Les travaux du séminaire sur « La mortalité maternelle » organisé par le fondateur de l’Université Esperanza, Pierre d’Alcantara Zocli en collaboration avec les cliniques privées, ont pris fin, vendredi 30 mars dernier à Cotonou. Les participants ont mis en place un plan d’action pour en finir avec le fort taux de mortalité maternelle au Bénin.

Le fort taux de mortalité maternelle au Bénin et en Afrique constitue une tragédie face à laquelle plusieurs solutions ont été recherchées. Au nombre de ces solutions, le fondateur de l’Université Esperanza, Pierre d’Alcantara Zocli, a rappelé la conférence de Maputo en 2006 où la décision a été prise de se battre pour réduire ce taux exorbitant suivie de la campagne africaine pour la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (Carma) lancée en 2009 lors de la réunion des ministres de la Santé à Addis-Abeba. Malgré ces efforts, souligne-t-il, les résultats sont décevants. Face à ces échecs répétés et vu qu’il est erroné de se contenter des recommandations qui finissent par nourrir les cafards dans les bureaux et les tiroirs des institutions et des gouvernants, il importe de changer de stratégies. C’est pourquoi, dira Pierre d’Alcantara Zocli, l’action au Bénin doit consister à faire en sorte que les acteurs du secteur privé soient mieux outillés pour accompagner ceux qui le peuvent afin qu’ils aient les mêmes compétences que ceux du public et faire face au défi et au challenge que constituent les décès maternels. Cette stratégie se justifie bien quand on sait que le secteur privé est sollicité à 60% par les populations. C’est lui qui gère, appuie, soigne et guérit ces dernières, fait-il remarquer. 

Mais pour que le secteur privé notamment les acteurs privés en santé puissent jouer davantage le rôle qui est le sien, le fondateur de l’Université Esperanza estime qu’il faut renforcer leurs capacités à travers des formations.
C’est donc pour cette raison que les travaux du séminaire sur la mortalité maternelle ont, une semaine durant, été consacrés au renforcement des capacités du secteur privé à travers cinq composantes. Il était question d’amener les sages femmes, les gynécologues, les médecins généralistes à cerner davantage les notions de consultations prénatales recentrées, la surveillance de décès maternel et riposte, la planification familiale, la santé reproductive des adolescents et des jeunes et surtout aux soins obstétricaux néonatals d’urgence et enfin à ce nouveau défi que constitue le dividende démographique.
Ce renforcement de capacités des cliniques privées, des cabinets privés a abouti à une convention de ces acteurs privés dont le but est de mettre en œuvre un plan de formation incessamment avec les partenaires de l’université du Bénin à Benin city au Nigeria, l’université des sciences médicales au
Nigeria et la Banque mondiale, a indiqué Pierre d’Alcantara Zocli. Il s’agira, précise-t-il, de faire en sorte que les failles notées par les acteurs qui devraient s’occuper du secteur de la santé, soient éliminées pour plus d’engagement autour de cette tragédie afin que plus aucune femme ne meure en donnant la vie.
Car, ajoute Benjamin Hounkpatin, maître de conférences, agrégé en gynécologie obstétrique, l’identification des thématiques de ce séminaire était vraiment pour combler un gap. « Le gap du secteur privé en termes de contribution à la mise en œuvre des différentes stratégies identifiées pour réduire la mortalité maternelle », indique-t-il. C’est pourquoi, le plan d’actions phares identifiées sera sûrement mis en œuvre au cours des trois prochaines années.
Au-delà de ce plan d’actions, des recommandations ont été formulées pour amener le privé à être plus impliqué dans la réduction de la mortalité maternelle. Ainsi, on sera loin « d’une Afrique subsaharienne qui enregistre 1000 décès pour 100 000 naissances ; ce qui est énorme », selon Pierre d’Alcantara zocli.

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