2e phase du programme « Prever »: Investir pour l’énergie propre aux usages productifs

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le Bénin bénéficie de l’appui de l’Union européenne pour la mise en œuvre de la deuxième phase du programme «Promouvoir l’économie verte au Bénin » (Prever 2).Objectif, investir pour la production et l’accès à une énergie propre et durable.

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L’Union européenne (Ue) apporte une contribution à hauteur de 36 millions d’euros soit 23,4 milliards F Cfa, pour la mise en œuvre de la deuxième phase du programme « Promouvoir l’économie verte au Bénin » (Prever 2). Ce financement sur le onzième Fonds européen de développement reflète la volonté de l’institution de contribuer à la réalisation de l’Objectif de développement durable (Odd) n°7 «Energie propre et d’un coût abordable », a indiqué l’ambassadeur chef de la délégation de l’Ue au Bénin, Olivier Nette. C’était mercredi 13 novembre dernier lors de la signature de la convention de financement à Cotonou.
C’est l’aboutissement des discussions enclenchées pour lever par blending (mélange de dons et de prêts concessionnels) des fonds additionnels en tenant compte des avancées de la première phase du programme d’un montant total de 131 millions d’euros (environ 86 milliards F Cfa). Le coût total de cette deuxième phase est estimé à 60,9 millions d’euros soit environ 40 milliards F Cfa.
« Prever 2 mettra l’accent sur la promotion de l’accès à l’énergie pour des usages productifs générant des revenus et, à travers une forte composante d’intermédiation sociale, sur l’accès pour les femmes, à la fois comme consommateurs vulnérables et entrepreneurs », selon Olivier Nette. Le programme contribuera également, poursuit-il, au développement du secteur privé, à travers la promotion des investissements et la création d’emplois, en particulier pour les femmes, dans les secteurs porteurs de l’accès à l’électricité, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.
Un des volets du programme permettra de renforcer le secteur privé national et international, à travers une assistance technique dédiée aux très petites et moyennes entreprises. Il est question de développer leurs capacités techniques et financières pour produire et distribuer de l’électricité (sur réseau et hors réseau) et améliorer l’efficacité énergétique dans les secteurs productifs.
Les activités viseront par ailleurs la mise en place de partenariats Nord-Sud, le renforcement de la coopération entre entreprises et la création d’incubateurs afin d’accompagner l’émergence de nouveaux acteurs privés. Les entreprises pourront ensuite bénéficier des différents mécanismes de financement, y compris Electrifi ou Sunref (Financement de programmes d’énergies renouvelables), afin de participer à l’effort national d’électrification.
Le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, se réjouit de la sollicitude constante de l’Ue dans le secteur de l’énergie. Il salue une coopération « exemplaire» qui augure davantage de résultats probants dans ce secteur. « C’est en cohérence complètement avec le plan d’action du gouvernement pour améliorer ce secteur, en ayant à cœur les préoccupations environnementales et particulièrement les aspects liés aux changements climatiques », laisse-t-il entendre.

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Efficacité énergétique

Dans son plan d’action, le gouvernement met l’accent, entre autres, sur les énergies renouvelables, la maîtrise de l’énergie et l’efficacité énergétique. L’apport de l’Union européenne permettra de consolider les acquis obtenus depuis trois ans, dans le but d’assurer à moyen terme l’autonomie en énergie électrique.
Une des trois composantes de la première phase du projet, Electrifi visait à augmenter les capacités du secteur privé à produire et à distribuer de l’électricité (sur ou hors réseau) et améliorer l’efficacité énergétique dans les secteurs productifs tels que l’industrie, l’agro-business, le tourisme/l’hôtellerie. Ces actions seront accompagnées, avec la deuxième phase, par un volet visant à améliorer l’accès à l’électricité en milieu périurbain et rural par l’extension et la réhabilitation de réseau. Elles seront mises en œuvre dans la continuité des projets existants, notamment le Projet d’extension et de développement des réseaux (Peder). Lors de la première phase du programme, ce projet devrait aboutir au raccordement de 50 localités rurales au réseau de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee).
Un volet optionnel du Prever 2 devrait favoriser l’optimisation des investissements en énergie verte, notamment l’augmentation de la capacité de la centrale solaire Defissol. Le projet Defissol tourne essentiellement autour de la construction à Pobè d’une centrale solaire de 25 MW raccordée au réseau et permettant la fourniture de 35 GWh/an d’électricité pour couvrir la consommation d’environ 30 000 ménages. Le but est de réduire la dépendance du Bénin des énergies fossiles et de développer des sources de production soutenables pour le développement et la croissance économique du Bénin.
En fait, le Bénin est caractérisé sur le plan énergétique par la prédominance de l’usage de la biomasse et des hydrocarbures; l’électricité proprement dite provenait essentiellement, avant la mise en service de la centrale thermique de Maria Gléta 2, du Ghana et du Nigeria. Les taux d’électrification restent faibles avec 33,2 % au niveau national et 8,15 % en milieu rural en 2015.
Toutes choses qui avaient amené le gouvernement du Bénin à adopter en juillet 2016 un plan d’urgence de relance du secteur de l’électricité et à consacrer quelque 10 % de son budget quinquennal (2016-2021) à ce secteur.