Un collège de professeurs-chercheurs de l’Université d’Abomey-Calavi a animé, jeudi 23 mai dernier à l’Institut français de Cotonou, une conférence sur le thème « Eliminer le paludisme au Bénin : Rêve ou réalité ? ». Organisée par l’Institut de recherche pour le développement (Ird), cette activité vise à accélérer le processus d’élimination du paludisme.

Rien qu’à considérer les résultats de la lutte contre le paludisme dans certains pays dans le monde et d’Afrique, il est permis d’en arriver à l’élimination du paludisme de la planète d’ici 2030, et ce conformément à l’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms). C’est dire que l’élimination du paludisme au Bénin n’est pas un rêve mais peut être une réalité. C’est la substance des interventions d’un collège de chercheurs de l’Université d’Abomey-Calavi, lors du café de la science à l’Institut français de Cotonou.
« Il est possible d’éliminer le paludisme dans le monde et au Bénin», affirme le professeur-chercheur et coordonnatrice du Programme national de lutte contre le paludisme au Bénin, Aurore Hounto. Elle en veut pour preuve les progrès enregistrés par certains pays dans le monde ces dernières années. Grâce à leurs efforts, certains pays ont réussi à éliminer le paludisme, tandis que d’autres sont en voie de le faire d’ici 2020. Il s’agit, cite-t-elle, de l’Ethiopie et du Rwanda qui ont pu avoir une baisse considérable des cas de paludisme en 2017. Aussi, la Chine et El Salvador ont-ils rapporté 0 cas de paludisme la même année. En 2018, le Paraguay a été certifié exempt de paludisme. Plus récemment, le Maroc, l’Algérie et l’Argentine ont été certifiés exempts du paludisme. En outre, une quinzaine d'autres pays sont en voie de l'élimination du paludisme, comme le Swaziland ou le Cap-Vert pour 2020. Plusieurs autres pays sont attendus à cette même date pour voir le paludisme disparaitre complètement de leurs territoires. Pour Aurore Hounto, si des pays ont réussi à éliminer cette maladie, les autres pays dont le nôtre peuvent aussi atteindre l’objectif de 2030.

Mais à quel prix ?

Luc Djogbénou, professeur-chercheur à l’Institut régional de santé publique (Irsp) et à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) a expliqué qu’il importe d’agir sur les deux facteurs favorisant la prolifération des anophèles, vecteurs de la maladie. Il s’agit, appuie le professeur Armel Djênontin, de l’homme et de l’environnement dans lequel nous vivons. En plus de ces facteurs, le professeur Aurore Hounto est revenue sur d’autres stratégies dans lesquelles il faut investir de même que les bonnes méthodes à appliquer. Car, le paludisme reste et demeure une endémie tropicale majeure qui constitue un problème de santé publique avec comme cibles vulnérables les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes.
En 2017, dit-elle, 2019 millions cas de paludisme ont été enregistrés dans le monde dont 200 millions en Afrique. Par ailleurs, 435 mille malades en décèdent dans le monde dont 403 mille en Afrique. Ce qui atteste que l’Afrique paie le lourd tribut à cette maladie. Le rythme de progrès doit être accéléré pour atteindre l’objectif fixé par l’Oms. D’où le comblement des écarts de couverture d’accès aux outils fondamentaux recommandés par l’Oms pour la prévention, le diagnostic et le traitement. « Ce n’est qu’en agissant ainsi qu’on peut arriver à réduire les nouveaux cas de paludisme », souligne-t-elle. Ceci, ajoute-t-elle, passe également par un leadership politique important avec une augmentation du financement domestique.

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