Association de malfaiteurs et tentative d’assassinat: Après 5 ans en prison, il est condamné à 5 jours

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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L’accusé Mohamed Aïdjo est, après avoir passé 5 ans en détention, condamné à l’issue de son procès par le tribunal à 5 jours de prison. Accusé d’association de malfaiteurs et tentative d’assassinat, justice est enfin faite, vendredi 20 décembre dernier, pour Mohamed Aïdjo, lors d’une audience de la session criminelle du tribunal d’Abomey.

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Le dossier inscrit au rôle de la session criminelle du tribunal d’Abomey ce vendredi 20 décembre concerne l’accusé Mohamed Aïdjo. Il est poursuivi pour «association de malfaiteurs et tentative d’assassinat ».
Interrogé à la barre sur les infractions à lui reprochées, l’accusé ne reconnaît pas les faits mis à sa charge. La ritournelle des questions n’a pas permis de savoir ce qui s’est réellement passé dans la nuit du 15 février 2015 dans l’un des campements peuls à Glazoué. L’accusé qui n’était pas en état de démence au moment des faits et avait un bon sens moral, est toutefois aujourd’hui psychologiquement perturbé. Séquelles des cinq années passées en prison ? Une chose est certaine aujourd’hui, l’accusé n’a plus le sens de la logique dans son raisonnement.
Le ministère public représenté par le magistrat Florent R. Gnansomon fustige le banditisme sous toutes ses formes et qui constitue une plaie de notre société. Toutes choses qui mettent à mal la paix et la stabilité. Et malheureusement, ce sont des jeunes qui, au lieu de s’enrichir par le travail, préfèrent braquer de paisibles citoyens pour s’enrichir.
Pour ce qui concerne l’accusé Mohamed Aïdjo, Florent R. Gnansomon regrette l’absence d’investigations sérieuses pouvant situer sur implication ou non dans les faits incriminés. Il regrette que le travail fait par des officiers de police judiciaire et même des juges du parquet ne soit pas allé à son terme. Ainsi, à défaut de preuves pour les chefs d’accusation, le ministère public demande au tribunal d’acquitter l’accusé Mohamed Aïdjo au bénéfice du doute. Mais avant, il sollicite surtout une requalification des faits.
Abondant dans le même sens, la défense représentée par Me Raoul Placide Houngbédji dénonce dans sa plaidoirie le manque criant de preuves dans ce dossier et ne voit nullement l’implication de son client Mohamed Aïdjo qui a été juste cité par Soulé qui est lui-même absent à cette audience. Me Houngbédji rejette donc les chefs d’accusation. Il demande alors l’acquittement pur et simple de son client pour les deux infractions que sont l’association de malfaiteurs et tentative d’assassinat. Puis, il demande aussi son acquittement au bénéfice du doute pour détention illégale d’arme à feu.
Avant de se retirer pour délibérer, le tribunal demande à l’accusé de dire un dernier mot. Et Mohamed Aïdjo répond : « La prison n’a pas été un mauvais passage pour moi. Car, je souffrais d’une maladie pour laquelle j’ai beaucoup voyagé. Je suis passé partout sans solution. Mais, curieusement c’est en prison que j’ai rencontré celui qui devait m’apporter la guérison. Je peux donc dire que la prison m’a fait aussi du bien ».
Au terme de l’audience, le tribunal a disqualifié les faits d’association de malfaiteurs et tentative d’assassinat et les a requalifiés en tentative de vol à main armée et le condamne à 5 jours de prison et 1200F d’amende pour l’infraction de détention illégale d’arme et l’acquitte au bénéfice du doute pour les autres chefs d’accusation.

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Les faits

Dans la nuit du 15 au 16 février 2015, aux environs de 3 h, trois malfrats armés de pistolets, de machettes et de gourdins se sont rendus au campement du septuagénaire El hadj Boni Gado où dormait paisiblement ce dernier. Ils ont d’abord défoncé la porte d’entrée avant de commencer par tirer dans toutes les directions. Ils ont ensuite intimé l’ordre à l’occupant de remettre les clefs de sa motocyclette et les numéraires qui se trouvaient dans la chambre. Ils lui ont porté plusieurs coups de gourdin pour l’obliger à vite s’exécuter.
Alerté par les cris de détresse de son père, Ibrahim Boni qui venait à son secours a été accueilli par un coup de machette d’un malfrat qu’il a réussi à parer de sa main, ce qui lui occasionna de graves blessures. Mais ensemble avec les voisins sortis spontanément, ils ont pu arrêter un assaillant, Aboubacar Soulé. Quant aux deux autres, ils ont réussi à fuir.
Confié à la brigade de Glazoué, Aboubacar Soulé est conduit dans la brousse le lendemain par les gendarmes. Quelques instants après, la sécurité civile de la localité a réussi à appréhender un des deux assaillants en fuite, le nommé Mohamed Aïdjo et l’a remis encore à la brigade de Glazoué n

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Composition du tribunal

Président : Alphonse Gbossou
Assesseurs : Jocelyn Gbaguidi, Herbert Solevo, Thierry Anovè, Gédéon Adjiboyé
Ministère public : Raynier Gnansomon
Greffier : Innocent Arayé