4e édition des RIAO:Dix jours pour célébrer les contes et la parole

Par Josué F. MEHOUENOU,

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L’association Katoulati organise, depuis hier jeudi 19 mars à Cotonou, la 4e édition des Rencontres internationales des arts de l’oralité. La présente édition mobilise des artistes, conteurs et paroliers de plusieurs pays comme la Belgique, la France, le Mali, le Niger, la Côte d’ivoire, le Togo, le Burkina Faso et se veut par ailleurs le point de départ pour la mise sur pied d’un grand réseau des acteurs de l’art oratoire dans la sous-région.

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Mieux que les trois précédentes, l’édition 2015 des Rencontres internationales des arts de l’oralité (RIAO) fait une place de choix à la réflexion sur l’état des lieux du conte et de la parole et les voies et moyens à explorer pour les pratiquants de ces deux arts, afin de leur donner plus de vie et de les mettre davantage au service du développement culturel. Cette option est une manière de trancher avec le schéma classique des rencontres internationales et autres festivals, pour proposer des formes de manifestations qui intègrent un volet intellectuel important, souligne Patrice Toton, l’initiateur et président du comité d’organisation des RIAO.

Pour ce faire, plusieurs ateliers de formation seront organisés et un grand colloque sur le thème «l’importance du conte dans le développement socio-économique» sera développé par Espérat Donouvossi, le lundi prochain au hall des arts de Cotonou.
Cette réflexion à laquelle les organisateurs de ce festival convient tous les acteurs culturels ne sera pas le point de départ du festival. Depuis hier, les RIAO sont entrées dans leurs phases actives avec la cérémonie officielle suivie de spectacle qui a lieu à l’Institut français de Cotonou. Ce jour, c’est au niveau de l’espace Mayton à Abomey-Calavi et au niveau du campus d’Abomey-Calavi que les activités se dérouleront, une attention particulière devant être accordée à la parade aux lampions prévue dans la soirée.
Comme on le voit, le programme des RIAO 2015 est un cocktail d’activités culturelles ponctué à chaque fois d’animations des conteurs et paroliers. Ce sont eux qui ceinturent la plupart des autres composantes du programme qui a été officiellement dévoilé depuis le mardi 17 mars dernier à la conférence du ministère en charge de la Culture, par les organisateurs, en présence des premiers festivaliers qui ont déjà foulé le sol béninois.

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Cette rencontre au cours de laquelle le ministre en charge de la Culture, Jean Michel Abimbola s’était fait représenter par le directeur de la Promotion artistique et culturelle, Patrick Idohou avait surtout permis, de faire toucher du doigt à ce dernier, au regard de la détermination des organisateurs et festivaliers, l’importance des RIAO. De sorte que face à un tel engagement, celui-ci n’ait eu autre choix que de promettre «d’institutionnaliser» ce festival et de le soutenir, comme de nombreux autres. Une promesse qui, aux yeux de Patrice Toton et des siens, sonne comme la reconnaissance du travail qu’ils abattent pour que le conte africain reste et demeure, et pour que la parole, chose précieuse en Afrique, serve la bonne cause.

Les grandes innovations

La programmation des RIAO 2015 suffit à elle toute seule, pour donner raison aux organisateurs qui pensent avoir frappé un coup en termes d’innovations. C’est ainsi par exemple qu’ils ont prévu un spectacle de conte au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga pour permettre à ceux qui s’y trouveraient du fait des ennuis de santé, d’abord de ne pas rester en marge dudit festival, et ensuite de se distraire un temps. Sur la route des pêches également, un autre «show» est prévu. Disons qu’il s’agit beaucoup plus d’aller à la rencontre d’un grand acteur de la parole, le metteur en scène Alougbine Dine qui, à l’occasion, prendra les attributs d’un parolier pour se conter aux festivaliers.
Après avoir vainement couru pour l’obtention d’une autorisation en vue d’un spectacle à la présidence de la République, Patrice Toton se réjouit d’avoir obtenu le quitus du Parlement pour une séance de conte. C’est déjà un soulagement, souligne-t-il, que de délocaliser les RIAO dans les locaux de la représentation nationale.