Commencée depuis le mardi 26 février dernier, la première étape de la cinquième revue du projet de lutte contre les maladies tropicales négligées (Mtn) a pris fin à Parakou. Mais les travaux vont se poursuivre à Lokossa et à Kétou, jusqu’au 6 mars prochain. Par rapport aux couvertures thérapeutiques et géographiques, il ressort une nette amélioration, malgré quelques disparités constatées au niveau des zones sanitaires.

Après les acteurs du septentrion, c’est au tour de ceux des autres départements de procéder à la cinquième revue du projet de lutte contre les Mtn. L’objectif général de cette revue est d’améliorer la mise en œuvre des activités du Programme national de lutte contre les maladies transmissibles (Pnlmt), pour une meilleure performance.
Ce fut l’occasion pour procéder à la présentation des résultats de l’évaluation de la transmission de la filariose lymphatique, de l’étude d’impact des traitements sur la prévalence des géo-
helminthes en milieu scolaire et des résultats de la surveillance épidémiologique et entomologique dans le cadre de la lutte contre l’onchocercose. La mise en œuvre des activités de lutte contre les Mtn menées dans les zones sanitaires au cours de l’année 2017 a également été soumise à l’appréciation des participants. Ces derniers ont également mis à jour les données des différents traitements de masse réalisés en 2017, identifié les difficultés et proposé des approches de solutions. Le contenu du plan de travail annuel au titre de 2018 leur a aussi été fourni.
Au total, grâce à l’appui du Rti, 1 230 055 personnes provenant de 37 communes ont été traités contre les géo-helminthiases ; 1 094 757 de 32 communes, contre les schistosomiases ; 1 083 924 personnes de huit communes contre le trachome ; 4 353 157 de 51 communes contre l’onchocercose, et 1 980 880 personnes de 25 communes contre la filariose lymphatique.
Ces résultats ont été obtenus non sans quelques difficultés en rapport avec le retard dans l’expédition et la réception des kits, ainsi que l’insuffisance de formation au niveau des infirmiers.

L’espoir permis

La bonne nouvelle, c’est que l’élimination de la filariose lymphatique est en bonne voie au Bénin. Ainsi, le Pnlmt peut désormais concentrer ses efforts sur les unités d’identification qui sont encore sous traitement.
Il y a également eu une réduction de la prévalence des géo-helminthes dans 13 communes cartographiées en 2014. En ce qui concerne les schistosomes et les géo-helminthes en milieu scolaire, l’évaluation a été effective dans les 24 communes ciblées parmi lesquelles, 22, soit 92 %, ont pu atteindre la couverture cible de 75 %. Les faibles taux de couverture ont été enregistrés à Kandi et à Ségbana. Les couvertures de l’expérimentation en communauté implémentée à Kérou, Bassila, Djougou et Malanville se sont révélées meilleures.
S’agissant des résultats de la surveillance épidémiologique de l’onchocercose en 2017, l’évaluation s’est avérée utile en termes d’impact à Kandi, Sègbana, Kalalé et Pèrèrè, les quatre communes endémiques sous traitement depuis dix-neuf ans. Sur un échantillon de 2651 enfants inclus dans l’étude, les anticorps de l’onchocercose ont été retrouvés sur 203 échantillons. Ce qui donne une prévalence de 7,65% et indique que la lutte contre l’onchocercose au travers des diverses activités, doit continuer au sein de chaque zone endémique afin de pouvoir l’éliminer d’ici 2025. Quant à son évaluation entomologique, la collecte des simulies s’est faite sur huit sites identifiés dans les communes de Dassa, Savè et Kandi. Il en ressort que la lutte contre la maladie doit continuer malgré les résultats encourageants atteints, surtout dans les zones endémiques afin de maintenir la stabilité sanitaire au sein des populations.

Des statistiques encourageantes

En dehors de la zone sanitaire de Kandi-Gogounou-Ségbana où les objectifs de couverture thérapeutique et géographique ne sont pas atteints, les résultats auxquels les autres ont abouti, sont globalement satisfaisants. Toutefois, ces résultats cachent des disparités. Ainsi, au niveau de l’onchocercose où l’objectif souhaité est de 80 %, Bassila, Natitingou, Matéri, N’Dali, Nikki, Kalalé, Karimama et Kandi sont les communes ayant réalisé des contre-performances. Pour les schistosomoses et les géo-helminthes où l’objectif souhaité est de 75 %, seules Ségbana et Kandi ont fait une contre-performance avec respectivement 53 % et 74% de couverture thérapeutique.
Par ailleurs, la gestion des intrants utilisés au niveau des zones sanitaires lors des activités est loin d’être rassurant. Elle a conclu à des médicaments périmés, des comprimés avariés, des discordances entre le stock mentionné sur le bordereau et le stock physique, au retard ou, à la non-transmission des stocks restants et à la non-prise en compte des stocks restants des campagnes antérieures.

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