vous dire que nous avons fait beaucoup de pas. En 2016, nous étions autour de 25 % de pénétration de l’internet mobile et aujourd’hui, nous sommes autour de 48 % selon l’Arcep. Cela peut sembler peu. Mais quand on voit le gap comblé en deux ans, c’est très important. Cela permet de voir des résultats effectifs sur la pénétration de l’internet. S’agissant du coût, suite à l’étude sur l’universalité de l’internet avec l’Unesco, on s’aperçoit que le Bénin fait partie des pays où le coût de l’accès à l’internet est raisonnable. Les récents encadrements de l’Arcep ont permis de pouvoir donner le choix au consommateur selon ses besoins tout en encadrant ses dépenses. Nous sommes dans un cercle vertueux où il est permis aux opérateurs de continuer les investissements tout en s’assurant que les consommateurs consomment l’internet selon leurs besoins. Cela a permis à notre écosystème d’avoir des coûts et des offres attrayants.

Où en sommes-nous avec le maillage du territoire en fibre optique ?

Nous sommes allés très vite sur le volet des infrastructures numériques parce que très tôt, le gouvernement sous l’égide du président de la République, a impulsé une dynamique dans le déploiement des fibres optiques dans notre pays. Nous avons commencé à réhabiliter la dorsale nationale. Cette dorsale permet d’amener les capacités du nord au sud de notre pays. Et ensuite, nous avons fait des boucles pour desservir toutes les localités qui sont de part et d’autre de cette dorsale. Aujourd’hui, nous avons trois boucles : deux boucles vers le Sud entre Porto-Novo, Adjohoun, Bohicon, Cotonou avec un rebouclage à Porto-Novo ; une 2e boucle qui part de Porto-Novo vers Sakété-Dassa-Bohicon-Cotonou et reboucle à Porto-Novo ; une boucle vers le Nord via Parakou, Djougou, Natitingou puis Kouandé, qui permet jusqu’à Ouassa-Péhunco – Kérou-Banikoara de pouvoir bénéficier et assurer une certaine sécurisation. Quand on a des boucles, une dorsale, in fine, les localités sont connectées. Dans le maillage, nous avons aussi assuré qu’on ait des bretelles qui puissent desservir différentes localités comme les bretelles Bohicon-Abomey, Tanguiéta-Porga, Dassa-Savalou, Kandi-Ségbana, N’Dali-Nikki, Djougou-Ouaké.

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A quand l’accès à la fibre optique à domicile au Bénin ?

Dans le cadre du projet de développement des infrastructures de téléphonie et de communication, nous avons déployé près de 250 km de fibres FTTH surtout pour permettre l’accès facile aux services dans le Grand Nokoué. Vous avez suivi le lancement des 40 points communautaires dans 40 communes de notre pays grâce à l’appui du gouvernement à un fournisseur d’internet. Cela a permis de déployer un accès Wifi dans les maisons des jeunes, notamment à toutes les couches sociales de notre pays. L’intérêt du projet était de rapprocher l’internet des populations.
A quand le démarrage effectif de la Télévision numérique terrestre au Bénin ?
La Tnt est effective au Bénin avec 29 sites où les tests sont très concluants. Bientôt, les Béninois recevront la Tnt  dans leur salon car la question des commandes des décodeurs est en train d’être réglée. Pour ne pas faire comme certains pays qui font des lancements partiels, le Bénin a pris une approche globale.

Combien de chaînes sont actuellement disponibles sur la Tnt ?

Nous avons aujourd’hui 15 chaînes disponibles à savoir 11 chaînes nationales en plus de 4 chaînes internationales.

Qui s’occupe de la diffusion des chaînes ?

Les dispositions d’ordre stratégique pour la diffusion par Bénin Diffusion sont en train de prendre fin. En attendant sa création, le comité de pilotage de la Tnt qui a suivi le déploiement de l’ensemble de l’infrastructure, est en train de tenir les activités de façon à ce que Bénin Diffusion prenne le relais dans les meilleurs délais.

Quelles sont les mesures de sensibilisation et d’information de la population au passage à la Tnt ?

C’est un aspect que le gouvernement n’a pas occulté puisqu’un tel passage doit se faire avec des actions de sensibilisation et d’informations pour toutes les couches sociales. A cet effet, une agence de communication est recrutée pour faire le nécessaire.

Quel est le statut des startup au Bénin et à quand un véritable écosystème au profit des start up béninoises ?

Aujourd’hui, nous avons un véritable écosystème pour les start up au Bénin. Nous avons mis en place un cadre juridique à travers le Code du numérique appuyé par une volonté politique forte. Ce sont ces deux composantes qui permettent à un écosystème d’éclore. La volonté politique est caractérisée par la mise en place d’un comité chargé de booster l’entrepreneuriat dans le domaine des startups.

