Scène politique nationale: Le nouveau départ

Par Ange Joël TOFFOUN,

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Situation inédite sur la scène politique béninoise. A l’issue des résultats provisoires des élections communales du dimanche 17 mai dernier, sur la base des réformes politiques qui font la promotion des grands ensembles politiques, trois partis (Up, Br et Fcbe) sont déclarés éligibles pour l’attribution des 1815 sièges à pourvoir. Le Bénin vient ainsi d’ouvrir une nouvelle page de son histoire politique. Un nouveau départ !

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On n’ouvre pas une page sans fermer d’abord la précédente. Le Bénin vient de fermer définitivement la page des textes de lois qui favorisent la prolifération des micros partis, sans grande assise nationale. D’un certain point de vue, le pays vient de faire un grand progrès dans sa marche inexorable vers la promotion de grands ensembles politiques et par conséquent un pas de géant sur le chemin de la démocratie.
Selon les délibérations et les résultats provisoires proclamés par la Commission électorale nationale autonome (Céna), le parti Union progressiste (Up) obtient 820 sièges, le Bloc républicain (Br) 735 sièges, et le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) 260 sièges. En conséquence, le Prd et l’Udbn s’en retournent bredouille de cette expédition.
Du côté de l’Up comme du Br l’ambiance serait festive. Le climat serait aigre-doux du côté des Fcbe qui ont eu dans le passé un meilleur score. Probablement de l’amertume dans le camp des partis inéligibles à l’attribution des sièges. Dura lex, sed lex. La loi est dure, mais c’est la loi.
Tout comme la locomotive qui marque un arrêt à une gare pour prendre à nouveau la route, la vie politique béninoise amorce un nouveau départ. Les passagers qui refuseront de prendre place dans les trois wagons (Up, Br et Fcbe) doivent attendre une improbable prochaine occasion.
Peut-être comme le coq perdant, battre davantage les ailes dans tous les arrondissements, villages et hameaux jusqu’à la prochaine compétition. Qui sait s’ils ne peuvent pas atteindre l’envergure nationale exigée pour la répartition des sièges. Tout est possible encore. Mais quand on sait que les partis vainqueurs aux élections communales ne cesseront jamais, eux aussi, de se battre bec et ongles pour garder leur longueur d’avance, le défi de poursuivre sa route et de ne pas prendre place dans l’un des wagons ne sera pas facile à relever.
D’autres diront que plus grand est le péril, plus grand est le fruit. Sans être prémonitoire, il faudra vraiment de l’héroïsme pour les partis non éligibles à l’attribution des sièges pour être éligibles à une autre occasion.
Ce que tout le monde sait maintenant et bien après la proclamation des résultats provisoires des élections communales du 17 mai dernier, c’est que les réformes politiques qui font la promotion des grands ensembles politiques sont dans leur phase d’exécution. Sans ménagement, la loi sera appliquée dans toute sa rigueur.

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