Accusé d’assassinat : Gomido Sossou acquitté au bénéfice du doute

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Poursuivi au même titre que ses acolytes pour un crime d’assassinat, seul l’accusé Gomido Sossou a répondu présent, vendredi 8 novembre dernier, au tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa, siégeant en premier ressort, en matière criminelle. Le mis en cause, défendu par Me Zacharie Baba Bodi, a été acquitté au bénéfice du doute.

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A l’appel des accusés du cinquième dossier inscrit  au rôle de la session criminelle du Tpi de Lokossa, seul Gomido Sossou a répondu présent à la barre. Cultivateur de profession et père de quatre enfants, Gomido Sossou, né vers 1970 à Doko, était accusé d’avoir assassiné, le 2 juin 2014 à Toviklin, le nommé Naboua Dodo Koko. Et ceci, en complicité avec Gabriel Djidji Hounnougbé, né vers 1968 à Doko, chauffeur de nationalité béninoise et père de deux enfants. Les deux complices étaient placés sous mandat de dépôt le 17 septembre 2014. Mais Gabriel Djidji Hounnougbé ayant bénéficié de liberté provisoire, en août 2018, n’a pas comparu vendredi dernier.
Sur cet incident, les juges ont dû marquer une suspension des débats. Du retour du secret de leur délibération, ils décident de disjoindre le cas de l’accusé absent en se fondant sur les articles 277 et 293 nouveaux du code de procédure pénale. Le nommé Gabriel Djidji Hounnougbé pourra alors être jugé ultérieurement. Ceci étant, les débats relatifs au cinquième dossier ont pu reprendre leur cours normal en vue de statuer sur les faits mis à la charge de Gomido Sossou. Des faits que l’accusé a rejetés en bloc. « Je ne reconnais pas les faits », a-t-il déclaré, liant son accusation au fait qu’il a pris la clé des champs dans les temps voisins du meurtre. Une fuite qu’il n’aurait pas commise, poursuit-il, s’il n’existait pas un conflit domanial qui opposait sa famille au défunt. Gomido Sossou et ses parents réclament la rétrocession d’un lopin de terre auprès de Naboua Dodo Koko qui n’entendait pas donner suite à leur requête. Ce conflit domanial date de plus d’une vingtaine d’années avant l’assassinat, révèle Gomido Sossou crédité d’une bonne moralité. Accusé du meurtre, il n’avait pourtant pas un passé de criminel et n’avait jamais été condamné auparavant à une peine pénale. De même, les faits qui lui sont reprochés ne sont liés à un quelconque trouble intellectuel et mental, révèle le rapport de ses examens médico-psychologiques et psychiatriques.
Dans ses réquisitions, le ministère public a soutenu que l’accusé est bel bien coupable et mérite condamnation. Pour sa part, la défense assurée par Me Zacharie Baba Bodi, plaide l’acquittement. Pour lui, le récit des faits indique que son client n’était pas sur les lieux du crime et sa fuite ne saurait fonder une quelconque culpabilité puisque cette attitude, confie-t-il, est innée en tout homme. Ensuite, Me Zacharie Baba Bodi soutient que la poursuite manque d’éléments tangibles devant permettre d’identifier lequel des accusés a tiré le fusil du crime. Pour finir, il invite le tribunal à constater l’inexistence des éléments matériel et intentionnel, toutes choses indispensables à la constitution de l’infraction d’assassinat.
Et ce sera à la grande satisfaction de l’avocat et de son client, que le tribunal retient qu’il n’y a pas « de charges suffisantes contre l’accusé ». En conséquence, les juges ont ordonné que l’accusé « soit immédiatement mis en liberté s’il n’est retenu pour autre cause » suivant les dispositions des articles 360 à 363 du Code de procédure pénale. La partie civile était absente à l’audience.

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Les faits

Le 2 juin 2014 aux environs de quatre heures du matin à Doko centre dans la commune de Toviklin, les nommés Gabriel Djidji Hounnougbé, Gomido Sossou, Todan Sossou et Issa Vidégla Sossou ont profité du temps de sommeil de Naboua Dodo Koko pour défoncer la porte de sa chambre et ont, à l’aide d’une arme artisanale, tiré sur lui à bout portant avant de prendre la fuite. Aussitôt, il a rendu l’âme. Mais poussant ses derniers soupirs, Naboua Dodo Koko citait leurs noms comme étant auteurs de ces coups de feu. Or, un litige domanial les opposait au point où, pour des faits de menaces de mort, le tribunal de Lokossa était précédemment saisi.

Composition du tribunal

Président : Koffi Virgile Léandre Kpomalegni

Assesseurs :
Bienvenu C. Anagonou,
Sègbèdji Constantin Nicodème Vigan, Affognon Thierry Ahovè, Rodrigue Serge Hounmanakan

Ministère Public : Raynier
Florent Gnansomon

Greffier : Rony Esther Prince Degbessou