50 ans de carrière: Nel Oliver célèbre ses noces d’or de scène

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Cinq décennies bien accomplies, depuis qu’il occupe les scènes du Bénin, de l’Afrique et du monde. Cela, Nel Oliver n’a pas voulu le passer sous silence. Mercredi 23 décembre dernier, au Bénin Marina Hôtel de Cotonou, l’artiste a mobilisé autour de lui, ses fans, ses familles biologiques et professionnelles, et bien d’autres personnalités pour une célébration riche en couleurs. Il en a profité pour recevoir sa distinction au grade de Commandeur de l’Ordre national du Bénin.

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Comme s’ils ne voulaient pas se faire conter l’évènement, des artistes de plusieurs générations ont effectué, mercredi 23 décembre dernier, le déplacement de Bénin Marina Hôtel pour être les témoins de la célébration des 50 ans de carrière de l’un des tout premiers ingénieurs de son qu’ait connu le continent africain : Nel Oliver. De son vrai nom Gbènoukpo Finagnon Noël Ahounou, c’est plutôt son nom d’artiste qui lui est assez connu, aussi bien au Bénin qu’ailleurs. Mercredi 23 décembre dernier, il était question pour lui de trois célébrations en une seule occasion. Primo, ses noces d’or de scène. Secundo, sa réception dans l’Ordre nationale du Bénin au grade de Commandeur puis, enfin, son anniversaire, célébré quelques jours plus tôt, le 17 décembre.

L’acte premier de la manifestation, comme il fallait s’y attendre, s’est voulu une fête musicale au cours de laquelle, plusieurs artistes ont défilé pour prester. Mais bien souvent, il était question pour eux d’accompagner l’heureux du jour en exécutant en solo ou en duo, certaines de ses compositions. Qu’il s’agisse de son congénère Stan Tohon ou encore de ses poulains Anna Téko, Ramou, le groupe Teriba, ou encore de Sessimè, Ignace don Metok… Chacun des artistes venus soutenir Nel Oliver y est allé à fond, donnant ainsi de la vivacité et de l’ampleur au spectacle. Comme si cela ne suffisait pas, le fils de l’heureux du jour et même sa compagne se sont invités à la fête, exécutant certaines de ses compositions. En somme, presque tout le répertoire de Nel Oliver, si non ses titres à succès ont été revisités. Le spectacle était à son comble avec des morceaux comme «Wadjo», «Démocratie», «Baby girl»…
Ce fut en tout cas une belle partie entrecoupée des prestations du groupe Achakata de Porto-Novo.

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Distinction méritée pour un artiste au riche palmarès

«La grande chancellerie de l’Ordre national du Bénin reçoit ce jour dans les divers ordres, un grand homme de la chanson béninoise, un artiste de grand talent, qui fait l’unanimité. Depuis une cinquantaine d’années, il est sur scène, il traverse océans et continents pour porter le message universel de la paix et de la concorde entre les peuples». C’est par ces mots que Koubourath Osséni, grande chancelière de l’Ordre national du Bénin a introduit la cérémonie de décoration de l’homme qui a vu jour le 17 décembre 1948 à Porto-Novo. Lequel, la République honore en tant qu’artiste, auteur-compositeur, arrangeur, ingénieur du son, directeur artistique et producteur.
Guitariste-chanteur à 12 ans, il fut propriétaire en ces années-là du studio Spade Music, qualifié par certains de «plaque tournante de la musique black à Paris» et qui a vu défiler entre autres Jocelyne Béroard, Manu Dibango, Papa Wemba, Abeti Massikini, Toum Black, Ipomen, Cassiri, Touré Kounda, le groupe Zaïko, Franco, Tim et Foti, les musiciens de Kassav, Docteur Nico, Kanda Bongo Man… Au Bénin, des dizaines d’artistes ont été produits par ses soins. Sagbohan Danialou, Prince Adé Oyé, Anafi Alao, Adjassa, Amagnon Koumagnon, Madou, Kinmagnon Agbéhounkpan, Gankpon Gbessè, Martin Hod, Abdallah, Castella Ayilo, Dalina Pep’S, Anna Téko, Giro n’en sont qu’une partielle illustration. Au titre de ses propres albums, on peut retenir : «Upheaval-Wadjo» sorti en 1988, «Baby girl» sorti en 1998, «Hymne à la Conférence Nationale» sorti en single en 2005, «Hommage à Gnonnas Pedro» en 2006, «A ma fille» et «Impossible Love» en 2009 puis, «Best Of Video 1 et 2».
Nel Oliver est aussi le président de l’Association des musiciens et chanteurs du Bénin, président fondateur du Comité béninois de lutte contre la piraterie et responsable à divers niveaux de nombreuses associations et regroupements d’artistes et de musiciens.
«Quand on est détenteur d’un parcours aussi riche, il va de soi qu’on soit distingué et honoré», souffle Koubourath Osséni rappelant par la suite les dizaines de distinctions reçues par l’artiste de par le monde.
«En décidant de citer cette icone de la musique béninoise dans l’Ordre national du Bénin, le président de la République, tient à saluer le talent d’un artiste, le mérite d’un citoyen et la responsabilité d’un démocrate», insiste-t-elle. Cette décoration, précise la grande chancelière tient aussi à promouvoir la qualité des œuvres de l’esprit et susciter de saines vocations car, «Au Bénin plusieurs personnes chantent, mais ne parviennent pas à se hisser». Après quoi, les attributs du récipiendaire lui ont été remis sous les ovations du public et avec les accompagnements panégériques dus à son rang de prince?