Afrique subsaharienne: Une croissance de 3,6 % attendue en 2020

Par Claude Urbain PLAGBETO,

  Rubriques: Economie |   Commentaires: Aucun| 465 lecteurs


Le Fonds monétaire international prévoit une légère hausse du taux de croissance en Afrique subsaharienne en 2020. Les Perspectives économiques régionales d’octobre 2019 présentées, vendredi 15 novembre dernier à Cotonou, proposent des actions pour réduire les risques de ralentissement.

LIRE AUSSI:  Troisième édition du salon de la qualité alimentaire: L’Agro Business Center pour la promotion du riz produit au Bénin

La croissance en Afrique subsaharienne devrait se maintenir à 3,2 % en 2019 et s’accélérer à 3,6 % en 2020, selon les Perspectives économiques régionales d’octobre 2019 du Fonds monétaire international (Fmi) dont le titre est « Faire face à l’incertitude ». Le document présenté, vendredi 15 novembre dernier à Cotonou, par le représentant résident du Fmi au Bénin, Karim Barhoumi, annonce une croissance à double vitesse dans la région.
Elle devrait être lente dans deux tiers des pays de la région. En fait, 21 pays riches en ressources naturelles (pour quelque 700 millions d’habitants) devraient enregistrer une croissance par habitant plus faible que la moyenne mondiale, qui se situerait autour de 2,5 %. Cela serait lié à une conjoncture extérieure plus difficile, à des perturbations persistantes de la production dans les pays exportateurs de pétrole et une croissance inférieure aux attentes en Afrique du Sud, à en croire les experts.
En revanche, la croissance devrait rester vigoureuse dans les pays pauvres en ressources naturelles comme le Bénin, pour avoisiner en moyenne 6 %. Au total, 24 pays comptant environ 500 millions d’habitants, sont concernés.
En effet, des risques de dégradation se profilent à l’horizon. Entre autres, il y a les chocs climatiques, les problèmes de sécurité, la propagation de l’épidémie de maladie à virus Ébola en dehors de la République démocratique du Congo. La menace d’une montée du protectionnisme, la forte hausse des primes de risque ou une inversion des entrées de capitaux due au resserrement des conditions financières mondiales, le ralentissement plus rapide que prévu en Chine et dans la zone Euro, sont également pointés du doigt. Il est aussi craint des dérapages budgétaires dans certains pays, notamment à la veille d’élections, les pressions sur les déficits et les dettes. Néanmoins, des réformes dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) induiraient une hausse des perspectives de croissance, selon le Fmi.
Globalement, l’inflation devrait fléchir. Mais beaucoup de pays de la région restent vulnérables à cause de la dette publique, la faiblesse des amortisseurs extérieurs et autres.

LIRE AUSSI:  Marché financier de l’UEMOA: 1 044 milliards de francs CFA à mobiliser au 4e trimestre 2016

Stratégie à trois volets

Pour réduire les risques et soutenir la croissance dans l’ensemble des pays de la région, les experts du Fonds proposent une stratégie à trois volets. Primo, il est question de « calibrer rigoureusement le dosage de la politique économique à moyen terme », en s’appuyant sur les politiques macroéconomiques (budgétaire et monétaire) soutenant la viabilité de la dette et le financement disponible.
Secundo, il s’agira de « renforcer la résilience », notamment face à des problèmes climatiques, sanitaires ou sécuritaires. Pour ce faire, le Fmi préconise d’accroître les recettes intérieures en diversifiant les économies, de rationaliser les subventions inefficientes et les prêts improductifs et d’améliorer la gestion des finances publiques.
Tertio, il s’agira d’« accélérer la croissance à moyen terme », en s’attaquant aux obstacles tarifaires et non tarifaires dans le contexte de la Zlecaf et en développant les chaînes de valeur régionales. La mise en œuvre des réformes pour stimuler l’investissement et la compétitivité devrait également pouvoir booster le taux de croissance régionale.
Par ailleurs, un accent devrait être mis sur l’intensification de la concurrence sur les marchés de produits en Afrique subsaharienne pour stimuler la compétitivité des exportations, la croissance de la productivité et l’investissement, rapporte M. Barhoumi. De même, différentes approches sont examinées par les experts du Fmi pour régulariser et éviter l’accumulation des arriérés intérieurs (avoisinant 3,8 % du Pib) qui nuisent à l’activité du secteur privé et à la fourniture des services sociaux, tout en accroissant la vulnérabilité du secteur bancaire et en sapant la confiance des citoyens dans l’État.