Dans le cadre de ses activités statutaires, le Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin a organisé, vendredi 28 décembre dernier à Cotonou, une conférence publique au profit des pratiquants du Bénin sur le thème : « Le serment d’Hippocrate : historique, signification et application ». L’objectif est d’actualiser leurs connaissances.

« Le respect de la vie et de la personne constitue en toute circonstance le devoir primordial du médecin », stipule le code de déontologie médicale du Bénin en son article 2. Pourtant, le dédain, la course à l’argent, la banalisation de la vie des patients, la concurrence déloyale et bien d’autres vices sont les règles de conduite déplorés chez de nombreux médecins. Or, la confiance naît là où le médecin s’adonne, fait preuve de bonne foi, de compréhension et de serviabilité ; ce que le patient est en droit d’attendre.
Pour corriger les maux qui minent la corporation et conformément aux réformes promues par le gouvernement, d’une part, et répondre à ses exigences statutaires, d’autre part, le Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin a organisé, vendredi dernier, une conférence-débat sur le thème : « Le serment d’Hippocrate : historique, signification et application». Animée par le conseiller juridique du ministère de la Santé, Martin Coréa, cette conférence a permis aux professionnels de la santé de s’imprégner, une fois encore, de leurs obligations annoncées lors de leur prestation de serment. Il s’agit pour eux de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux ; et de respecter toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. En organisant cette conférence, explique le président du Conseil national de l’Ordre national des médecins du Bénin, Francis Dossou, le Conseil veut que les médecins soient une fois encore imprégnés de leurs devoirs et des conditions dans lesquelles ils doivent exercer leur métier. Car, dit-il, beaucoup ont certes prononcé le serment d’Hippocrate, mais certains ont eu le temps d’en oublier l’essence même, tandis que d’autres, peut-être, l’ignorent complètement. « Face à cette situation, il est normal de remettre les pendules à l’heure », souligne-t-il.
Pour le conférencier, Martin Coréa, il est important de veiller à ce que les médecins soient au courant de leurs devoirs, des règles qui encadrent leur métier. Bien qu’essentiellement moral, le serment d’Hippocrate, indique-t-il, est ce cadrage qui permet aux médecins d’exercer leur métier selon l’éthique et la déontologie. « Le serment d’Hippocrate constitue une obligation morale volontaire à laquelle est soumis le médecin », martèle-t-il. Ainsi, poursuit-il, ce serment demande au médecin une vigilance absolue dans sa pratique professionnelle. Il doit connaître ses limites et n’a pas le droit de courir trop de risques. De plus, il demande au médecin un comportement et une manière de vivre exemplaires. Il présente la profession médicale comme une vocation qu’il faut réaliser avec le plus grand respect et la plus grande responsabilité. En un mot, dit-il, le serment est la base de la confiance au médecin, le patient sachant qu’en aucun cas, le médecin ne lui portera préjudice délibérément.
Martin Coréa, après avoir présenté les mérites du serment d’Hippocrate, reconnait tout de même ses limites. Etant essentiellement moral, le serment d’Hippocrate ne comporte pas des mesures coercitives, donc pas de sanctions. Un vide que le code de déontologie médicale peut combler. « Dans le non-respect d’un certain nombre d’éléments du serment, le code de déontologie peut conduire à des peines, des sanctions pénales ou pécuniaires. Il s’agit-là d’un complément légal du serment d’Hippocrate qui est essentiellement moral », précise Francis Dossou. Ce dernier a invité les participants à cette conférence à transmettre aux autres médecins les riches enseignements et valeurs morales qu’on peut tirer du serment d’Hippocrate afin d’amener chacun à s’améliorer.

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