Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, est allé renforcer, ce jeudi 31 janvier, ses anciens collègues de la gynécologie du Centre hospitalier universitaire de la mère et de l’enfant Lagune (Chu-Mel), dans le cadre des consultations prénatales. Une démarche très saluée.

Sévérine Koliko visiblement à terme sort de la salle de consultation prénatale, le visage dégagé avec un sourire qui marque à la fois son soulagement, sa joie et son étonnement d’être reçue par la première autorité en charge de la santé. Elle n’en revenait pas ! A en croire les gestantes, la consultation était plutôt moins stressante et a offert un cadre convivial et chaleureux.
En fait, ce jeudi 31 janvier était un jour de consultation prénatale peu ordinaire au Centre hospitalier universitaire de la mère et de l’enfant Lagune (Chu-Mel). En lieu et place des paraphes et des documents administratifs qui pouvaient constituer son lot quotidien à son cabinet ministériel, Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, a préféré mettre sa blouse blanche pour prêter main-forte à ses collègues de la gynécologie.
Au-delà de la proximité que ce geste crée entre autorités et patientes, la démarche reflète avant tout de l’humanisme. « Ce matin, j’ai consulté une femme qui a déjà presque dépassé le terme de sa grossesse qui devrait subir une césarienne depuis deux semaines, mais qui fuyait parce qu’elle craignait le coût de l’opération; j’ai pu discuter avec elle, je l’ai rassurée et orientée vers le service social pour la continuité de la prise en charge parce que la césarienne est couverte en partie par une subvention de l’Etat. Cette discussion avec cette dame va permettre de la sauver elle et son enfant », se réjouit le ministre.
Les gestantes reçues par le premier responsable en charge du secteur étaient à l’honneur. Pour Murielle Fantodji, c’est une chance de se faire consulter par le ministre de la santé. « C’est avant tout une personne avertie du domaine; il a une grande expérience dans le domaine de la gynécologie et en santé de reproduction », se convainc-t-elle.
Ce contact avec les patientes vise à rapprocher les décisions du gouvernement des réalités que vivent les populations. Mais il a surtout permis au ministre de constater de visu la réalité sur le terrain relativement aux efforts du gouvernement au profit du social. « Ma visite m’a permis de me rendre compte de façon cruciale que les lignes directrices que nous avons eu à prendre au ministère de la Santé sont importantes ; les initiatives du gouvernement sont capitales et je voudrais juste prendre pour preuve le volet social à travers le projet Assurance maladie pour le renforcement du capital humain (Arch) », souligne-t-il.

Mieux s’occuper du secteur

La descente du ministre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’une recommandation de la commission chargée des réformes gouvernementales et d’une initiative de l’équipe ministérielle. « Nous avons pris l’initiative de faire en sorte que tout le personnel médical et paramédical au niveau du ministère, des directions départementales de la Santé, et des équipes des zones sanitaires puissent dégager au moins une matinée dans une semaine pour aller dans les services de santé périphériques pour prêter main forte aux équipes en place », annonce-t-il.
Une manière pour eux de s’occuper davantage du secteur. «Cela permettra non seulement de renforcer l’effectif au niveau du personnel, mais aussi à ceux qui sont au niveau décisionnel de rendre compte des réalités que vivent les acteurs de terrain au niveau des formations sanitaires ».
« En tant que première autorité en charge du ministère de la Santé, nous avons jugé utile de donner l’exemple nous-même à travers cette première descente en venant consulter les femmes au Chu-Mel », poursuit-il.
Ces descentes feront désormais partie du cahier de charges des agents. « C’est une initiative régulière qui s’inscrira dans la durabilité. Chaque agent qualifié a déjà fait le choix de la structure sanitaire où il se rendra chaque semaine et du jour où il sera disponible pour aller renforcer ses confrères », assure-t-il.
Les responsables de l’hôpital apprécient la démarche à sa juste valeur. « C’est une initiative heureuse. Ça permet au personnel technique qui travaille dans l’administration d’être toujours au contact des réalités de terrain. Cela les amène à ne pas perdre la main et à prendre conscience des problèmes que nous rencontrons dans la pratique quotidienne afin de pouvoir mieux traiter les dossiers », souligne le professeur René Perrin, directeur des Affaires médicales du Chu-Mel.
En plus de la régularité qui est fortement souhaitée par les femmes enceintes, les gynécologues du Chu-Mel seraient davantage soulagés si par moments, leurs collègues administratifs venaient les renforcer aux heures de garde.

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