Les eaux des bassins fluviaux du Bénin montent en ces temps de pluie. Les alertes sont données, au regard des différents seuils prévisionnels. Le système d’alerte précoce est en marche et les autorités mutualisent leurs efforts pour atteindre l’objectif zéro décès dû aux catastrophes.

L’alerte sur la montée des eaux a été donnée par l’Agence nationale de protection civile (Anpc), dans une correspondance adressée aux maires des communes concernées. Car les eaux du Bénin au niveau de ses bassins fluviaux sont en pleine crue à cause de la forte pluviométrie.
Cette situation nécessite des actions concertées pour éviter des catastrophes. C’est à cela que s’attelle le gouvernement, à travers les différentes structures d’alerte, selon Martial Dossou, point focal national au niveau du Système d’alerte précoce (Sap-Bénin), une structure chargée de suivre l’évolution du niveau des eaux sur les bassins de l’Ouémé, du Niger, du Mono. Il  explique que le Système d’alerte précoce dispose d’une cellule interinstitutionnelle de prévision et d’alerte, composée des experts hydrologues, océanographes et météorologues qui suivent l’évolution du niveau des eaux, surtout des bassins du Bénin et émettent des alertes au quotidien, lesquelles alertes sont mises à la disposition de l’Agence nationale de protection civile (Anpc) qui communique et notifie l’information aux communes concernées. « Nous profitons pour activer les plateformes communales et nous leur donnons les consignes pour que les informations soient bien relayées, et que nous atteignions l’objectif zéro mort. C’est le souhait du gouvernement de Patrice Talon qui met tout en œuvre pour que l’information puisse circuler », a-t-il révélé. Les communautés doivent en effet respecter les consignes données par les structures du ministère de l’Eau et des Mines et celles de l’Agence nationale de protection civile à travers ses relais communautaires, pour éviter des  catastrophes.  
Martial Dossou fait constater que les points focaux de l’Anpc chargés de relayer les informations font un travail génial à la base. Ces derniers, poursuit-il, organisent des séances de sensibilisation des communautés et se chargent de les conseiller tout en leur montrant les gestes qui sauvent. « Il faut prévoir tout ça afin que les populations puissent s’adapter à la situation », explique Martial Dossou, point focal national au Sap-Bénin.  
Il faut souligner qu’au niveau de la basse vallée de l’Ouémé, notamment à Zangnanado, le seuil d’alerte est au niveau rouge. Et dans un cas pareil, souligne-t-il, « On met  en place tout ce qu’il faut pour aider la communauté à réduire le risque, parce que le gouvernement ne veut pas entendre qu’il y a des pertes en vie humaine, il veut limiter les dégâts et la destruction des infrastructures… ». Quant aux seuils d’alerte, la situation est normale au niveau vert, quand il passe au jaune, il faut surveiller, informe Martial Dossou. Une fois à l’orange, la situation devient critique, puisque de l’orange au rouge, c’est très rapide. Déjà à l’orange, il faut actionner le dispositif, car au niveau du rouge, le danger est là et il faut se mettre ensemble pour informer et sensibiliser, afin que les populations puissent prendre les mesures nécessaires et ne subissent pas le pire, précise-t-il.  

Quid des localités qui dépendent de l’eau ?

Plusieurs dispositions ont été prises, pour prévenir toute surprise. Ainsi, la plateforme d’alerte a démarré une campagne, depuis le 28 août, sur la vulgarisation des prévisions saisonnières et de sensibilisation des communautés à la base. Cette campagne est rendue possible grâce à une mission conjointe conduite par la direction générale de l’Eau, l’Anpc, le Sap… Ainsi, dans la basse vallée de l’Ouémé, les populations de Ouinhi, Dangbo, Adjohoun ont été sensibilisées aux dispositions à prendre en termes d’hygiène et d’assainissement, pour lutter contre les maladies hydriques. La même mission se rendra à partir de demain mercredi, dans les communes de Tchaourou, Ouèssè et Savalou, pour le même exercice avant de se rendre dans le septentrion, notamment dans les communes de Malanville, Karimama où le seuil d’alerte est passé au rouge, depuis le dimanche dernier sur le fleuve Niger. L’on peut dire, au regard des mesures envisagées par le gouvernement, que le dispositif d’alerte est mis en branle et chacun des acteurs sait ce qu’il doit faire pour qu’on puisse passer cette période sans catastrophe.  
Il est attendu des communautés, renseigne Martial Dossou, le respect strict des consignes à savoir protéger les enfants et les empêcher d’aller au niveau des cours d’eau, éviter les surcharges dans les barques et pirogues. A cela, s’ajoute l’interdiction de la pêche pendant la crue. Toutes ces mesures doivent être observées jusqu’à la mi-octobre où l’on peut espérer la décrue.

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