Affaire Kgb: Le ministère public requiert 4 ans de prison et 6,1 milliards FCfa d’intérêts-civils

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Le dossier de l’homme d’affaires Bernard Godonou Kikissagbé alias Kgb poursuivi pour escroquerie et blanchiment de capitaux est en délibéré devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).

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Le verdict est prévu pour tout à l’heure. Ainsi en a décidé ce lundi, la Cour présidée par Cyriaque Dossa, président de la Criet. Mais avant la mise en délibéré du dossier, la Cour a eu droit aux réquisitions du ministère public, aux plaidoiries des avocats de la défense et de la Partie civile et aux derniers mots des prévenus qui ont parlé en dernier ressort. Dans ses réquisitions, le procureur spécial près la Criet, Gilbert Ulrich Togbonon, requiert Kgb dans les liens de l’infraction d’escroquerie et a estimé non constitués les faits de blanchiment de capitaux. Il requiert quatre ans d’emprisonnement ferme contre Bernard Godonou Kikissagbé et 36 mois soit trois ans contre ses complices au nombre de neuf. Gilbert Ulric Togbonon a en revanche demandé la relaxe pure et simple des fins de poursuite au profit de deux complices et la relaxe au bénéfice du doute en faveur d’un autre.

Aussi, le ministère public requiert-il la cour de faire droit aux demandes des victimes à travers leurs avocats. Lesquelles victimes sont en l’occurrence l’Etat béninois représenté par l’Agent judiciaire du Trésor (Ajt) qui réclame 500 millions FCfa au titre des redevances fiscales non payées par les différentes sociétés créées par Kgb dont certaines datent de plus de 20 ans. Les autres  victimes qui se sont aussi constituées Partie civile sont le Franco-libanais, Stéphane Safieddine qui réclame la somme d’environ 5,5 milliards FCfa à Kgb dans une affaire de vente d’or dans laquelle il dit avoir été escroqué par le prévenu et le Français Michel Luccio qui demande 100 millions Cffa pour toutes causes de préjudices subis.

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Ce dernier dit avoir été victime en 2016 des manœuvres d’escroquerie de Kgb dans une affaire de transport de plusieurs cantines d’argent du Bénin en direction de Dubaï  mais qui n’a jamais eu lieu jusqu’à son arrestation au Togo en juillet 2018. Les deux hommes d’affaires européens étaient tous au procès du lundi 27 janvier où ils ont martelé leurs prétentions. Mais ils se sont faits représenté ce lundi à la barre par leurs avocats à savoir Mes Nicolin Assogba et Fidel Abouta  constitués respectivement au nom de Stéphane Safieddine et de Michel Luccio. Les intérêts de l’Etat béninois ont été défendus par Me Olga Anassidé.

Mais les avocats de la défense dont Mes Modeste Béhanzin, Raymond Gbèssèmehlan, Claret Bédié, Max Ahouèkè, Généric Ahouangonou, Friggens Ajavon, Gervais Houédété, Gustave Anani Cassa, Hugo Koukpolou tour à tour défilé à la barre. Ils ont tenté de démonter les réquisitions du ministère public et les observations de leurs collègues de la Partie civile. Ils ont plaidé, au principal, la relaxe pure et simple de leurs clients et au subsidiaire, la relaxe au bénéfice du doute. Car, pour les avocats de la défense, le dossier Kgb est vide. Il n’y a pas d’élément matériel solide pouvant permettre de condamner les prévenus au plan pénal encore moins au plan civil. Ont-ils raison ? Le verdict de la cour qui est attendu pour tout à l’heure va nous édifier.

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Thibaud C. NAGNONHOU, A/C Ouémé-Plateau