Le fibrome utérin encore appelé myome est une tumeur bénigne qui se développe à partir du muscle de l’utérus. Même si la plupart n’ont pas de conséquences sur la santé, certains fibromes utérins peuvent évoluer au point d’entraîner des complications graves pour la femme. La présence d’un fibrome n’empêche pas la survenue d’une grossesse mais peut empêcher celle-ci d’aller à son terme, prévient Dr Chakiratou Badirou Anjorin, gynécologue obstétricienne échographiste.

Toutes les femmes en âge de procréer présentent un risque de fibrome utérin. Mais il y en a qui sont plus exposées que d’autres. C’est le cas de la femme noire qui est beaucoup plus exposée au développement des fibromes, car les tissus conjonctifs sont beaucoup plus développés chez la femme noire que chez la femme blanche. Le fibrome peut être unique ou multiple. Selon Dr Chakiratou Badirou Anjorin, dans la majorité des cas, les fibromes n’entraînent aucun symptôme, ce qui signifie que celles qui les portent l’ignorent. « On reçoit beaucoup de cas mais malheureusement à un stade avancé », se désole la gynécologue. « C’est quand le fibrome commence à poser de problème, ou quand la femme commence par se sentir mal ou saigne beaucoup au point d’être anémiée qu’elle vient consulter », poursuit-elle. 

Pourtant, il y a des signes qui peuvent alerter sur la présence de fibromes dans l’utérus. Les saignements abondants lors des menstrues sont le principal signe. Selon Dr Chakiratou Badirou Anjorin, cette abondance des saignements ne se mesure pas forcément en termes de nombre de jours de menstrues mais en termes de quantité de sang éliminé qui contient parfois des caillots. Les saignements en dehors des menstrues, qui ne sont pas forcément signe de fibrome, peuvent également signaler la présence de fibromes. On peut ressentir une masse dure ou un poids dans le bas ventre. « Même si on n’a pas encore la masse au niveau du bas-ventre et qu’on a des saignements abondants, il vaut mieux aller voir le gynécologue qui va faire les examens nécessaires et indiquera la conduite à tenir», conseille-t-elle. Quand on avance en âge, le flux sanguin lors des menstrues doit diminuer, lorsque, au lieu de diminuer cela ne fait qu’augmenter, il faut consulter un spécialiste, ajoute le gynécologue.
De l’avis du spécialiste, l’hérédité joue un rôle dans la survenue du fibrome utérin. Lorsqu’une maman a développé un fibrome, la probabilité que sa fille fasse de même est forte. Parfois ce n’est pas le volume du fibrome qui compte mais sa situation. Lorsqu’il se situe dans l’utérus sous muqueux, à chaque règle la femme va beaucoup saigner et même en dehors des règles. Dans ce cas, le fibrome peut la tuer facilement par rapport à celle dont le fibrome est sur l’utérus et plus volumineux.

Un fibrome n’empêche pas la grossesse mais…

Quand le fibrome s’installe et prend de l’espace, il exerce une pression sur le fœtus et peut empêcher une grossesse d’aller à son terme, donc entrainer une fausse couche. Comme on l’entend dire souvent, « l’utérus qui ne fait pas d’enfant fait des fibromes ». Cette assertion s’explique, selon le gynécologue, par le fait que, « chez la femme qui est sujette à faire des fibromes et qui ne féconde pas, les fibromes se développent plus rapidement que chez celle qui est tout aussi prédisposée mais qui fait régulièrement des enfants ». De façon générale, la plupart des femmes ayant des fibromes sont fertiles et vivent des grossesses normales. Néanmoins, un fibrome volumineux peut diminuer la fertilité en bloquant les trompes de Fallope ou en empêchant la nidation de l’embryon. « Dans certains cas, il peut se développer et empêcher la femme de conduire une grossesse à son terme et d’avoir un enfant ». Si malgré la présence du fibrome, la grosses arrive à son terme, le fibrome volumineux peut entraîner une césarienne s’il bloque le passage empêchant l’expulsion de l’enfant.
S’agissant du traitement du fibrome, Dr Chakiratou Badirou Anjorin souligne que dans le cas où le fibrome est source de problèmes importants pour la femme, il n’y a que la chirurgie pour la tirer d’affaire. Selon le cas, cette chirurgie consiste à enlever la masse et parfois à faire une ablation de l’utérus. Dans certains cas où le fibrome est présent mais ne crée pas beaucoup de problèmes, il y a des traitements médicamenteux pour calmer la douleur et diminuer le flux sanguin jusqu’à ce qu’elle atteigne la ménopause.
Il faut préciser qu’un taux élevé d’œstrogènes dans l’organisme accélère la croissance des fibromes. Après la ménopause, les fibromes régressent progressivement en raison du déclin de la production d’œstrogènes et s’ils ne sont pas trop gros, ils finissent par disparaître. Mais si le fibrome est déjà volumineux au départ, même si la ménopause intervient, il ne disparaît pas et peut être source d’ennuis de santé pour la femme. Lorsqu’il n’est pas pris en charge, le fibrome peut conduire à des complications de divers ordres : anémie, constipations, infections urinaires qui peuvent atteindre les reins et entrainer une insuffisance rénale. Le fibrome, quand il est gros, peut comprimer d’autres organes comme le colon qui n’arrive plus à se vider complètement. Les matières fécales s’accumulent obligeant ces personnes à faire recours au lavement rectal ou à d’autres techniques pour les évacuer. Lorsque le fibrome en arrive à s’infecter, cela peut conduire à une septicémie et tuer. D’où la recommandation du Dr Badirou Anjorin, consulter le médecin dès l’apparition des premiers signes, c’est-à-dire des saignements abondants ou la suspicion d’une masse dure dans le bas-ventre.

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