Dans le cadre de la deuxième phase du projet de protection de la côte à l’Est de Cotonou, il était question, depuis quelques semaines, que les populations riveraines libèrent les lieux. Le Gouvernement a engagé le processus de dédommagement avant le démarrage des travaux, mais les populations riveraines résistent encore à partir.

Au lendemain du lancement de la deuxième phase du projet de protection de la côte à l’Est de Cotonou, vendredi 14 juillet dernier, les populations riveraines devraient libérer les espaces occupés anarchiquement depuis plusieurs années. Elles n’ont pas encore quitté les lieux et continuent d’implorer la clémence des autorités béninoises, malgré le dédommagement enclenché par le Gouvernement. Or, le vendredi 28 juillet prochain est l’ultimatum de déguerpir et de vider totalement les lieux, relevant du domaine privé du Port autonome de Cotonou. Les zones qui devraient être libérées sont : Ekpè PK10, Zone des ambassades, Seyivé, Donatin, Quartier Jak, Akpakpa Dodomè, Enagnon.
Le dédommagement varie entre 100 000 et 200 000 francs Cfa. Ceux qui ont construit en matériaux précaires perçoivent une somme de 100 000 francs au ministère du Cadre de vie et du Développement durable (maître d’ouvrage). Tandis que ceux qui ont bâti en matériaux définitifs auront une somme de 200 000 francs Cfa. Pour en bénéficier, les personnes concernées doivent remplir les premières formalités auprès du chef quartier qui délivre une attestation de résidence ou un certificat de possession d’état contre une somme de 1000 francs. Il faut signaler que plus de 500 personnes ont été déjà dédommagées au ministère. Un registre est ouvert chez les chefs quartier où les bénéficiaires se sont inscrits avec leurs photos.
A partir du vendredi 18 août prochain, les granites seront convoyés par des camions-titans pour construire des épis. Les personnes interrogées sur les différents sites ne souhaitent pas quitter de sitôt. On note même une certaine rivalité entre celles qui ne veulent pas partir et celles qui ont accepté de prendre les frais de dédommagement pour s’en aller, bien qu’elles ne soient pas propriétaires terriens. Certaines personnes se livrent au chantage sur le terrain en demandant de ne pas aller toucher les primes de dédommagement qu’ils estiment modiques. Mais d'autres passent discrètement pour toucher l’argent.

Partir manu militari !

Le sieur Coffi Soglo, agent de sécurité, habitant le quartier Enagnon, ne pense pas quitter maintenant, estimant que les montants de dédommagement ne suffisent pas pour louer à Cotonou.
Le chef quartier d’Enagnon, Grégoire Djidonou, a fait savoir que c’est depuis décembre 2016 que le déguerpissement a été annoncé aux populations installées anarchiquement dans ces zones. Il indique que près de 8000 âmes devront quitter l’emprise du projet. Il précise que les populations ont, entre le vendredi 28 juillet et le mardi 8 août 2017, pour aller ailleurs. Passé cet intervalle de temps, l’Etat serait dans l’obligation de les déguerpir de force, pour réaliser la deuxième phase du projet de protection de la côte à l’Est de Cotonou.
Le directeur des Services techniques de la mairie de Cotonou, Lambert K. Ayitchéhou, assisté de son chef service Eau, Environnement, Assainissement et Gestion des catastrophes, Parfait Blalogoe, souligne que le domaine occupé par les riverains est un domaine privé qui appartenait à un commandant de l’époque coloniale. Ce dernier, en voulant partir définitivement, a fait une rétrocession au Port autonome de Cotonou. C’était prévu dans un premier temps de construire des entrepôts à ces endroits, a-t-il ajouté.
Il faut signaler qu’après l’aménagement, le Port autonome de Cotonou doit s’assurer de la sécurisation des lieux pour un meilleur attrait de la zone. La durée d’exécution du projet est de vingt mois.

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