Les infirmiers et infirmières du Bénin ont franchi un pas vers la constitution de leur ordre professionnel, en tenant, à la Bourse du Travail à Cotonou, une assemblée générale à cet effet, samedi 27 octobre dernier. La cérémonie d’ouverture de ladite assemblée a été présidée par le ministre de la Santé Benjamin Hounkpatin.

« Nous, infirmiers et infirmières du secteur public, nous infirmiers et infirmières du secteur privé, voulons notre ordre professionnel ». C’est notamment sous ce slogan qu’ont été mobilisés les infirmières et infirmiers samedi dernier, à l’occasion de leur assemblée générale qui marque un nouveau départ, en vue de redorer le blason de la profession infirmière au Bénin.

Pour le président du comité d’organisation, Vincent Ehoule Ayélodjou, l’absence de code d’éthique et de déontologie dans la profession, le nombre sans cesse croissant de cabinets de soins privés détenus par des agents non qualifiés qui s’érigent en infirmiers, sages-femmes et médecins, la prolifération d’infirmiers formés dans des écoles de crédibilité douteuse, sont autant de raisons qui les ont motivés à mettre de l’ordre dans leur rang. D’où l’organisation de cette assemblée samedi 27 octobre dernier, un jour à marquer d’une pierre blanche pour la profession infirmière, selon Vincent Ehoule Ayélodjou.. Dans ce cadre, un recensement national des infirmiers a été réalisé. Un recensement qui a permis d’enrôler des milliers d’agents de la profession intervenant sur le territoire national.
Mais le tout n’est pas de dénombrer les infirmières et infirmiers, le vote d’une loi par l’Assemblée nationale qui consacrera la création de l’Ordre national des infirmières et infirmiers au Bénin, reste l’étape ultime pour mettre un terme à la pagaille observée jusqu’à présent.

Assainir

Toujours dans la perspective de l’assainissement, la directrice de l’Institut national médico-social (Inmes), Sidonie Thabi Hounnou, présente à la cérémonie d’ouverture, renseigne que depuis 2011, l’Inmes a pris l’option de former des infirmiers dans un environnement universitaire, avec en prime le système Licence-master-doctorat (Lmd). Et l’accès à la formation est conditionné par la sélection des meilleurs bacheliers. « La profession infirmière au Bénin est en plein essor. Nous pouvons compter aujourd’hui des titulaires de licence qui est d’ailleurs le premier grade académique auquel forme de nos jours l’Inmes, ainsi que des titulaires de Master en Sciences infirmières entièrement formés à l’Inmes dans l’une des quatre spécialités», informe aussi Sidonie Tchabi Hounnou persuadée que la profession infirmière au Bénin a désormais de beaux jours devant elle.
Ouvrant les travaux de l’assemblée générale, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, souligne que la création de l’ordre des infirmiers n’est plus une question de choix dans le contexte actuel : elle s’impose. Au regard des réformes en cours au ministère de la Santé, la création d’un Ordre des infirmiers est une exigence inéluctable, martèle-t-il. Aussi, Benjamin Hounkpatin encourage-t-il l’initiative et souhaite qu’à l’issue des travaux un plan d’action de résolution des problèmes soit élaboré pour la corporation. Ce qui permettra, selon lui, la naissance d’une institution de régulation de la profession infirmière au Bénin, gage de soins et services de qualité à la population.

Évaluer cet élément
(0 Votes)
Lu 3243 fois