Afghanistan: Avenir discuté à Genève

Par Collaboration extérieure,

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Les Nations Unies, la Finlande et le gouvernement afghan organisent la conférence quadriennale de donateurs à partir de Genève pour financer l’assistance à l’Afghanistan jusqu’en 2024. Pour la première fois, l’aide sera formellement conditionnée à des engagements non négociables.

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Organisée tous les quatre ans, la réunion ministérielle, cette année, de format hybride,sera ouverte par le Président afghan, Ashraf Ghani et le Secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres. Elle connaîtra la participation de 70 pays. Le représentant de l’Onu en Afghanistan, Ramiz Alakbarov, a déclaré que ce sera une étape «extrêmement importante ».

Retrait partiel des militaires américains

Le nouveau ministre américain de la Défense par intérim, Christopher Miller, a annoncé que les Etats-Unis vont réduire le nombre de leurs soldats en Afghanistan à la mi-janvier 2021.Près de 2 500 soldats resteront dans le pays. Le retrait interviendra au moins 5 jours avant que Donald Trump ne cède le pouvoir à Joe Biden. Ce changement suscite la crainte d’une résurgence des groupes extrémistes.

Augmentation de violences

Ces derniers mois, les violences ont augmenté en Afghanistan. Lieux religieux, hôpitaux et quartiers populaires, rien n’est épargné. Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, tariq Arian, au cours des six derniers mois, les talibans ont mené 53 attentats-suicides et déclenché 1250 explosions, qui ont fait 1210 morts et 2500 blessés parmi les civils.

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Pourparlers de Paix à Doha

Depuis la mi-septembre, des discussions de Paix ont été entamées au Qatar, entre Talibans et gouvernement afghan. Mais aucune avancée n’est notée. Selon l’Envoyé Spécial finlandais, Janne Taalas, l’annonce de mouvement de troupes américaines aura des effets directs sur les pourparlers qataris. Un durcissement de l’attitude des insurgés après le retrait est redouté.

Besoins financiers

Les officiels n’ont pas souhaité articuler le montant espéré pour financer les besoins du pays auquel s’ajoute, désormais, la gestion de la crise de la
Covid-19. Selon le représentant du ministère afghan des Finances, Naser Sidiqee, il y a quatre ans, près de 15 milliards de francs avaient été promis et environ 85 % de ce montant ont été versés.

Meilleure chance pour la Paix

L’émissaire finlandais a annoncé que l’aide sera formellement conditionnée à des engagements sur les droits humains, l’augmentation de la participation des femmes ou la lutte contre la corruption. «C’est non négociable» et le gouvernement a déjà promis de s’y conformer, a déclaré Janne Taalas lors d’une rencontre avec l’Acanu (Association des Correspondants Accrédités auprès des Nations Unies). Cette conférence est «la meilleure chance pour la Paix », a-t-il ajouté.
Seront présents à Genève les ministres afghans des Affaires étrangères, Mohammad Haneef Atmar, et des Finances, Abdul Hadi Arghandiwal, de même que le chef de la diplomatie finlandaise, Pekka Haavisto, et son collègue du Développement, Ville Skinnari, ainsi que le chef de la diplomatie suisse, Ignazio Cassis.

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Par Catherine Fiankan-Bokonga
Correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse)