4 questions à Jean-Marc Adjovi Boco: « Il faut très tôt trouver un projet motivant … »

Par Christian HOUNONGBE,

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Ancien international béninois, Jean-Marc Adjovi Boco est aujourd’hui un modèle réussi de reconversion de footballeur, une chose rare en Afrique. Il se prononce ici sur la problématique de reconversion des footballeurs en Afrique.

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Comment s’est opérée votre reconversion à la fin de votre carrière sportive ?

J’avais un métier avant de devenir footballeur professionnel, et je savais que je devais préparer mon après carrière. Après avoir passé mes diplômes d’entraîneur, j’ai repris les études supérieures (Ecole supérieure de commerce) afin de mettre en place un projet que j’avais en tête, à savoir l’Académie Diambars. Ces études m’ont aussi permis de créer plusieurs entreprises dont des garages en France et de magasins d’optique en Afrique.

Votre notoriété n’a-t-elle pas favorisé l’essor de vos nouvelles activités ?

Oui, la notoriété est un atout très important, si toutefois on y est préparé, car cette notoriété ne dure pas.
Se fondant sur votre expérience, comment est-ce qu’un joueur peut s’organiser pour réussir sa vie post-carrière ?

Il faut s’y préparer en faisant des formations. La multitude de partenaires, sponsors que nous avons dans le milieu pro nous facilite cela. Ensuite, il faut très tôt trouver un projet qui soit motivant, car il est très difficile d’en trouver à la fin de sa carrière de footballeur professionnel. Dès le début de ma carrière, je me suis dit que tout pouvait aller très vite et s’arrêter du jour au lendemain. Certains footballeurs ne réussissent pas leur après-carrière, car ils ne s’y préparent pas. Ils pensent que le fait d’avoir été footballeur professionnel suffit. Il est alors important de faire d’abord un bilan de compétences puis trouver la meilleure voie. Ensuite se former et se servir des réseaux constitués pendant la carrière.
Le constat fait est que les joueurs européens réussissent mieux leur reconversion que ceux africains…

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Il y a plus de possibilités de formation en Europe et plus de structures qui permettent de faire des bilans de compétences. De plus, les centres de formation y sont plus structurés qu’en Afrique.

Quels sont les corps de métiers vers lesquels les joueurs se tournent souvent en fin de carrière ?

Entraîneur ou consultant sportif.

Connaissez-vous des joueurs africains qui ont réussi facilement leur reconversion ?

La plus belle réussite me semble être celle de Habib Beye, et il réussira aussi lorsqu’il deviendra entraîneur.

Propos recueillis par Christian HOUNONGBE