Cash plus care: Un programme novateur pour réduire le mariage des enfants

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Les acteurs de la protection de l’enfant participent depuis ce mercredi 15 juillet, à un atelier d’information et de validation des documents techniques du programme Cash plus care. Un programme qui a rapport à l’éducation et l’élimination de la pauvreté en vue de la réduction du mariage des enfants au Bénin.

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« Attaquer le mal par la racine ». C’est cette philosophie qui sous-tend désormais la vision des acteurs en matière de lutte contre le mariage des enfants au Bénin. Le programme Cash plus Care, initié par le ministère des Affaires sociales avec l’appui technique et financier de l’Unicef et de l’ambassade des Pays-Bas en donne les clés. Il vise à mettre fin au mariage des enfants et des adolescentes à travers l’éducation et l’élimination de la pauvreté tout en dressant les normes sociales qui perpétuent le phénomène.
C’est ce qui justifie l’atelier de consultation nationale et de validation des outils techniques de ce programme multisectoriel au profit des acteurs.
Selon Natacha Kpochan Razaki, directrice de cabinet du ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, « le phénomène du mariage des enfants perdure en dépit des nombreuses actions menées en matière de protection des enfants, compromettant ainsi l’avenir des filles en même temps qu’il menace leur santé physique et mentale ».
L’idée de ce programme tient d’un diagnostic profond sur les causes du fléau. Au nombre de celles-ci, on retrouve la pauvreté monétaire et multidimensionnelle. Elle affiche un taux de 88,5 % dans l’Alibori, 75,1 % dans le Borgou et 77 % dans la Donga.
« 38 % des filles de 15 à 19 ans sont actuellement mariées ou en union. Au nombre des causes, on note la pauvreté, le décrochage scolaire et le poids de certaines traditions », se désole Natacha Kpochan Razaki.
Plus illustratif, François Kampundu représentant résident adjoint de l’Unicef, évoque les données Mics de 2014 pour souligner l’ampleur du phénomène: « 8,8 % des filles sont mariées avant l’âge de 15 ans et 31,7 % avant l’âge de 18 ans ».
La situation est très préoccupante dans la partie septentrionale du Bénin où les départements du Borgou (37,2 %), de la Donga (25,6 %) et de l’Alibori (22,4 %) affichent les taux les plus élevés au plan national.
La directrice générale des Affaires sociales, Baboni Yacoubou Mêmouna relève entre autres déterminants dans lesdites localités, les considérations socioculturelles et religieuses, le profil économique du mariage, l’exploitation sexuelle en ligne et l’aptitude parentale.
Elle explique comment le mariage des enfants crée des disparités sur le plan de la scolarisation des filles : seulement 44 % d’entre elles arrivent au secondaire au plan national, dont 22,5 % dans l’Alibori et 32,8% dans le Borgou.
D’où l’initiative du programme Cash plus care qui vise à éradiquer le phénomène à travers l’allègement de la pauvreté des ménages, la vulgarisation des normes sociales néfastes qui perpétuent le mariage des enfants et le maintien des filles à l’école.
Destiné aux adolescentes et filles de 9 à 15 ans, il permet de donner le pouvoir aux mères afin de leur permettre de gérer leurs familles, ainsi qu’aux filles pour qu’elles soient plus respectées au sein de leurs communautés.
Le programme s’appuie sur trois principaux axes : l’éradication de la pauvreté à travers l’assistance sociale, la rétention scolaire des adolescentes et la réintégration des filles non scolarisées ainsi que la réduction des pratiques coutumières néfastes aux droits de l’enfant.
Tchaourou et Kandi sont les communes pilotes de sa mise en œuvre. Il prévoit de l’aide financière à dix mille filles des deux communes, la mise en place des services de gestion des menstruations dans au moins cent écoles, de même que des services de protection et d’éducation dans toutes les écoles.

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