Assassinat à Avrankou: Qui a tué Hounguèvou Houngbénou en 1994 ?

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, statuant en matière criminelle, a acquitté au bénéfice du doute, mardi 17 décembre dernier, David Sonagnon Tito accusé de crime d’assassinat sur Hounguèvou Houngbénou à Avrankou en novembre 1994. Ce qui laisse penser que l’auteur de la mort de Hounguèvou Houngbénou reste toujours inconnu.

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Qui a tué Hounguèvou Houngbénou ? De quoi est-il mort ? Le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, statuant en matière criminelle, mardi 17 décembre dernier, n’a pas pu forger sa conviction sur l’auteur du décès de ce chef féticheur retrouvé mort courant novembre 1994. Le seul accusé à la barre, le sieur David Sonagnon Tito a été acquitté au bénéfice du doute pour défaut de preuves suffisantes. Le père de l’accusé, Dénakpo Tito, également interpellé et poursuivi au moment des faits, a vu l’action publique éteinte à son égard pour cause de décès.
A la barre, David Sonagnon Tito a clamé son innocence tout au long des débats comme à toutes les autres étapes de la procédure. L’accusé a dit qu’il n’est ni de près ni de loin mêlé à l’assassinat de la victime. Toutefois, il reconnait l’existence entre cette dernière et lui de quelques petites querelles relatives à une affaire de litige foncier et au mariage de sa sœur. Il a eu de temps en temps des disputes avec le défunt. Mais il ne lui est jamais venu à l’idée d’aller l’assassiner. Tout son péché dans ce dossier est le fait que le cadavre de la victime soit découvert à côté de son domicile. Or, il a été le premier à saisir la brigade de gendarmerie à cet effet pour les premiers constats. Mieux, il a participé aux funérailles du défunt avec qui il partage par ailleurs des liens de parenté.
David Sonagnon Tito bat en brèche les témoignages de certains de ses proches dont l’une de ses femmes qui l’accusent d’avoir tué de concert avec son feu père la victime. Il met tout cela sous le coup de la calomnie. Il en est de même des témoignages concernant la découverte sur les lieux du crime des sandales et du chapeau appartenant à son père. L’accusé est resté constant par rapport à ses déclarations tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur.
Au regard des pièces du dossier et des débats à la barre, le ministère public représenté par Edwige Fifamè Aklou Tangni constate le défaut de preuves suffisances pouvant attester que ce sont les deux inculpés qui ont mis fin à la vie de la victime. Elle qui poursuit à charge et décharge, dit être parvenue à cette conclusion après mille et un questionnements. Lesquels questionnements sont restés sans réponse dans son esprit. Selon elle, les témoignages, même s’ils proviennent des proches de l’accusé, n’établissent pas des charges suffisantes contre lui. Edwige Fifamè Aklou Tangni en veut par exemple pour preuve la déposition à l’enquête préliminaire du principal dénonciateur faisant état de la découverte sur les lieux du crime des chaussures et du chapeau de l’accusé. La brigade de gendarmerie qui a mené les enquêtes ne reconnait pas avoir saisi de tels objets dans la procédure. Le ministère public en veut également pour preuve les témoignages indiquant que la victime avait une grosse blessure profonde tantôt à la tête selon certains et tantôt à la fesse pour d’autres témoins.

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L’auteur toujours en liberté ?

De même, Edwige Fifamè Aklou Tangni s’est interrogée sur l’intérêt pour l’accusé présent à la barre de déposer le cadavre de quelqu’un qu’il a tué à côté de sa maison. Elle se demande si c’est l’accusé lui-même qui y a déposé le corps ou d’autres personnes. En conclusion, le ministère public se pose la question de savoir, à l’aune des dispositions des articles 295, 296 et suivants et 302 du Code pénal, si David Sonagnon Tito a vraiment commis le crime d’assassinat mis à sa charge. Lequel crime se définit par le fait de donner la mort volontairement à un individu avec préméditation. Il y a un doute épais dans le dossier et qui doit profiter à l’accusé, note-t-elle avant de retenir qu’il n’y a pas d’éléments suffisants pour établir que l’accusé est l’auteur de la mort de la victime. Elle requiert au tribunal de l’acquitter au bénéfice du doute. Le ministère public requiert aussi l’extinction de l’action publique à l’égard de Dénakpo Tito pour cause de décès.
Me Magloire Yansunu, commis d’office aux intérêts des accusés, fait siennes les réquisitions du représentant de la société. Mais il se démarque du ministère public au niveau de sa conclusion. Me Magloire Yansunu demande plutôt au tribunal d’acquitter purement et simplement son client pour crime non constitué. Il martèle que c’est un scénario monté pour pouvoir accuser ses clients. « Aucune évidence et les preuves sont inexistantes au dossier. Mon client a droit à l’innocence. Il faut l’innocenter », plaide la défense. Le doute n’efface pas totalement le crime qui persiste, fait observer Me Yansunu.
Délibérant, le tribunal acquitte au bénéfice du doute l’accusé. Bénéficiant d’une liberté provisoire depuis le 22 décembre 1997, après incarcération le 30 novembre 1994, David Sonagnon Tito est désormais totalement libre. Agé de 59 ans, il va mieux se consacrer à ses travaux champêtres. Le tribunal a déclaré éteinte l’action publique contre l’accusé décédé Dénakpo Tito.

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Les faits

Courant novembre 1994, le corps de Hounguèvou Houngbénou a été découvert non loin du domicile de Tito Dénakpo, un des membres de sa famille. L’enquête ouverte a permis d’interpeller aussi bien Dénakpo Tito que son fils David Sonagnon Tito qui ont été indiqués comme les auteurs de la mort de Hounguèvou Houngbénou en raison d’un litige foncier les opposant au défunt n

Composition du tribunal

Président : Akim Abdoulaye
Assesseurs : Hervé Gnansounou, Lambert Dady, Parfait Adoun et Mathieu Kakpo.
Ministère public : Edwige Fifamè Aklou Tangni
Greffier : Me Ahamadou Amadou