Le Bénin s’apprête à s’engager dans quelques jours dans des compétitions de catégories d’âge au plan continental sans disposer de véritables sélections nationales. A l’approche des matchs, la Fédération béninoise de football (Fbf) reprend avec les vieilles habitudes qui occasionneraient le gaspillage des ressources de l’Etat.

Après l’élimination des Ecureuils séniors lors des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2017 et surtout les résultats en dents de scie aux éliminatoires de la Championnat d’Afrique des nations (Chan 2019), le Bénin, après l’arrivée à terme du contrat de l’entraîneur, Oumar Tchomogo devrait prendre du recul pour mieux organiser son football qui a trop souffert ces dernières années de l’improvisation, de l’affairisme et de manque de vision.

Depuis son avènement, le régime de la Rupture a clairement affiché son ambition, celle de faire renaître le sport béninois en général, surtout le football miné par une grave crise sans fin en particulier.
Le message du ministre en charge des Sports à la Fédération béninoise de football (Fbf) après la fin du contrat d’Oumar Tchomogo, était clair et devrait édifier chacun des acteurs : le gouvernement entend imprimer une nouvelle vision dans la gestion du sport roi.
Mais, malheureusement ce qu’on observe depuis quelques jours inquiète. Pour une participation aux compétitions importantes, on ne devrait plus assister au spectacle qui s’organise par la fédération.
En effet, la Fbf, à travers un communiqué signé de son directeur des compétitions, Quentin Didavi, demande aux entraîneurs de clubs des 1re, 2e et 3e divisions d’envoyer leurs joueurs de moins de 20 ans à Cotonou pour la phase de sélection de joueurs pour l’équipe nationale juniors, dans le cadre du match aller du premier tour des éliminatoires de la Can-U20 prévus pour les 30, 31 et 1er avril prochains.
Après un championnat national organisé dans les conditions que nous connaissons, on ne peut plus demander aux entraineurs de venir avec des joueurs nés avant 1999. Ces statistiques devraient être normalement disponibles à la fédération, car tous les joueurs ayant évolués dans le championnat devraient avoir une licence, donc les informations sur leur état civil devraient se retrouver à la fédération. C’est dire qu’il n’y a aucun suivi.
Cette phase de sélection n’a rien de plausible, du moins qu’elle frise un travail bâclé, car tous les vrais talents ne pourront être détectés en si peu de jours. Que peut-on obtenir d’un jeune venu du septentrion dans des conditions de voyage peu confortables qui a peut-être fait un voyage nocturne, donc fatigué pour faire un test le lendemain ? Devons-nous continuer avec ces pratiques, alors que nous avons besoin de championnats en bonne et due forme au lieu d’un machin pour sauver une saison ?
Même si on reconnaît que l’entraineur choisi par la fédération Valère Houandjinou a de l’expérience, on ne peut attendre un miracle de lui, puisqu’il n’est pas resté stable au pays pour suivre l’évolution des joueurs dans le championnat.
L’autre aspect important concerne, ses conditions de travail, de là, peut venir la démotivation. Il commence le travail sans un contrat établi. Dans une interview accordée à un confrère de la place, il affirme avoir eu la confirmation des dirigeants qu’un contrat sera signé dans le cadre de son travail. Seulement, si on doit s’en tenir aux expériences passées, le pire est à craindre. Il est à éviter les contentieux avec les entraineurs.

Gaspillage en vue

Le gouvernement doit prendre à nouveau ses responsabilités pour que la pagaille cesse un peu, sinon nous allons encore vers les mêmes résultats, avec le gaspillage des maigres ressources publiques.
Il importe que la Fbf réfléchisse pour éviter l’humiliation, car ce ne sont pas les talents en football qui manquent au Bénin mais plutôt une organisation rigoureuse de détection et de promotion des jeunes pour rehausser le football Béninois. Il ne s’agit pas de toujours trouver une solution échappatoire pour contourner les faiblesses de notre football.
La Fédération béninoise de football doit penser à l’organisation de championnats nationaux réguliers pour éviter le jonglage.
Ce qui devrait préoccuper est le renouveau du football au Bénin et pour cela, il faut des acteurs soucieux de l’objectif visé par le gouvernement à travers son programme d’action, c'est-à-dire un Bénin sportif qui gagne.

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