Activités du mois de la Francophonie: Des causeries sur les récits littéraires

Par Ariel GBAGUIDI,

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Dans le cadre du mois de la Francophonie 2021 qui se tient du 13 au 31 mars prochain, trois panels ont été animés, dans la matinée de ce mercredi 17 mars, à l’Institut français du Bénin (Ifb). Ces différentes causeries ont réuni des auteurs francophones et des lycéens, autour des sous-thèmes liés au prix Kourouma, les monologue et soliloque puis, la singularité des récits de femmes dans les narrations francophones.

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Des lycéens et autres littéraires face à des auteurs venus de divers pays francophones dont Haïti et la Suisse échangeant autour des narrations francophones en littérature. Cette image plutôt rare au Bénin témoigne de la portée et de la richesse des causeries animées, hier matin, dans le cadre de l’édition 2021 du mois de la Francophonie. Au total, trois panels ont été organisés. Le premier a porté sur le sous-thème : « Ecriture et prix Kourouma » avec comme invités, les auteurs Suisse d’origine camerounaise Max Lobé (prix Kourouma 2017) et Sénégalais Mohammed Mbougar Sarr (prix Kourouma 2015, intervenu par visioconférence depuis la France). Tous les deux ont partagé avec les jeunes participants des éléments de leurs créations littéraires et leurs expériences en tant que prix Kourouma.
La deuxième causerie aborde les monologue et soliloque. Sèdjro Giovanni Houansou, auteur béninois (Grand prix théâtre Rfi 2018) et James Noël, poète et romancier haïtien, lauréat de nombreux prix, ont été les invités. Les deux romanciers évoquent les œuvres dans lesquelles l’auteur parle tout seul et à lui-même. Ainsi, ils ont partagé avec les jeunes apprenants, comment ils passent de l’acte de la pensée à l’acte d’écriture en matière de narration littéraire. Pour James Noël, il s’agit d’un processus « très complexe ». « Moi je ne pense pas en français, je ne pense pas en créole. Giovanni a dit qu’il n’aime pas les monologues. Moi non plus mais en même temps, nous sommes surpris de voir qu’un monologue nous traverse…

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Du coup, la question, c’est de savoir comment notre corps réussit à convertir des émotions, des sensations, des pulsions, et puis quelque chose émerge de tout cela qui est l’écriture qui passe au travers du créole ou du français… », explique l’auteur haïtien. Pour illustrer son propos, James Noël lit un extrait de son ouvrage intitulé « La migration des murs» qui tourne en ‘‘dérision’’ le processus du Brexit au point de faire marrer l’assistance. De son côté, Sèdjro Giovanni Houansou affirme qu’il pense dans plusieurs langues et qu’il va puiser des images et des sons dans toutes ces langues.

A l’instar de James Noël, il a illustré son propos par un morceau choisi de son ouvrage intitulé « Les Inamovibles » publié en 2019.
Le troisième et dernier panel de la matinée a réuni la Béninoise Sonia Couao-Zotti, médiatrice culturelle, auteure d’une bande dessinée (Bd) sur la reine Tassi Hangbé (après une première Bd sur le roi Béhanzin), et la poète romancière haïtienne, Emilie Prophète, auteure du livre «Les villages de Dieu ». Elles ont abordé la singularité des récits de femmes dans les narrations francophones. Ainsi, elles ont décrit, exemples à l’appui, comment elles campent les personnalités féminines lorsqu’elles écrivent un roman. A travers ce panel, les deux auteures ont appelé à plus d’égalité homme-femme, et surtout incité la gent féminine, particulièrement les jeunes filles présentes à la rencontre, à changer le regard (de sexe faible) qu’elles portent sur elles-mêmes.