L’environnement est menacé par l’utilisation des pesticides devenus objets de crainte et de grande méfiance pour leurs effets néfastes et pervers sur l’écosystème et la santé de l’homme.

Doit-on craindre le pire avec l’utilisation des pesticides ? L’on peut répondre par l’affirmative, au regard des explications des spécialistes de l’environnement sur l’usage que les citoyens font de ces substances chimiques. Le professeur titulaire Michel Boko, membre du Conseil économique et social (Ces), alerte sur des dangers liés à l’usage de ces substances sur la santé et sur l’écosystème. 

C'est un tableau plus noir que vert, selon l’Agence européenne pour l'environnement citée par le professeur Michel Boko qui fait état d’une biodiversité en déclin, des écosystèmes dégradés, des sols et ressources naturelles sous pression, des milieux aquatiques souillés, des déchets mal recyclés.
L’utilisation faite actuellement des pesticides et des herbicides dans des aires de cultures au Bénin suscite des inquiétudes, souligne le professeur. Les ressources en eau et les écosystèmes dont dépendent les individus et les sociétés sont exposés à une insécurité sociale et économique, indique-t-il. Il fait constater une profonde dégradation des rivières, lacs et réserves souterraines ainsi que des conflits de plus en plus graves en période de pénurie. La pollution avec à la clé la perturbation du cycle de l’eau, l’intoxication, le développement de certaines maladies chez les troupeaux, la féminisation des espèces, sont quelques impacts relevés par l’enseignant.
Quant aux effets sur les écosystèmes naturels, à savoir les eaux, les sols et l’air, le professeur Michel Boko met l’accent sur l’épandage des pesticides et le ruissellement de composés toxiques ainsi que l’épandage d’engrais d’origine organique ou minérale et ruissellement des nutriments. Les effets des pesticides sur l’environnement comprennent aussi les effets sur les espèces non-ciblées, parce qu’ils sont pulvérisés ou épandus globalement sur les parcelles cultivées. Ainsi, plus de 98 % des insecticides pulvérisés sur les cultures et 95 % des herbicides atteignent une destination autre que leur cible, selon Michel Boko. « En outre, les eaux de ruissellement peuvent transporter les pesticides vers les milieux aquatiques, tandis que le vent peut les transporter vers d’autres parcelles, vers des pâturages, des établissements humains et des zones non aménagées, affectant potentiellement d’autres espèces », explique le professeur. Il indique aussi que d’autres problèmes sont liés à des mauvaises pratiques en matière de production, de transport et de stockage. Au fil du temps, l’application répétée de pesticides augmente la résistance des ravageurs, tandis que leurs effets nocifs sur d’autres espèces peuvent faciliter la résurgence des ravageurs. Ceux qui sont appliqués sur les cultures peuvent se volatiliser et être soufflés par les vents vers les régions voisines, ce qui présente une menace potentielle pour la faune et la flore sauvages.
Toutefois, les risques liés à l’utilisation des pesticides sont à des degrés divers, selon d’autres spécialistes qui estiment qu’il n’y a pas matière à s’embarrasser. La polémique, ces derniers jours, sur les méfaits du glyphosate, source probable de cancer, pourtant figurant parmi les pesticides homologués au Bénin a fait réagir le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui. Ce dernier, lors d’une conférence de presse qu’il a animée, jeudi dernier à son cabinet, a rassuré les citoyens. Entre autres, il a affirmé que cette substance ne crée aucun dégât sur l’environnement. « Le débat qui se mène n’est pas un débat technique. Je voudrais rassurer les Béninois que l’Etat veille… », a indiqué le ministre Gaston Dossouhoui. Le glyphosate serait inoffensif d’après les explications du ministre, même si le Centre international de recherche sur le cancer, une agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) pour la recherche sur le cancer, créée en mai 1965 par une résolution de l’Assemblée mondiale de la Santé, a démontré que cette molécule est cancérigène.
De toute façon, prudence est mère de sûreté, dit l’adage.

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