Meurtre sur la personne de Baké Orou Mako:Dérou Dèguè condamnée mais internée à Jacquot

Par Didier Pascal DOGUE,

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Dans le cadre de l’examen, lundi 2 décembre dernier du 6e dossier inscrit à son rôle, le tribunal de première instance de deuxième classe de Natitingou statuant en matière criminelle a condamné Patrice Kouagou à deux ans fermes après la requalification du meurtre en homicide involontaire demandée et obtenue par son avocat, Me Huguette Bokpè Gnacadja.

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Patrice Kouagou est désormais libre de ses mouvements depuis lundi 2 décembre dernier. Poursuivi pour meurtre et après les réquisitions du ministère public sollicitant sa condamnation à huit ans de réclusion, son avocate, Me Huguette Bokpè Gnacadja a sollicité et obtenu la requalification du meurtre en homicide involontaire. Pour avoir passé cinq ans en détention préventive, il est désormais libre de ses mouvements.
A la barre, Patrice Kouagou a déclaré que la victime,Mohamed Orou, est son ami peul et qu’il ne saurait le tuer. Il lui aurait sauvé la vie pour lui ‘’avoir acheté la vie’’ dès sa naissance.
La conviction du ministère public est toute autre, dès lors que les faits de meurtre à lui reprochés sont entièrement constitués et l’argument de l’emprise de l’alcool sur lui au moment des faits ne saurait prospérer. Cependant, il a retenu à sa décharge sa prompte réaction quand le pire était arrivé, il n’a pas marchandé son soutien à la victime pour les soins requis en de pareilles circonstances. De plus, l’enquête de moralité, relève-t-il, lui est favorable. L’intention criminelle existe cependant et se perçoit à travers les mécanismes par lesquels il a envoyé ad patres Mohamed Orou. Il a requis contre lui huit ans de réclusion criminelle.
La défense déclare prendre la parole avec beaucoup de peine. Pour Me Huguette Bokpè Gnacadja, elle ne souhaitait pas faire le procès de l’alcool, car, se désole-t-elle, lorsque l’alcool s’empare de vous, vous êtes sous l’emprise d’une force qui vous pousse à avoir du courage pour poser des actes qui, avec la lucidité, ne vous auraient jamais effleuré l’esprit. Nous ne pouvons faire ce procès sans tenir compte de l’alcool, a insisté la défense. Elle a soutenu que le peul, étant son ami et tuteur à qui il doit l’existence, il n’aurait jamais pu le tuer. Son client, fils unique, est rescapé d’un sort terrible. Ce sont des amis, poursuit-elle, pour retenir qu’il ne savait pas qu’il viendrait à la fête. L’intention criminelle n’existe aucunement. La flèche est partie à son insu du moins sous l’emprise de l’alcool. Elle sollicite alors la requalification du meurtre en homicide involontaire et de lui pardonner. Sur cette base, elle a demandé au tribunal d’aller jusqu’au bout du dossier.
Ainsi, le tribunal délibère et après avoir requalifié le meurtre en homicide involontaire, il condamne l’accusé à deux ans d’emprisonnement ferme.

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Les faits

Le jeudi 27 mars 2014, aux environs de 18 h 30, les nommés Patrice Kouagou et Mohammed Orou se sont retrouvés à une cérémonie traditionnelle visant à neutraliser les influences maléfiques dans le village
Koussoucoingou, commune de Boukoumbé. Patrice Kouagou comme plusieurs autres participants, était armé d’une flèche comme l’exige une telle tradition. Il s’en est servi pour donner la mort à Mohammed Orou. Les enquêtes diligentées permirent d’appréhender et d’inculper Patrice Kouagou pour meurtre. Tant à l’enquête préliminaire qu’à l’instruction, Patrice Kouagou a reconnu avoir donné la mort à Mohammed Orou. Il ne donne pas le mobile de son acte mais soutient avoir agi sous l’emprise de l’alcool.

Composition du tribunal

Président : Serge Tchina
1er assesseur : Hervé
Houdégbé
2e assesseur : Rodrigue
Sèdonougbo
Ministère public : Sossa Alain David Amoussou