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Que faites-vous pour répertorier les start-up numériques du Bénin dans le but de les accompagner ?

Après les dernières éditions sur la valorisation des start up, nous avons mis en œuvre un certain nombre d’actions dont le fait de répertorier l’ensemble des start up existants. Cela nous a permis d’avoir une base de données sur les start up et de procéder à leur classification par domaine d’activités. Par exemple dans les secteurs comme la santé, la fintech, l’éductech… Aujourd’hui on a plus d’une centaine de start up dans notre base de données qui sont classées selon leur niveau de maturité.

Quelles politiques ou stratégies mettez-vous en place pour développer et dynamiser le e-commerce au Benin ?

La première stratégie est le Programme d’action du gouvernement. Nous avons un projet phare dédié spécialement au développement du e-commerce avec un ensemble d’actions associées. Deuxièmement, nous avons en cours de mettre en œuvre, une stratégie pour le e-commerce dans notre pays. Plusieurs ateliers ont déjà réuni les acteurs pour une harmonisation des démarches pour sa concrétisation. Troisièmement, sous l’égide du président Patrice Talon nous avons associé les meilleurs acteurs internationalement reconnus pour leur pratique dans le domaine du e-commerce.

Quel bilan peut-on faire de la digitalisation au Bénin et quelles en sont les perspectives à court et moyen termes ?

Le Bénin a beaucoup avancé sur les questions de digitalisation. Les années passées ont été mises à profit pour sélectionner un certain nombre de partenaires dans une procédure de transparence. Il faut noter qu’aujourd’hui nous sommes à une étape de mise en œuvre de quelques projets structurants.
Mais quand on parle de digitalisation, la première condition est la question de sécurité. Aujourd’hui, le Bénin a une plateforme à clé publique qui va lui permettre de sécuriser nos plateformes. Par exemple, la digitalisation permet d’identifier formellement la personne qui demande un service dans l’administration publique. Elle évite les variations dans les renseignements fournis par le requérant. Aujourd’hui, ce projet est bien avancé. Nous allons bientôt avoir notre Data center que nous allons intégrer au projet de digitalisation.
Deuxième chose pour notre digitalisation au Bénin, c’est le bus de données d’inter opérationnalité que nous mettons en place avec nos partenaires estoniens qui sont très avancés dans la digitalisation. A terme, ce bus de données nous permettra d’avoir des bases d’informations utiles pour chaque Béninois, toute chose qui améliorera la qualité des données.
Il y a aussi le portail des services publics qui va de pair avec le bus de données d’inter opérationnalité.
Quand on parle de digitalisation, on pense tout de suite à la dématérialisation. La dématérialisation de notre administration se poursuit à grands pas. Vous avez surement entendu les innovations dans les domaines des impôts où les déclarations se font en ligne, le téléchargement des fiches de paie à distance… Aujourd’hui nous devons passer à l’étape d’industrialisation de la digitalisation pour permettre à tout citoyen quelle que soit sa situation géographique de pouvoir demander des services administratifs sans se déplacer. Le e-visa est un exemple concret de la dématérialisation et de la digitalisation qui continue d’émerveiller plus d’un.

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Qu’en est-il de la dématérialisation de l’administration à ce jour ?

Nous avons fait un compte rendu d’étapes au Conseil des ministres sur la mise en place de notre portail national sur le service public. Le conseil a approuvé la dématérialisation des 7 premiers E-services à savoir le registre de commerce, le certificat de conformité environnemental, le permis de construire, le certificat de nationalité, l’attestation d’affiliation au Fnrb, l’attestation de jouissance des pensions, l’attestation de prise en charge des retraités. Après ces premiers, nous aurons une vague de 45 autres E-services. Il faut ajouter que ce nombre va croître au fur et à mesure avec le temps pour prendre en compte tous les services.

Quelles sont les mesures déjà prises par le gouvernement pour amorcer la digitalisation dans les écoles ?

La question de l’introduction du numérique dans nos établissements scolaires est très cruciale pour le régime actuel. Il y a l’introduction du numérique dans l’apprentissage et l’enseignement. D’ailleurs les trois ministères en charge de l’Education sont bien conscients des enjeux et œuvrent pour la concrétisation de ce volet du PAG. Le 5 novembre dernier, nous avons fait le lancement de 24 salles multimédias dans 24 établissements scolaires publics à raison de deux établissements (1 dans le primaire et 1 au secondaire) par département. Ces salles sont équipées d’ordinateurs, de matériels pédagogiques numériques et les enseignants sont formés à utiliser ces outils. Signalons que l’enseignement supérieur en bénéficie également pour le bonheur des étudiants. On peut noter l’interconnexion de nos universités publiques. Bientôt, les universités seront connectées aux universités de la sous-région et du monde.

Source : AskGouv