A travers ses premières rencontres hospitalières: Le RESHAOC se concerte sur l’amélioration du système de santé à l’ère du numérique

Par Josué F. MEHOUENOU,

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A l’heure où les mutations technologiques imposent le numérique à tous les secteurs d’activités, celui de Santé, appelé à sauver des vies humaines ne saurait rester en marge des gains et innovations qu’apporte le numérique. Il faut donc commencer assez tôt, notamment pour les pays technologiquement peu avancés, et engager la réflexion sur les problématiques y afférentes. Cotonou s’offre comme champ d’expérimentation à cet effet et les premières Rencontres hospitalières intermédiaires du Réseau des hôpitaux d’Afrique, de l’Océan indien et des Caraïbes (RESHAOC) qui ont démarré hier, mardi 9 juin et qui durent trois jours s’y penchent.

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Les premières Rencontres hospitalières intermédiaires du Réseau des hôpitaux d’Afrique, de l’Océan indien et des Caraïbes (RESHAOC) dont les travaux ont démarré hier à Cotonou portent sur le thème «L’hôpital africain face au défi du numérique». Y prennent part, des acteurs et experts des deux secteurs, pour parvenir à dégager beaucoup plus pour le secteur de la Santé, l’apport dont il peut bénéficier de la part du numérique. «La thématique est d’intérêt», dira le président du comité d’organisation des assises, le professeur Hyppolyte Agboton qui se justifie à travers le profil des participants. Et au-delà des profils, ce sont les retombées et recommandations des présentes rencontres qui sont très attendues. L’expérience béninoise en la matière ne sera pas inutile. « Le Bénin fait des efforts pour être au rendez-vous du numérique et le secteur de la santé ne sera pas épargné », s’est engagé de son côté le ministre Jean Gbéto Dansou en charge de la Communication, des Technologies de l’Information et de la Communication. «On ne pourra plus rien faire sans le numérique», rappelle-t-il au passage, un peu comme pour dire aux acteurs de la santé que leur secteur doit demeurer dans la ligne de ceux qui comptent s’améliorer via le numérique.

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Faire l’état des lieux de la numérisation des hôpitaux

Les premières Rencontres hospitalières intermédiaires du Réseau des hôpitaux d’Afrique, de l’Océan indien et des Caraïbes (RESHAOC) s’annoncent capitales afin de mettre le numérique au service de la santé, pourrait-on dire. Le réseau étant lui-même un creuset de brassage et d’échanges d’expériences par excellence, lesdites rencontres offrent donc l’opportunité aux pays participants d’exposer leurs vécus et de s’extérioriser en vue d’une mutualisation des acquis respectifs. Le Bénin a en tout cas de la matière à apporter à ce propos. Quoique marquant le pas en ce qui concerne la marche vers le numérique, le pays a fait déjà des bonds significatifs dans les rapports numérique-hôpitaux. Le ministre de la Santé, le professeur Dorothée Akoko Kindé Gazard en a rappelé quelques-uns, évoquant notamment la mise en place d’un comité interministériel de télémédecine, le démarrage effectif de l’informatisation d’une dizaine d’hôpitaux… Mais c’est beaucoup plus sur l’avènement du numérique que semble compter le numéro 1 de la santé au Bénin, pour bousculer les choses et faire basculer son secteur vers l’ère de la technologie. Le personnel soignant et les patients auront à y gagner, si l’on s’en tient aux avantages exposés par le ministre de la Santé. Le numérique permettra par exemple, selon elle, d’éviter les examens inutiles et redondants, d’améliorer les performances des diagnostics, de gagner du temps, d’améliorer le partage de l’information et donc d’assurer un service maximal en un temps minimum avec une meilleure satisfaction des patients. Mais avant elle, Antoine de Tovac, au nom de l’ACODESS avait lui aussi mis le doigt sur les avantages pour le secteur de la santé de s’approprier le numérique. Celui-ci voit la technologie au service de la santé comme une ambition légitime d’améliorer le fonctionnement du secteur. «L’introduction du numérique apporte l’approche systémique», note-t-il. L’enjeu, rappelle-t-il, à l’instar du ministre Dorothée Akoko Kindé Gazard, c’est de travailler dans un esprit de pragmatisme et celle-ci ajoutera de son côté que la rencontre de Cotonou doit accoucher de propositions réalistes pour améliorer la qualité des soins en Afrique, dans les Caraïbes et l’Océan indien.

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Que savoir du RESHAOC ?

Le Réseau des hôpitaux d’Afrique, de l’Océan indien et des Caraïbes (RESHAOC), selon son secrétaire exécutif, Pascal Omyalé est une association non gouvernementale d’envergure internationale de type Loi 1901 créée à Ouagadougou en 1996. Il célèbre bientôt ses 20 ans de vie et est présent dans plusieurs pays. Son secrétariat exécutif est domicilié à Cotonou. Il regroupe en son sein des pays comme le Bénin, le Togo, le Burkina Faso, le Gabon, la Guinée, le Maroc, la Mauritanie, Madagascar, le Sénégal… qui s’y sont réunis pour améliorer les systèmes hospitaliers des pays membres en partageant la connaissance et l’expérience.