Infrastructures vieillissantes, équipements et matériels vétustes, manque de places, personnel insuffisant, accueil insatisfaisant... Autant de clichés que l’on colle à l’Homel. Mais, un tour dans l’enceinte du Chu-Mel démontre que les lignes ont bougé.

« Je peux aujourd’hui affirmer que les patients ne sont plus mal traités ici à l’Homel. Nous sommes en train de lutter pour changer la tendance. Tous les blocs sont opérationnels et nous accordons de l’importance à la satisfaction des patients. Avec les actions du gouvernement et les efforts fournis par le personnel, des progrès sont perceptibles. Aujourd’hui, la souffrance des patients a considérablement diminué », soutient avec fierté
le secrétaire général du Syndicat national des agents d’entretien des services de la santé (Synaess), Olivier C. Bakpé. A l’en croire, les difficultés de l’Homel, notamment celles générées par l’incendie ayant endommagé un bloc entier et la crise de 2017... sont quasiment résolues. « Le gouvernement du président Patrice Talon fait beaucoup d’efforts pour corriger les écarts », indique le Sg Olivier Bakpé. Mais, le chantier sur lequel le personnel œuvre de plus en plus est, selon ses dires, l’accueil. « Le premier soin qu’on doit donner à un malade, c’est l’accueil. Depuis que nous avons mis en place des registres appelés «Smr» (Soins maternels respectueux), nous avons constaté qu’il y a des progrès. Ces registres permettent d’évaluer le niveau de satisfaction des clients et de recenser les raisons qui des insatisfactions. C’est ce qui nous aide à corriger certains comportements qui entachent l’offre de soins de qualité de l’Homel », affirme le Sg Olivier Bakpé.

Communication entre patientes et soignants

La communication entre les patientes et les sages-femmes ou les aides-soignantes n’est pas toujours courtoise. « A l’Homel, nous avons une nouvelle approche qu’on appelle «Humanisation des soins». Cette approche commence dès la consultation prénatale où nous sensibilisons les patientes et leurs maris sur tout ce qui les attend dans le processus de la grossesse. C’est une approche promue par le Réseau des soignants, amis des patients », indique le Sg du Synaess. Selon lui, les incompréhensions qui subsistent avec les usagers sont justement dus à la communication. « L’accouchement sans risque, c’est l’accouchement humanisé. Et, dans l’accouchement humanisé, la communication joue un rôle important. Il s’agit de se mettre à la place du patient pour le traiter, de lui communiquer ses droits parmi lesquels la communication. C’est pourquoi ces droits sont communiqués aux patients avant le traitement. Ainsi, ils connaissent leurs prérogatives. C’est la démocratie sanitaire », explique-t-il.
Mais par moments, ce sont les patientes qui restent fermées à la communication. « Ce sont les comportements des patients qui amènent parfois les aides-soignantes à avoir des écarts. Je prends l’exemple d’une femme en travail que tu veux aider à accoucher. Tu demandes à faire le toucher vaginal pour voir le niveau d’évolution, mais elle refuse qu’on la touche. Vous voulez la toucher et elle vous griffe ou vous agresse. Or, il faut bien que tu fasses ton travail, parce que tu as à sauver la maman et aussi l’enfant. Quand tu parles avec douceur et elle ne comprend toujours pas, tu es parfois obligée de parler avec insistance. Et c’est là que surviennent les mésententes. Voyez ! J’ai même gardé une marque de blessure d’une patiente sur mon bras », illustre l’aide-soignante, Laurencia Ayéna.

L’Homel débordé suite à la fermeture de plusieurs cliniques

Depuis la prise de mesures gouvernementales pour la régulation de l’exercice en clientèle privée avec pour corollaire la fermeture de plusieurs centres illégaux, le Chu-Mel connait une plus forte demande. « Dans certains services comme celui de la consultation prénatale, on assiste souvent à des refus d’admission qui n’incombent pas forcément au personnel.
L’Homel avait déjà un manque de personnel, mais avec la fermeture des cliniques installées de façon anarchique, nous avons plus d’affluence. Imaginez que par jour, trois sages-femmes doivent accueillir plus de 60 patientes ! », explique le Sg du Synaess qui invite le gouvernement à mettre à la disposition du Chu-Mel, du personnel pour pallier ce problème. Encore que, précise-t-il, il se pose un problème de places dû en partie aux réfections. « C’est un problème très important. Il y a vraiment un manque de places. Vous allez à la pédiatrie et vous pouvez trouver deux enfants sur le même lit, or les deux enfants ne souffrent pas de la même maladie. Il y a là des risques de complication pour ces enfants. Tant que la maison est en chantier, ça aura de répercussions sur la disponibilité de lits. Et, depuis que les cliniques privées ont été fermées, c’est devenu un problème plus sérieux... Nous avons le devoir d’accueillir tous les patients, mais voilà qu’il se pose un problème de places », informe Olivier
Bakpé. Il exhorte donc les usagers à comprendre que les référencements vers le Cnhu sont souvent dus au manque de places et de personnel et non à des caprices. Des problèmes qui seront certainement résolus à la fin des travaux de réfection et avec la mise à disposition de personnel.

Par Désiré GBODOUGBE & Anselme Pascal AGUEHOUNDE

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