Par Sabin LOUMEDJINON

Cet après-midi démarre la phase à élimination directe de la Coupe d’Afrique des Nations Egypte 2019. Le Bénin dont tout le monde dit du bien pour sa qualification arrachée au bout d’un parcours sans défaite, joue le Maroc. C’est au stade Al Salam du Caire à 17 h de Cotonou.

Comme adversaire pour les Ecureuils à l’étape des huitièmes de finale, le sort a tiré les Lions de l’Atlas. Un peu comme pour dire qu’entre Ecureuils et Lions dans cette compétition, c’est une affaire d’amour. Sur le papier, les amoureux des pronostics diront que les poulains de Michel Dussuyer ne sont pas favoris. Et c’est une réalité. Car le Maroc est à sa 16e participation avec un titre de champion d’Afrique en 1976 et une médaille de bronze en 1980. A cela s’ajoute un palmarès plus ou moins élogieux qui prend en compte les cinq participations du Royaume Chérifien à une phase finale de Coupe du Monde.
Mais la comparaison doit s’arrêter là. Aujourd’hui, c’est toute une autre génération aussi bien du côté marocain que béninois, et chacune d’elles a le devoir d’écrire sa propre histoire. « Chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir » disait l’écrivain Français Frantz Fanon dans ‘’Les damnés de la terre’’. Si la génération des aînés Moussa Latoundji, Omar Tchomogo, Jocelyn Ahouéya, Razack Omotoyossi, Chitou Rachad… a pu faire de son mieux à trois phases finales de Can avec les moyens et surtout l’organisation de l’époque, celle de l’ère du Nouveau départ fait son petit bonhomme de chemin. Elle a déjà fait un pas important dans la compétition en ne concédant aucune défaite dans son groupe F que beaucoup, au départ, ont qualifié de groupe difficile au vu de la présence du Ghana (un grand nom du football africain) et du Cameroun (détenteur du trophée). Même si parfois, leurs prestations sur le terrain n’ont pas été à la hauteur des attentes des supporters, les Ecureuils, cuvée 2019, ont fait l’essentiel : la qualification pour le tour suivant.
A présent, tout se jouera au mental. Qu’il nous souvienne que dans un passé récent, Togolais et Algériens ont été battus par les poulains de Dussuyer lors des éliminatoires. Pourquoi penser alors qu’il faut craindre les Lions de l’Atlas dans le contexte actuel du football béninois à cette Can. Le Maroc est, certes, un adversaire à respecter, mais le ballon de football est rond pour tous et le statut d’outsider met les Ecureuils dans une très bonne posture pour jouer les Lions de l’Atlas.
Cet après-midi, il n’y a pas matière à polémique. Les coéquipiers de Stéphane Sessegnon doivent jouer libre, l’esprit dégagé, sans aucune pression. Les Ecureuils doivent jouer pour se faire plaisir. Goûter au plaisir de disputer pour la toute première fois de leur histoire, les huitièmes de finale d’une Can. Il leur faudra garder à l’esprit que toute histoire s’écrit ligne par ligne et par conséquent, jouer pour faire plaisir à tout un peuple. Si au bout de ce jeu plaisant attendu d’eux se dessine la victoire en leur faveur (d’ailleurs tout beau jeu conduit souvent à la consécration), ce ne serait que mérite.

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