Demain mercredi 25 avril, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Une nouvelle occasion pour faire le point des avancées enregistrées et des perspectives en matière de lutte contre cette pandémie qui continue de faire des milliers de décès, en particulier dans les rangs des enfants de moins de 5 ans.

Premier motif de consultation au Bénin, le paludisme est dû à des parasites du genre « Plasmodium » transmis à l’homme par des piqûres de moustiques anophèles femelles infectés. Bien que cette maladie, ses manifestations, ses moyens de transmission et de prévention soient bien connus des populations, elle continue d’endeuiller des familles surtout en Afrique subsaharienne où l’on enregistre plus de 90 % des cas. Selon le dernier rapport de l’Oms sur le paludisme dans le monde, publié en novembre 2017, « Il y a eu 216 millions de cas de paludisme en 2016, contre 211 millions en 2015. On estime à 445 000 le nombre de décès dus au paludisme en 2016, un chiffre similaire à celui de l’année précédente (446 000) ». Même si certains groupes de la population sont plus exposés au paludisme que d’autres, le cas des enfants de moins de cinq ans est le plus préoccupant. « Plus des deux tiers (70 %) des décès dus au paludisme surviennent dans cette tranche d’âge », précise l’Oms. Il faut signaler que des efforts entrepris depuis des années pour sauver ces enfants des griffes du paludisme ont permis de réduire le nombre de décès enregistrés qui est passé de 440 000 en 2010 à 285 000 en 2016. Néanmoins, « le paludisme demeure toujours un facteur majeur de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans et un enfant en meurt toutes les deux minutes », alerte l’organisation.

Au Bénin, la situation n’est guère reluisante. Dans une interview accordée à La Nation l’année dernière, le coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme, Alexis Tchévoédé, a attiré l’attention sur l’incidence de cette maladie. Le paludisme est le premier motif de consultation dépassant de loin les autres affections : 42,9 % dans la population générale et 49,4% chez les enfants de moins de 5 ans. Il est également le premier motif d’hospitalisation dans nos formations sanitaires: 52,3% dans la population générale et chez les enfants de moins de 5 ans. Il est la première cause de décès avec un poids de décès plus élevé chez les enfants de moins de 5 ans: 13,9 % dans la population générale et 22,6 % chez les enfants de moins de 5 ans.
C’est l’affection qui a l’incidence la plus élevée. Dans notre pays, l’incidence cumulée du paludisme simple et grave est de 14,6 % en 2016. Ainsi, on note une réduction de l’incidence du paludisme qui est passée de 17% en 2012 à 14,6 % en 2016.

Un vaccin antipalu en cours d’évaluation

La pluviométrie, la température 16°-35°, l’humidité et la forte irrigation offrent des conditions favorables à la reproduction des moustiques et par conséquent, favorisent la transmission de la maladie. C’est pourquoi la lutte antivectorielle doit constituer, selon l’Oms, le principal moyen de prévenir et de réduire la transmission du paludisme. Deux formes de lutte antivectorielle sont efficaces : dormir sous moustiquaires imprégnées d’insecticide et assurer la pulvérisation d’insecticides à effet rémanent à l’intérieur des habitations.
Le traitement préventif intermittent par la sulfadoxine-pyriméthamine pour les femmes enceintes vivant dans des zones où la transmission est modérée ou forte, à chaque visite prénatale programmée après le premier trimestre.
Par ailleurs, l’institution recommande le diagnostic et le traitement précoces du paludisme qui permettent de réduire l’intensité de la maladie et d’éviter le décès. Pour contrer le développement de la résistance aux antipaludiques, la confirmation du diagnostic du paludisme doit être faite avant toute administration d’un traitement.
Il faut signaler que, depuis plusieurs années, les populations concernées nourrissent l’espoir d’un vaccin efficace contre le paludisme. Les perspectives s’annoncent heureuses sur ce plan. Le RTS,S/AS01 (RTS,S), également appelé
Mosquirix TM, un vaccin injectable conférant au jeune enfant une protection partielle contre le paludisme est en cours d’évaluation en Afrique subsaharienne. En novembre 2016, l’Oms a annoncé que le vaccin RTS,S sera déployé dans le cadre de projets pilotes dans trois pays d’Afrique subsaharienne: le Ghana, le Kenya et le Malawi. Les vaccinations devraient commencer en cette année 2018. « Ces projets pilotes pourraient ouvrir la voie à un déploiement plus large du vaccin si son innocuité et son efficacité sont jugées acceptables », rassure l’organisation.

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