Jinukun, Réseau national pour une gestion durable des ressources génétiques au Bénin, point focal de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique (Copagen), a organisé, ce jeudi 29 mars, une conférence publique à Cotonou. Elle a été co-animée par Dr Yves Aliou et Jairo Restrepo Pivera, agro-écologiste colombien et a porté sur les effets des pesticides et des fertilisants chimiques sur les écosystèmes terrestres et aquatiques.

« Les effets des pesticides et des fertilisants chimiques de synthèse sur les écosystèmes terrestres et aquatiques ». C’est le thème qui était au menu de la conférence publique à laquelle étaient conviés les participants au cours régional Afrique francophone du réseau Jinukun commencé lundi 29 mars dernier, et la presse.
Sur la base de la projection d’un téléfilm, le communicateur Dr Yves Aliou a exposé les impacts de l’utilisation des pesticides et fertilisants sur l’environnement et la santé. On en déduit que l’usage de ces substances provoque un cocktail chimique qui nuit aussi bien aux hommes qu’aux animaux. La problématique que posent les fongicides, herbicides et insecticides, est importante à cerner, admet Dr Yves Aliou. Pour lui, les pesticides sont devenus essentiels dans le monde mais ils renferment beaucoup de principes actifs qui ne procurent pas du bien. La question, déclare-t-il, porte sur l’effet de ces substances chimiques sur l’environnement et sur la santé.
A l’occasion, il montre à l’assistance des photos qui illustrent les dégâts qu’occasionnent les pesticides sur les cultures de coton et de riz. La culture du coton dans les pays d’Afrique subsaharienne requiert une utilisation massive des insecticides et autres substances, explique-t-il. Cet état de choses a des effets que l’on ne saurait
apprécier. Il a mis l’accent sur l’eau contaminée qui draine des éléments nuisibles à la santé. L’eau étant d’usage universel et vital, on imagine les conséquences que cela a sur l’environnement (les cultures) et sur la santé.
Au Bénin, une étude a montré que 40 espèces aquatiques ont disparu des eaux du fait de l’usage des pesticides.
Les grenouilles qui vivent dans un environnement pareil changent de sexe, informe-t-il. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (oms), rapporte-t-il, 3 millions de personnes sont affectées dans le monde et 200 000 y perdent la vie.
En France, poursuit-il, des malformations fœtales, des retards de croissance et d’autres conséquences sont imputables aux substances incriminées.
A sa suite, Jairo Restrepo Pivera, agro-écologiste, a également expliqué les conséquences liées à l’usage des pesticides sur l’homme et sur les espèces animales. Au Brésil, cela cause la mort de 6000 personnes par an.
Par ailleurs, il note que les résidus de pesticides déversés dans la mer nuisent aux poissons et aux hommes qui les consomment.
Faisant le point, le superviseur général du cours régional qui a assisté à la conférence, le professeur Karim Dramane, a expliqué que l’homme s’empoisonne de deux manières. D’une part, en consommant les plantes (écosystème terrestre), et d’autre part, en consommant les poissons et les crevettes (écosystème aquatique) qui ont subi les nuisances des substances par épandage ou arrosage. Il importe de veiller à en utiliser le moins possible pour préserver la santé des hommes et l’environnement.

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