A l’ère du numérique : Les médias publics s’interrogent sur leur sort

Par Desthonia BIGOT (Stag),

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Cotonou abrite depuis ce lundi 11 novembre, la 24e édition du Séminaire de formation (Sefor) qui réunit les professionnels des radios et télévisions du Sud et du Nord. Organisé par le Conseil international des radios et télévisions d’expression française (Cirtef), ce séminaire est un cadre privilégié pour les professionnels francophones de l’audiovisuel public d’échanger leurs points de vue, de s’informer et de se former dans divers domaines importants pour le développement des télévisions et radios. C’est le ministre de la Communication et de la Poste, Alain Orounla, qui a ouvert les travaux.

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« Comment penser la production et l’information pour les radios et télévisions publiques à l’ère de l’internet». C’est le thème de la 24e édition du séminaire de formation qui regroupe, depuis lundi 11 novembre, les professionnels francophones des radios et télévisions publiques à Cotonou. Au cours des quatre jours que durera ledit séminaire, les participants se pencheront dans des ateliers stratégiques, sur les mutations dans l’organisation des radios et télévisions de service public.
Selon le président du Cirtef, Pascal Thinbiano, l’aventure Sefor, malgré les difficultés rencontrées et les interruptions, se poursuit avec le même leitmotiv qu’est la quête de l’excellence dans les médias publics à travers le partage d’expériences et la vulgarisation de bonnes pratiques. Il ajoute que la thématique choisie pour le Sefor est en phase avec les grandes mutations du moment. Les médias audiovisuels publics, poursuit-il, baignent depuis plus d’une décennie dans un environnement qui a fortement muté du fait d’une nouvelle ère, celle du numérique en l’occurrence. «Comment alors rester au sommet de la chaîne informative en n’ayant plus le monopole de la collecte, du traitement et de la diffusion de l’information ? Le constat est palpable. Les smartphones et autres équipements numériques ont fait leur entrée dans le monde des médias qui est longtemps resté l’apanage des initiés. Il faut désormais faire preuve de résilience ou tout simplement disparaître », a-t-il martelé.
A l’en croire, le Cirtef, à travers l’organisation de ce Sefor, se propose d’apporter des réponses à ces interrogations légitimes du moment. Traiter et diffuser l’information à la vitesse imprimée par l’ère du numérique requièrent de nouveaux réflexes, de nouvelles pratiques, souligne-t-il. Selon lui, la qualité et la diversité des contenus proposés en ateliers vont permettre sans doute aux participants d’étoffer leurs bagages pour mieux faire face aux défis qui s’annoncent.

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Le Cirtef : un précieux outil d’appui technique

Procédant à l’ouverture des travaux, le ministre de la Communication et de la Poste, Alain Orounla, a fait savoir que c’est pour la troisième fois que le Bénin accueille la grande famille de l’audiovisuel public de l’espace francophone après 1995 et 2009. Pour le ministre, cela constitue une grande marque de confiance à l’égard du Bénin. Les réflexions porteront au cours des travaux sur l’information et la désinformation et l’éthique dans l’utilisation des médias et réseaux sociaux, la liberté d’expression et la régulation des médias… Le Bénin, poursuit-il, accorde un intérêt particulier à la réflexion sur le futur du Cirtef qui représente un précieux outil d’appui technique aux télévisions du Sud, à sauvegarder à tout prix. « Le Cirtef est déployé sur trois sites à savoir Cotonou au Bénin, Niamey au Niger et Yaoundé au Cameroun. Le centre de Cotonou, le tout premier implanté en Afrique, a contribué au renforcement des capacités techniques de nombreux acteurs des radios et des télévisions de la sous-région», rappelle-t-il. C’est fort de cela qu’il convie les participants à une réflexion profonde sur le destin de ces centres. A l’en croire, le président Patrice Talon et son gouvernement sont prêts à accompagner tous les efforts du Cirtef dans sa quête d’un meilleur avenir.
Le directeur général par intérim de l’Office de radiodiffusion et télévision du Bénin, Eric Abraham a fait savoir que cette rencontre sera marquée par un atelier stratégique réservé aux directeurs généraux des organismes membres ou à leurs représentants. Des interventions de spécialistes invités dont d’éminents journalistes béninois, sont attendues à cet atelier stratégique et des formateurs qualifiés choisis par le Cirtef partageront leurs expériences avec les techniciens de l’audiovisuel. Il se dit heureux que des fournisseurs ou manufacturiers d’équipements techniques soient invités à exposer des innovations techniques et les particularités dans le domaine de l’audiovisuel à un moment où le Bénin entre dans l’ère du numérique.