Apaisement de la fronde sociale: Gouvernement et syndicats renouent le dialogue social

Par Josué F. MEHOUENOU,

  Rubriques: Actualités |   Commentaires: Aucun


La première session ordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collective entre le Gouvernement et les centrales et confédérations syndicales s’est ouverte ce jeudi 13 avril à Cotonou. Elle est prévue pour durer cinq jours mais dès l’entame, les deux parties ont convenu de rééquilibrer les priorités à aborder à l’occasion.

LIRE AUSSI:  Projet de budget général de l’Etat gestion 2019: Romuald Wadagni présente les grands axes aux députés

Les responsables des centrales et confédérations syndicales ont tous effectué le déplacement, ce jeudi 13 avril à l’Infosec de Cotonou pour la première session ordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociation collective avec le Gouvernement. Face à eux, neuf ministres pour échanger sur les questions urgentes qui fâchent les travailleurs et qui justifient les mouvements de débrayage que connaît une partie de l’administration béninoise.
En l’espace d’un mois, c’est la troisième rencontre avec les représentants des travailleurs, annonce le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané pour planter le décor. Il y voit la volonté du Gouvernement d’instaurer « un dialogue constructif capable d’aboutir à la négociation et rapidement à des résultats ». L’exercice, note-t-il, résulte d’un devoir pour le Gouvernement qui, poursuit-il, entend bien les hésitations, les peurs et les appréhensions des travailleurs. « Elles sont légitimes, normales et compréhensibles à tout le moins face à la nouveauté et à l’inconnu », assure le ministre d’Etat. Mais la vision du Gouvernement, de rendre son message audible et accessible dans une logique plus inclusive et plus participative est claire, explique-t-il.
Le secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb), Nagnini Kassa Mampo, pense plutôt que le Gouvernement « fait preuve de ruse, a attendu de voter des lois scélérates et discriminatoires pour les travailleurs » avant de les convier à discuter. Intransigeant, il fait observer que l’option du Gouvernement n’est pas la meilleure et exige l’annulation des lois querellées, si elles avaient été déjà promulguées avant la poursuite des échanges.
Ce qui préoccupe Anselme Amoussou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), c’est l’adoption d’un agenda de travail qui permette, au cours de la durée de la session, d’élucider les points de divergence et de donner satisfaction aux préoccupations urgentes de l’heure. Lesquelles sont nombreuses et tiennent à cœur aux syndiqués, embraie Noël Chadaré de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin). D’autres interventions iront également dans le même sens. Tirs croisés donc contre la proposition d’ordre du jour apprêté par le Gouvernement pour cette session voulue par les responsables syndicaux en raison des mouvements de débrayage qui tendent à se multiplier depuis peu.

LIRE AUSSI:  Vérification des diplômes et de la gestion des finances publiques: L’assainissement, cheval de bataille du gouvernement

Session ajournée

Après cette passe d’armes, les échanges, comme il est de coutume, se sont poursuivis à huis-clos. « Il y a une proposition d’ordre du jour que nous avons amendé et adopté. Nous avons convenu de donner la priorité aux problèmes urgents, à savoir la question des enseignants, les grèves au ministère de l’Agriculture et dans le secteur de la santé… », explique Noël Chadaré au terme de la séance, après une heure de discussions. Le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané, confirme que les doléances des syndicalistes sur les questions jugées urgentes ont été prises en compte et ont été à la base du bouleversement du plan initialement retenu. Les discussions ont également porté sur le Code du travail. « L’un des objectifs du Programme d’action du Gouvernement, c’est de créer au moins 500 000 emplois au cours du quinquennat. Nous avons besoin de moderniser notre marché du travail et nous allons en discuter avec les représentants des travailleurs », précise le ministre d’Etat.
Pour Noël Chadaré, il y a également du côté du Gouvernement, des « engagements non tenus ». Les ministres ont donc souhaité un repli pour « apporter des réponses aux problèmes que nous soulevons », poursuit-il. « Dans un bref délai, nous devons nous retrouver pour examiner ces questions qui sont très préoccupantes. La fronde sociale couve aussi dans le secteur de la santé et nous attendons d’être convoqués pour en discuter », conclut-il.