2e édition de Bénin Cashew Day:La compétitivité de la filière anacarde au cœur des échanges

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Et de deux pour le Bénin Cashew Day ! Les 11 et 12 février, les acteurs de la filière cajou se penchent sur la problématique de la compétitivité de cette spéculation, deuxième pourvoyeur de devises après le coton, avec l’appui de l’Agence belge pour le développement (Enabel) et autres partenaires.

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Sous le thème « Agir pour une filière compétitive », se déroule, les 11 et 12 février à Cotonou, la deuxième édition des journées de réflexion sur la filière anacarde dénommées «Bénin Cashew Day» (Bdc). Producteurs, acheteurs, exportateurs et transformateurs réunis au sein de l’Interprofession de la filière anacarde du Bénin (Ifa-Bénin) réfléchissent à nouveau sur l’envol de cette culture de rente, après la première édition tenue en janvier 2020.
Initiée par le Conseil national des exportateurs de cajou du Bénin (Conec-Bénin), Bénin Cashew Day (Bcd) est organisé en collaboration avec l’Ifa-Bénin, grâce à l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers (Ptf) dont l’Agence belge pour le développement (Enabel). Cette dernière facilite notamment le contrat de commercialisation de noix tracées entre les coopératives de producteurs d’anacarde et les sociétés de transformation, dans le cadre de son Programme d’appui au développement des filières agricoles (Profi).
La compétitivité de la filière est une noble ambition des acteurs, selon Edouard Assogba, président de l’Ifa-Bénin. A l’en croire, elle se mesurera à travers sept éléments essentiels à savoir l’internalisation des activités et des stratégies, le rôle des pouvoirs publics, le système financier adapté, les infrastructures, la technologie de production pour transformer la matière première, la main-d’œuvre qualifiée pour interagir et les institutions d’appui et leur rôle.
Procédant à l’ouverture des travaux, Micaël Bassabi Djara, directeur de cabinet de la ministre de l’Industrie et du Commerce, rassure de la volonté du gouvernement d’asseoir une organisation de commercialisation avec des attributs permettant de régler les problèmes cruciaux, notamment le financement de la transformation, l’accroissement des capacités de transformation, la transparence des transactions sur le marché intérieur. Pour ce faire, « La participation de tous les acteurs et la capitalisation des expériences des pays frères et amis seront d’un appui incommensurable pour l’organisation d’une filière compétitive au Bénin », estime-t-il.
La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Ghana, le Nigeria sont invités à la rencontre. Des acteurs d’autres pays producteurs ou transformateurs comme le Brésil, le Cambodge, le Vietnam, l’Inde, y participent par visioconférence.

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Défis

La production croît d’année en année et a atteint entre 140 000 et 150 000 tonnes de noix de cajou brutes en 2020 au Bénin, note Nicholas Mancus, chef de mission du projet BeninCajù, représentant des Ptf. Alors que la capacité des usines est estimée à 65 000 tonnes, la transformation réelle ne dépasse guère les 20 000 tonnes, soit moins de 15 % de la production nationale.
Aux difficultés d’approvisionnement des unités de transformation, s’ajoutent la multiplicité d’intermédiaires alourdissant la commercialisation et rendant peu compétitifs les prix, le non-respect des normes post-récolte et la baisse de la qualité, le faible rendement des plantations d’anacardiers, relève Abdoulaye Toko, directeur adjoint de cabinet du ministre en charge de l’Agriculture. La compétitivité doit rimer avec régularité dans la quantité et la qualité et surtout la capacité de résilience de la filière face aux chocs externes, laisse-t-il entendre.
Face au financement inadapté dont se plaignent les acteurs, M. Toko les invite à saisir l’abondement de 100 milliards F Cfa du Fonds national de développement agricole (Fnda), une opportunité offerte par le gouvernement pour leur permettre d’accéder au crédit à taux moins élevé et partiellement garanti par l’Etat.
Les meilleurs acteurs de la filière ont été distingués en marge de la cérémonie d’ouverture du forum qui prend fin cet après-midi avec la définition de stratégies devant booster la production et la transformation, tout en garantissant le label Bénin.