11e congrès de la Société africaine francophone de l’Ophtalmologie: L’œil et les pathologies générales au menu du conclave de Cotonou

Par Bruno SEWADE,

  Rubriques: Actualités |   Commentaires: Aucun


Le 11e congrès de la Société africaine francophone de l’Ophtalmologie (SAFO) se tient depuis lundi 28 novembre à Cotonou. Cette rencontre après celle de Niamey, il y a un an, coïncide avec le deuxième congrès de la Société béninoise d’Ophtalmologie (SBO). Elle sera l’occasion pendant quatre jours d’apporter à un grand nombre, une base normative de connaissances et de pratiques médicales unanimement reconnues par la communauté médicale internationale et de partager l’expérience de la pratique médicale du terrain avec les autres.

LIRE AUSSI:  Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes :Le bureau du SYNAPAT destitué par le personnel civil

«Œil et pathologies générales», c’est le thème principal du 11e congrès de la Société africaine francophone de l’Ophtalmologie (SAFO) qui réunit à Cotonou plus de 300 participants venus de plusieurs pays d’Afrique du 28 novembre au 1er décembre prochain.

Ce thème, selon le président de la Société béninoise d’Ophtalmologie Alain-Paul Amoussouga, président en exercice de la SAFO, aura le mérite de recentrer l’ophtalmologie dans la multidisciplinarité médicale et de raviver l’impérieuse collaboration avec les autres confrères spécialistes et internistes. «Ne dit-on pas que l’œil est la fenêtre du corps ?», s’interroge le président de la SAFO. Soucieux d’apporter une valeur scientifique ajoutée à ce congrès, le comité scientifique, selon lui, a voulu innover en proposant en marge des conférences dédiées au thème principal, des ateliers interactifs. L’objectif est d’améliorer la pratique ophtalmologique quotidienne.
Pour Alain-Paul Amoussouga, au-delà du scientifique, ce thème aura aussi le mérite d’introduire à une échelle extranationale, d’une part, la réflexion profonde et commune, sur le caractère obsolète des plateaux techniques qui existent dans les hôpitaux qualifiés de référence et des centres de santé. Puis, d’autre part, la nécessaire révision des standards de formation des ressources humaines avec l’impérieuse nécessité d’ouvrir les voies de la sous spécialisation. En d’autres termes, explique le président en exercice de la SAFO, l’époque de l’ophtalmologiste, « je sais tout » est révolue et il va falloir repenser toute une nouvelle gouvernance en la matière. C’est pourquoi, le comité scientifique n’a pas voulu commettre l’impair de laisser en rade, ceux qui constituent un pilier du fonctionnement des structures de soins et qui parfois même dans certaines circonstances assument l’entière responsabilité.
La SAFO 2016 de Cotonou, selon Alain-Paul Amoussouga, ne sera pas que scientifique. Elle sera comme à l’africaine, l’occasion d’un brassage de cette riche mosaïque culturelle que seule l’Afrique peut offrir.
Avant Alain-Paul Amoussouga, le secrétaire permanent de la SAFO, Adama Fanny a déclaré que la société a progressé et est devenue aujourd’hui un organe indispensable pour la vue.
«C’est vrai que la SAFO se préoccupe de l’œil et quelques pathologies, mais on ne peut pas le faire sans la recherche», a déclaré le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Marie-Odile Attanasso qui estime que la recherche est une question de développement. Pour elle, les ophtalmologues en se préoccupant de l’œil, font aussi de la recherche et participent ainsi au développement.

LIRE AUSSI:  Visite du chef de l’Etat à la CAA: Le Bénin assure une bonne gestion de sa dette publique

Les enjeux

Pour le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané qui a lancé les travaux du congrès, « la vue c’est la vie ». C’est pourquoi, il souligne que chacun côtoie quotidiennement la limite sociale de la cécité ou de la malvoyance. Et l’on imagine la douleur de toutes ces personnes qui ne peuvent pas voir ce que la nature leur offre. L’état des lieux de l’initiative Vision 2020, rappelle-t-il, indique que 75% des causes de cécité et de malvoyance sont curables ou évitables. La réalité, a-t-il révélé, montre que de trop nombreux Africains/Béninois naissent, vivent et meurent sans avoir jamais eu de soins ophtalmologiques décents. «Cette triste réalité s’est atténuée dans les pays développés contrairement à nos pays où des grandes pathologies cécitantes continuent de sévir », regrette-t-il.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, l’évolution fulgurante des nouvelles technologies applicables à l’ophtalmologie accroît chaque année un déséquilibre pour les pays africains aux ressources limitées. Les priorités sanitaires se retrouvent ailleurs, lutte contre le Sida, lutte contre la tuberculose par exemple. Malgré ces contraintes, il a invité les uns et les autres à continuer les échanges de procédés et de technologies à travers ces regroupements de scientifiques pour faire bénéficier aux populations les fruits de ces genres d’assises. «Nous devons accentuer la coopération entre les ophtalmologues occidentaux et ceux de notre continent l’Afrique mais également entre les ophtalmologues africains à travers la SAFO», souhaite-t-il. C’est sous cet angle que le gouvernement du Bénin, conscient de l’importance de cette initiative afro-africaine de rencontre scientifique, a compris et accompagne l’organisation de ce 11e Congrès de la Société africaine francophone de l’Ophtalmologie à Cotonou.
Pour le gouvernement, les enjeux sont là. Il faut mettre à la disposition des populations des soins ophtalmologiques qui soient de qualité et accessibles ; mettre en place une stratégie de prévention et de traitement contre les grandes affections cécitantes notamment la cataracte et le glaucome pour lesquels les concitoyens paient déjà un trop lourd tribut. Il va falloir également réduire les conséquences visuelles des maladies générales, de façon à réduire le handicap de ces dernières sur la population et la force de production, et le renforcement des capacités du personnel soignant ?