Acquisition de compétences chez les déscolarisés: Nécessité d’autres parcours éducatifs

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L’objectif numéro 3 de l’Education pour tous (EPT) à l’horizon 2015 engage les pays à œuvrer pour l’expansion de la scolarité formelle. Au-delà, ces pays doivent également répondre aux besoins éducatifs des jeunes et des adultes n’ayant pas eu la chance de poursuivre leurs études dans l’éducation formelle. Pour cette cible, d’autres parcours éducatifs sont prévus.

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Une deuxième chance existe toujours pour les jeunes et les adultes n’ayant pas achevé l’éducation formelle ou même n’en ayant pas eu la chance. A chaque pays, son expérience pour permettre à cette catégorie d’acquérir des compétences.

Au Bénin, c’est la couche des adolescents déscolarisés et non scolarisés des 10 à 17 ans qui bénéficie depuis 2012 d’un programme intitulé « Programme de cours accélérés » (PCA). Il s’agit de l’école de la deuxième chance pour rattraper le train de l’éducation. Il est l’équivalent du cycle primaire pour l’obtention du Certificat d’études primaires (CEP) après un cours de 3 ans pour les 10-14 ans et de 2 ans pour les 15-17 ans. L’objectif de cette initiative est de transmettre aux bénéficiaires qui sont des adolescents exclus de l’école le savoir et les compétences pour réussir dans la vie active et sur le marché de l’emploi. «La création du PCA résout un problème éducatif et social», apprécie Isabelle Bardem, représentante résidente adjointe de l’Unicef au Bénin à l’occasion du lancement de la quatrième édition du PCA en décembre 2015 à Bopa. Soulignant les bienfaits du programme, elle indique que sa mise en œuvre a permis aux adolescents livrés à eux-mêmes et n’ayant aucune perspective d’avenir d’échapper à la catégorie des personnes vulnérables. De 2012 à 2016, le PCA est expérimenté dans 47 communes qui abritent les 96 centres. Les centres PCA sont animés par 200 enseignants qui encadrent 9000 apprenants, fait savoir Isabelle Bardem. Au Certificat d’études primaires session de juin 2015, le PCA a enregistré 195 admis sur les 249 candidats ayant effectivement composé, soit un taux de réussite de 78,31%, annonce-t-elle pour apprécier les performances du programme.

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Réintégrer les enfants non-scolarisés

Au Bangladesh, ce sont les programmes du Conseil de réhabilitation et d’assistance bangladais (Brac) qui ont été mis en œuvre en faveur de cette catégorie. Selon le rapport 2015 de suivi de l’EPT, ils ciblent les enfants non-scolarisés pour tenter de les réintégrer dans le système de l’enseignement primaire et les préparer à entrer au cycle secondaire. Ces programmes comportent des rencontres de suivi avec les enfants, les tuteurs, les enseignants et les comités d’école avec une assistance financière aux apprenants issus de milieux pauvres et ayant atteint la dernière année du cours primaire. Les programmes ont eu du succès même s’il faut reconnaître que certains apprenants, à cause de la pauvreté, ne parviennent pas à achever le cycle primaire. «Plus 97% des élèves de dernière année du primaire participant au Brac poursuivent des études dans l’enseignement secondaire formel », relèvent les rédacteurs du Rapport EPT 2015. De même, les Brac encouragent les enfants à intégrer des clubs dans lesquels diverses activités leur sont proposées. Ils peuvent apprendre à lire, à pratiquer du sport ainsi que des activités culturelles. Ils ont également la possibilité d’acquérir des compétences nécessaires dans la vie courante et celles nécessaires à la subsistance. En outre, les programmes Brac ont récemment lancé une initiative en faveur des adolescents ayant rompu avec l’école. Dénommée « Skills Training for Advancing resources », cette initiative les encadre pour développer des compétences leur permettant d’accéder au marché du travail?

La formation professionnelle et d’épanouissement personnel
L’Inde dispose de deux programmes destinés aux déscolarisés. D’une part, il s’agit du programme de l’Institut national d’enseignement ouvert (NIOS). Ce programme dispense des programmes de formation de base ouverts aux élèves de la tranche 14 ans et plus. La formation consiste en des cours leur conférant les niveaux des classes des 3e, 5e et 8e du système éducatif formel indien et des diplômes correspondants. Les bénéficiaires ont également droit à des programmes de formation de type professionnel et d’épanouissement personnel. Selon le Rapport de l’EPT 2015, ces programmes conduisent les apprenants à l’obtention des diplômes du premier cycle et du 2e cycle de l’enseignement secondaire. Mieux, le NIOS offre un large éventail de choix de matières scolaires et professionnelles. Ce qui confère une grande flexibilité aux élèves pour affronter les examens. Par ailleurs, le NIOS dispose aussi d’environ 4000 centres d’études dont la gestion est confiée à des établissements agréés et de près de 2000 établissements professionnels agréés. Soulignant les progrès réalisés, le rapport note, selon les statistiques publiées en 2011, un effectif de 2,2 millions d’élèves. «L’institut NIOS est souvent considéré comme la plus grande organisation de formation ouverte dans le monde », relèvent les experts en guise d’appréciation de l’ampleur et de la qualité des offres qu’il propose.
D’autre part, la deuxième initiative de l’Inde a pour cible spécifique les jeunes filles et les femmes restées en marge du système éducatif. Dénommée la Pratham Open School of Education (POSE), cette initiative vise à donner aux bénéficiaires la chance d’achever leur scolarité. Ce programme démarré en 2011 est expérimenté actuellement dans sept Etats. Grâce à un système d’internat, il est dispensé aux filles et aux femmes bénéficiaires d’une formation élémentaire de trois mois concentrée sur les notions de base. L’objectif, c’est de les doter de ces notions de base en guise de rattrapage afin qu’ils soient prêts pour rejoindre le programme des études secondaires. Mais avant les études secondaires, la formation aboutit à une présélection à travers un examen pour désigner les candidats aptes à aborder la deuxième phase. La POSE développe également d’autres aspects tels que l’épanouissement de la personnalité. Elle met l’accent sur le renforcement des compétences générales couvrant « l’expression orale, la confiance et l’aptitude à exposer ses idées ». Selon les experts, le but visé est « de mieux préparer les élèves à entrer dans la vie active et à avoir une bonne situation dans la société ».
Au niveau de la Thaïlande, c’est un Plan d’actions national de l’EPT qui est mis en œuvre indépendamment du Plan national pour l’éducation. Ce dispositif vise à la fois l’alphabétisation des adultes, l’éducation de base et l’éducation permanente des adultes. En termes de cible, note le Rapport de l’EPT 2015, il s’adresse aux personnes défavorisées ainsi qu’aux individus n’ayant pas la possibilité de suivre un enseignement formel. Au sein de cette catégorie, on peut mentionner les prisonniers, les enfants de rue et même les ressortissants thaïlandais vivant hors du territoire. La mise en œuvre de ce dispositif éducatif aura permis l’intégration de l’alphabétisation et de l’enseignement primaire dans un large réseau de services éducatifs. Ainsi, cela a généré des centres de formation à distance, de formation sur les lieux de travail et d’apprentissage communautaire, sans oublier la mise en commun des ressources au sein du système scolaire formel, indiquent les experts ?