En marge de la table ronde de Cotonou pour la relance et le financement de la vaccination, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a donné un point de presse, vendredi 5 octobre dernier. Il a été question pour lui de faire le point des efforts du Bénin dans le cadre de la mise en œuvre du Programme élargi de vaccination et des écarts à combler.

Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a, au cours du point de presse, présenté l’état des lieux en matière de couverture vaccinale au Bénin, et a apprécié les différentes conclusions des assises. La rencontre de Cotonou ouvre de nouveaux horizons au Bénin. 

« A partir de maintenant, le Bénin dispose d’un document synthèse de l’état des lieux du Programme élargi de vaccination (Pev), une feuille de route définissant les grandes orientations du Pev-Bénin pour la période quinquennale 2019-2023, et d’une déclaration commune engageant les parties prenantes quant à la relance et le financement de la vaccination », se réjouit le ministre de la Santé.
Selon lui, la vaccination est un outil indispensable en matière de soins de santé. « Le Programme élargi de vaccination est une pièce-maîtresse de la prévention sanitaire et qui a servi à partir de 1987 de pilier central des soins de santé primaires. Les initiatives mondiales et les campagnes de vaccination ont permis au Bénin d’interrompre la transmission du poliovirus sauvage autochtone, d’éliminer le tétanos maternel et néonatal et de réduire significativement la morbidité et la mortalité liées à la rougeole », renseigne-t-il.
Evoquant les efforts faits par le Bénin ces dernières années, il indique que « les enquêtes démographiques et de santé révèlent une évolution de la proportion d’enfants ayant reçu la troisième dose du vaccin pentavalent, passant de 67% en 2006 à 73% en 2017 ».
La tendance reste inchangée en ce qui concerne la vaccination contre la rougeole. Quant à la proportion d’enfants « complètement vaccinés avant leur premier anniversaire, elle est passée de 40,2 en 2006 à 57% en 2017 », poursuit-il.
Malgré ces efforts, le ministre de la Santé reconnaît que des écarts restent à combler. « Selon la dernière revue externe, à peine une commune sur trois parvenait en 2014 à vacciner au moins 80% de ses enfants au penta 3 et selon les évaluations conjointes de l’Oms et de l’Unicef, ce sont plus de 63 000 enfants âgés de moins d’un an qui, chaque année, ne reçoivent pas la troisième dose du vaccin pentavalent contre le tétanos, la diphtérie, les méningites et infections respiratoires dues à la bactérie haemophilus influenzae B », relève-t-il.
La situation se répercute négativement sur les ménages. «Cette année, au moins treize communes du Bénin ont déjà connu des foyers épidémiques de rougeole », se désole le ministre.
Outre ces contre-performances, il évoque « la faible qualité de la coordination à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, la difficulté à porter à l’échelle les bonnes initiatives en cours, la qualité de la redevabilité à tous les niveaux de la chaîne des acteurs du Pev …».
Le rendez-vous de Cotonou se veut un tournant déterminant au profit du Pev.
« L’un des succès tangibles de la table ronde est de réussir à fédérer divers vœux en un évènement unique d’ampleur nationale qui repositionne à un niveau élevé la vaccination dans l’agenda du pays tout en suscitant des acteurs locaux pour la relance et le financement du Pev ».
Le gouvernement du Bénin s’engage à préserver les acquis de la rencontre de Cotonou.

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