Les membres du Réseau des journalistes du Bénin sur les catastrophes naturelles sont descendus, ce mercredi 5 septembre à Athiémé, une commune à risque d’inondation. En formation sur l’initiative de l’Agence nationale de protection sociale, ils sont allés s’imprégner de la situation actuelle de ladite commune qui est « sous contrôle », à en croire Jean Houssou, premier adjoint au maire d’Athiémé.

Afin de joindre aux notions apprises, mardi dernier en salle à Cotonou, la situation réelle vécue sur le terrain, les membres du Réseau des journalistes du Bénin sur les catastrophes naturelles (Rjbcn) sont descendus, ce mercredi 5 septembre à Athiémé, une commune à risque.
Selon le récit de Jean Houssou, premier adjoint au maire d’Athiémé qui a reçu la délégation de journalistes, lorsque les lâchées sont opérées à Nangbéto au Togo, après vingt-quatre heures au plus, cela se ressent dans cette commune riveraine. «Cette année, le fleuve a été précoce parce qu’en août déjà, les eaux sont montées et ont créé des dégâts. Hier soir, le niveau de l’eau était à 4,8 m, mais aujourd’hui (ce mercredi) c’est à 5,2 m », explique Jean Houssou. Selon lui, il est fort probable qu’il y ait eu des lâchées et il y aura plus d’eau dans les jours à venir, craint-il.
Fort des expériences du passé, le premier adjoint au maire présume qu’à ce niveau, certains champs non loin du lit du fleuve Mono sont sous l’eau et les paysans sont obligés de se retirer, en attendant le retrait des eaux, conseille-t-il.
« Nous avons fait les premières alertes puisqu’on nous a dit que la pluviométrie est abondante dans le septentrion. Nous avons prévu déjà de réactualiser notre plan de contingence », a laissé entendre le premier adjoint au maire.
Répondant aux questions de la presse sur les dispositions pratiques pour secourir les sinistrés, Jean Houssou déclare recourir au plan de contingence.
Par le passé, avec le système d’alerte précoce et l’élaboration du plan de contingence suivi de sa mise en œuvre, le nombre de décès a diminué, rappelle-t-il. Les émissions à la radio permettent aussi d’apporter assistance aux populations dans ce domaine, poursuit-il.
Par rapport à l’impact de la situation d’inondation, cela crée, explique-t-il, un problème social. D’une part, les populations se retirent vers les terrains surélevés où elles partagent avec les autochtones les ressources alimentaires disponibles. Ce qui, selon lui, crée un manque et l’impact social est fort. D’autre part, renseigne-t-il, l’impact économique est présent dans la mesure où les taxes que la mairie doit prélever sur les produits en vente diminuent.

Alertes

« Avec le contact de Nangbéto, nous les joignons pour nous informer. S’il y a de grandes lâchées, nous alertons les chefs d’arrondissement qui, à leur tour, préviennent les chefs villages afin que les voisins du lit du fleuve se retirent », explique le premier adjoint sur les dispositions prises en cas d’alerte à donner. Notons que le contrat de la mairie d’Athiémé avec Radio Lokossa lui permet de faire passer des communiqués en temps réel, afin de permettre aux populations de suivre les consignes et d’arrêter la saignée.
« Nous avons déjà apprêté des sites pourvus de toutes les commodités pour accueillir les sinistrés en attendant que les partenaires nous viennent en aide. », développe Jean Houssou. Selon lui, la situation est maîtrisée grâce à la mise en œuvre du plan de contingence.
Dans les arrondissements d’Adohoun, d’Atchannou et de Dédékpoè, de pareils sites d’accueil sont déjà opérationnels, rassure-t-il.
« Nous essayons de gérer, car les gens déjà habitués ne souhaitent pas être déplacés définitivement », signale le premier adjoint au maire.
Selon les explications de Jean Houssou, après le retrait des eaux, il y a des retombées positives notamment les poissons perdus rattrapés et les produits maraîchers qui sont abondants sans engrais.
Avec la mise en œuvre du plan de contingence, relève le premier adjoint au maire, les pertes en vies humaines ont considérablement diminué.
Cependant, relève-t-il, il y a un cas déplorable l’année dernière, où une femme voulant rejoindre son mari allé au champ s’était engagée sur la voie inondée, malgré l’opposition des riverains. Elle a payé pour la vie de son bébé, après avoir été surprise par la montée des eaux. Elle a tenté vainement de nager, déplore-t-il, car le pagne s’est dénoué et l’enfant est porté disparu.

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