Après la séparation et le deuil de son manager : « Ateléni », nouvelle et grosse signature du groupe « Les Teriba »

Par Josué F. MEHOUENOU,

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« Ateléni ». Le groupe « Les Teriba » tient son troisième album. Huit ans de travail, de recherches et d’innovations avec au bout du rouleau, douze titres et surtout une musique appelée à traverser les générations.

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Les commentaires et impressions sur le dernier album du groupe « Les Teriba » sont laudateurs. Artistes, musiciens, mélomanes et fans saluent un album aux belles sonorités et prédestinent le nouveau-né « Ateléni » à un succès au Bénin, en Afrique et partout dans le monde. « Ateléni», le titre éponyme signifie en langue Yoruba très présente sur l’album, gratitude à Dieu, soutien et fidèle compagnon. Onze autres titres meublent l’album aux thématiques variées. Femmes et enfants y ont aussi une place de choix. « Ce sont les êtres les plus vulnérables et fragiles de la société », commente Tatiana, l’un des deux membres du groupe. « Ateléni », c’est du Teriba mais en mieux. Réduit à deux membres depuis quatre ans, le groupe a travaillé pour en arriver à ce cocktail savouré par artistes, mélomanes et amoureux de belles sonorités, vendredi 17 septembre dernier au Lieu unique à Cotonou. Huit années de travail et de recherches et en quête de perfection, un tour de trois studios au Bénin et en Europe. C’est pour signer une sorte de maturité, mais aussi offrir un produit qui contente un large public que cette option a été faite, souligne Tatiana.
L’album laisse entrevoir un engagement du duo pour certaines causes, notamment celle de l’enfant. Plusieurs titres lui sont consacrés. « Ago hélou », pour dénoncer certaines violences à leur endroit, « Agogo » pour exhorter les parents à dire non à l’exploitation des filles, « Adjivi » pour magnifier la tendre enfance et témoigner son amour, « Plus jamais ça », un autre titre de l’album pour dénoncer la maltraitance des enfants, le viol des petites filles, l’infanticide, « Olodjobi » qui célèbre la vie … Mais il y a aussi, comme il fallait s’y attendre, « Hommage », le neuvième titre de l’album qui se veut l’hymne de la reconnaissance et de l’hommage à un manager qui aura tout donné pour le succès des Teriba. Serge Ologoudou de regrettée mémoire, révélateur et guide de longues années du groupe s’est vu immortalisé à travers une douce et mélancolique chanson dont les fortes et belles paroles renvoient aux qualités de l’homme : rigueur, honneur, travail bien fait… On y découvre aussi d’autres titres comme «Djomido », « Omongué», «Idjo ya », « Kpèdé kpèdé», « Mama ».

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S’ouvrir !

« Ateléni » est un voyage à travers le Bénin sous mille facettes. D’abord les langues. On en découvre au moins trois du terroir, le yoruba (très présent), le goungbé et le fongbé. La voix, principal atout du groupe est tout autant présente. Carine et Tatiana usent de leur charme vocal accompagné sur « Ateléni» par la calebasse, la guitare, la flûte… L’album est fait essentiellement de rythmes du terroir avec quelques morceaux qui s’ouvrent sur des sonorités du Nord Bénin. La soirée de lancement, vendredi 17 septembre dernier, s’est voulue une démonstration en miniature de l’ambiance distillée par ce nouvel album avec l’accompagnement de l’arrangeur et guitariste du groupe, Gaby, Gabriel Henry.
« Cet album aura du succès en Afrique et ailleurs dans le monde. Elles ont fédéré autour d’elles des rythmes du Bénin et d’ailleurs. On note une différence. Entre les albums précédents et celui-ci, il n’y a pas photo. Les rythmes du Bénin ont été utilisés et valorisés subtilement. Tout Béninois se retrouve à travers cet album, de même que tous ceux qui aiment la musique du Bénin », commente Athanase Dèhoumon du groupe Gangbé Brass Band au terme de la soirée. L’aînée Assi Kiwa n’en dit pas moins. Elle se console de la longue et flagrante absence du groupe dans la discographie avec cet album de bonne facture.
« On les attendait et les retrouve dans une musique qui traverse toutes les générations. Elles ont touché à tout ce qu’il fallait pour faire une bonne sauce », apprécie-t-elle. Pour Sergent Markus, le groupe est réduit à deux mais n’a pas perdu de sa quintessence, de son génie et de son originalité. Bien au contraire, les Teriba sont revenues au devant de la scène plus aguerries dans le jeu de la percussion et dans le chant, se félicite-t-il « J’ai reconnu du Teriba mais en mieux, qui donne de la valeur à nos langues, nous ressemble et ressemble à nos cultures et à nos terres ». Autre originalité de l’album, son aspect marketing. « Ateléni » est disponible en format Cd vip, Cd plus léger et une version clé Usb non copiable. L’album est édité en France par « Salt and ginger» et est une autoproduction de la Sarl Les Teriba.