Assainissement des plans d’eau au sud du Bénin: La vie reprend sur le lac Ahémé et ses chenaux

Par Alexis Meton,

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Il a fallu deux mois et demi pour assainir le lac Ahémé et ses chenaux. L’acte courageux, tant salué, a été possible grâce à la détermination des autorités qui ont mis les moyens pour redonner à ce plan d’eau du sud Bénin toute son importance et sa valeur socioéconomique. Aujourd’hui, la vie y reprend à la satisfaction des populations riveraines, selon le directeur de l’Organisation non gouvernementale Action plus, impliquée dans le processus d’assainissement.

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L’opération d’assainissement du lac Ahémé et de ses chenaux a permis de démystifier les titres de propriété que s’attribuent certains acteurs sur les plans d’eau au sud du Bénin. Au terme de deux mois et demi d’opération de sauvetage des plans d’eau, des engins prohibés qui occasionnent le comblement des lacs, c’est avec aisance que Maixent Ogou, directeur de l’Organisation non gouvernementale Action plus rapporte que la vie sur le plan d’eau reprend de plus belle à la satisfaction de tous les usagers. Il en déduit que c’est l’objectif visé par le chef de l’Etat lorsqu’il a décidé d’engager des actions pour détruire les engins prohibés utilisés sur le lac Ahémé et ses chenaux. L’autre facteur de satisfaction, selon ses explications, est lié au retour des espèces halieutiques dans les plans d’eau. « Nous avons constaté lors de cette opération qu’on peut commencer par pêcher des crabes de mer jusqu’à hauteur de Possotomè, ce qui n’était pas faisable par le passé», informe-t-il. «Aujourd’hui, tout le monde peut aller sur le plan d’eau pour pêcher. On a noté plus d’animation depuis l’assainissement du lac. Beaucoup de pêcheurs arrivent contrairement à un passé récent où c’est seulement un groupuscule de pêcheurs qui espèrent que le plan d’eau pouvait leur apporter quelque chose qui y vont », renseigne l’acteur de la société civile.

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Levée des obstacles

« Le plan d’eau de Togbin dans la commune d’Abomey-Calavi jusqu’à Bopa dans le département du Mono est désormais bien propre, débarrassé de ses déchets et la navigation y est maintenant aisée. On peut aller dans tous les sens sur le plan d’eau, il n’y a plus de barrière. C’est ce qui nous réconforte à l’issue de ce parcours », s’est réjoui Maixent Ogou. Désormais, poursuit-il, on peut voyager sans obstacle, avec précision du temps de voyage si l’on part de Guézin ou de Tokpa Domè pour les différentes localités riveraines du lac, ce qui était impossible de par le passé », fait savoir Maixent Ogou. Il note une satisfaction chez beaucoup de riverains du plan d’eau qui ne pouvaient pas en jouir, parce que certains s’en étaient donné des titres de propriété empêchant d’autres de s’en approcher, avant de saluer un acte historique, une opération d’envergure jamais réalisée au Bénin, si ce n’est à l’avènement de la rupture.
La convergence des idées, l’engagement des acteurs de la Société civile qui font la veille sur le delta du Mono et la détermination de l’Etat auront visiblement permis de venir à bout de l’étouffement du plan d’eau qui ne permettait plus aux populations de vivre de ses ressources. Mais l’assainissement du lac Ahémé ne s’est pas fait sans réticence des acteurs. Certains ont réussi à remettre leurs engins dans le lac pendant le déroulement de l’opération, malgré le dispositif de coercition pour les dissuader. Ainsi, une vingtaine de personnes ayant choisi d’affronter les forces publiques se sont retrouvées sous les verrous.

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Renforcer la veille

« Nous pensons que l’autorité doit prendre ses responsabilités à l’étape actuelle pour mettre un dispositif de coercition mais également de suivi en place pour que les populations cessent d’utiliser ces engins prohibés et commencent à adopter les bonnes pratiques», suggère Maixent Ogou. Ces dernières consistent en l’utilisation des filets adaptés, des engins autorisés… Il invite à la conjugaison des efforts pour maîtriser l’élan des populations qui ne veulent pas respecter les règles prescrites pour une meilleure gestion des plans d’eau. Il convient par ailleurs d’encourager les bonnes pratiques. Sans dispositif de veille pour contrer les velléités des récidivistes, les mauvaises pratiques vont toujours perdurer.
Les acteurs de la Société civile s’engagent aussi à intensifier la sensibilisation afin que les plans d’eau restent dans un état de propreté et que les populations tirent un meilleur profit des ressources. Désormais, il n’y a plus d’acadja qui polluent les lacs au sud du Bénin en attendant les autres phases d’aménagement de ces plans d’eau.