Une avancée remarquable dans les travaux de protection des côtes béninoises. A l’Est de Cotonou, la construction des épis de Siafato, entreprise pour lutter contre l’avancée de la mer s’est achevée à la satisfaction de la délégation du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, conduite par le coordonnateur du programme de protection du littoral contre l’érosion côtière sur les différents sites, vendredi 28 décembre dernier. Tout se met ainsi progressivement en place pour protéger les côtes au Bénin.

« Les travaux de protection de la côte du littoral à l’Est de Cotonou sont achevés ce vendredi 28 décembre », a affirmé Philippe Zoumènou, coordonnateur du programme de protection du littoral contre l’érosion côtière au ministère du Cadre de vie et du Développement durable. Cette performance fait gagner au Bénin trois mois sur le planning dont l’échéance est le 31 mars 2019. Il a conduit une délégation sur les emprises du projet de protection de la côte à l’Est de Cotonou phase II qui s’étend du chenal de la lagune de Cotonou au quartier Akpakpa-Dodomè jusqu’à la hauteur du quartier Ekpè dans la commune de Sèmè-Podji, d’un linéaire d’environ 15 kilomètres. La délégation a pu constater les travaux maritimes réalisés dans le cadre de ce programme. Elle a visité les sites d’Akpakpa-Dodomè et Donatin où des habitants ont dû abandonner leur domicile du fait de l’avancée de la mer ; le trait de côte talonnant régulièrement les habitations. Grâce aux travaux de protection côtière réalisés au moyen des ouvrages en enrochement au niveau de l’épi A bis et des autres épis qui étaient dans le système de protection, sur une distance de 150 mètres de large, les traits de côte vont se stabiliser au niveau de l’ouvrage.
Selon les explications du coordonnateur du programme, Philippe Zoumènou, les travaux ont consisté à un remblai d’environ 1 500 000 m3 réalisé sur la plage sur 150 mètres. « Un remblai hydraulique réalisé grâce à une drague aspiratrice qui vise à nourrir le système de protection mis en place afin de permettre aux traits de côte de se stabiliser durablement », a martelé le spécialiste. Il a précisé qu’il y a un système de protection qui fonctionne au niveau de l’ouvrage compte tenu de la nature des vagues sur la côte.

Création d’un lac marin

« Parallèlement aux travaux initialement prévus dans le cadre de la 2e phase, compte tenu des résultats obtenus sur le terrain et des performances du projet, le gouvernement a décidé de mettre en valeur un certain nombre de points singuliers notamment le site de Donatin qui va recevoir le lac marin », a affirmé Philippe Zoumènou. Ce lac, poursuit-il, sera mis en place par la construction d’une digue entre les deux épis de Siafato et l’épi n°1 de linéaire 700 mètres environ. La création de ce lac marin va, à terme, permettre de remettre dans un très bon état de service, les hôtels historiques que sont le PLM Alédjo et Eldorado avec la construction certainement de nouvelles infrastructures pour faire de la zone, un périmètre balnéaire d’attraction. Le lac marin a aussi l’avantage, à en croire le coordonnateur, de créer une zone de basse navigation marine qui puisse permettre le développement d’un certain nombre d’activités nautique, touristique et balnéaire.

Que reste-t-il à faire pour protéger les côtes du Bénin ?

Dans sa nouvelle vision de gestion globale intégrée, rationnelle et durable de l’érosion côtière au Bénin, informe Philippe Zoumènou, le gouvernement a très tôt, dès 2016, caractérisé tous les 125 kilomètres de la façade maritime du Bénin. Avec cette caractérisation, les segments critiques, les plus exposés, ont été identifiés ainsi que les coins qu’il est nécessaire de protéger. « La côte à l’Est de Cotonou est une des priorités et c’est sur ça que nous sommes en train de gagner le pari actuellement », se réjouit-il. La deuxième priorité est le segment du centre qui a été caractérisé dans le plan d’investissement multisectoriel comme étant un segment où on peut développer des activités balnéaires. Ainsi, dans la perspective de sécurisation des lourds investissements futurs, souligne-t-il, le projet de protection du segment du centre autour de Ouidah a commencé. Les travaux ont effectivement démarré sur ce segment, a fait constater le coordonnateur. Le 3e point qui fait objet de grande attention au niveau du gouvernement, confie-t-il, c’est le segment transfrontalier de côte entre Hillancondji et Grand-Popo qui a déjà fait l’objet d’un certain nombre d’études et les interventions pourront démarrer en 2019.
Parlant de la qualité des ouvrages à Cotonou, pour un montant total de 40 milliards de francs Cfa, il a affirmé qu’au fil des alternances des saisons, le trait de côte va se stabiliser avec la présence des ouvrages au point où l’érosion ne pourra plus avancer. Aussi, a-t-il soutenu qu’un suivi systématique du système aussi bien du trait de côte et de ses dynamiques que des ouvrages se fera pour voir s’il n’y a pas de mouvements non prévus sur des pierres.

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