Dans une semaine, les épreuves pratiques du baccalauréat 2019 démarrent, puis du 19 au 22, ce sera le tour des autres séries. A quelques jours du premier examen universitaire, le directeur de l’Office du Baccalauréat, Alphonse da Silva, rassure quant aux dispositions prises pour que les compositions se déroulent dans des conditions optimales. Il invite par ailleurs les candidats au sérieux et à la sérénité.

La Nation : Où en est-on avec les préparatifs du Baccalauréat 2019?

Nous en sommes aux derniers préparatifs. Nous nous apprêtons déjà pour l’organisation des épreuves pratiques prévues pour le vendredi 31 mai. Comme inscrit dans le calendrier du Bac, c’est d’abord les épreuves techniques pour les séries F1, F2, F3, F4, G1…, ensuite les 19, 20, 21 et 22 juin, ce sont les compositions du Bac pour les autres séries. Donc, ça commence le mercredi et ça finit le samedi. Puis il y aura la session de remplacement. Donc, à l’heure actuelle, tout est globalement prêt. Il ne reste que quelques réglages et c’est ce à quoi je m’attelle.

Combien de candidats composeront cette année et dans combien de centres ?

Le nombre de candidats cette année par rapport à l’année dernière est légèrement en baisse. Nous avons cette année 100.017 candidats. Ce n’est pas une diminution négative, c’est une diminution qualitative parce que les candidats ont été informés que ceux qui vont à l’examen sont ceux qui se préparent, ceux qui ont les connaissances requises. On ne vient pas en pèlerinage au Bac et les parents aussi en ont pris conscience… Alors, ceux qui ne sont pas prêts se préparent pour l’année prochaine. C’est ce qui explique cette diminution. Cela implique aussi la diminution des centres d’examens. Il y a six centres qui ont été fermés. C’est vrai qu’il y a aussi des centres que nous avons dû ouvrir dans des zones à forte population comme Akpro-Missérété, Athiémè. C’est pour que les candidats ne parcourent pas de longues distances avant d’aller dans leurs centres.

L’Office du Bac nous a habitués à des innovations chaque année. Quelles sont les nouveautés dans l’organisation du Bac 2019 ?

Innovation, c’est un grand mot ! Je parlerai plutôt de réglages… Vous savez que nous sommes à l’heure de la dématérialisation des relations entre les hommes et les institutions, et cela est prôné d’ailleurs par le gouvernement et dans l’espace Uémoa. Allant dans ce sens, l’Office du baccalauréat a décidé désormais que les candidats peuvent avoir leurs convocations en ligne. Les convocations sont tirées sur le serveur auquel les chefs d’établissements ont accès. Depuis lundi 13 mai que ça a commencé, je peux vous dire que des dizaines de milliers de convocations ont déjà été tirées en ligne. Il y a certes, quelques rectificatifs à faire pour ce qui est de la clarté, et nous aidons les chefs d’établissements privés comme publics à y remédier. C’est donc devenu une réalité, nous avons adopté une nouvelle approche pour dématérialiser les relations entre les usagers et l’office. En ce qui concerne les candidats libres, nous continuons toujours de le leur donner directement parce qu’ils ne sont peut-être pas encore bien prêts à les recevoir en ligne.
Par ailleurs, depuis l’année dernière, nous avons commencé à payer les acteurs, c’est-à-dire les surveillants, les correcteurs, les secrétaires… de façon dématérialisée notamment par les banques. Nous poursuivrons ainsi.
Vous devriez savoir aussi que dans l’espace Uémoa, des réformes sont entreprises et l’Office du Bac ne reste pas en marge. Ainsi, nous avons convenu d’améliorer effectivement le niveau des candidats et d’ici l’an 2024, il y aura un Bac unique. Cette année déjà, nous avons organisé un Bac blanc Uémoa et ça a bien réussi. Nous avons rendu compte au président de l’Uémoa, aux chefs d’Etat qui ont décidé de cette réforme. Donc, voilà quelques actions que nous avons eu à entreprendre. Nous améliorons aussi la qualité des correcteurs pour que les copies soient corrigées à bon escient ; des surveillants ; des salles de classe de sorte que nous ayons des salles adéquates avec des points d’eau, avec une bonne aération et puis des toilettes saines pour les candidats.
Des précautions ont certainement été prises pour garantir l’ordre et la sécurité à tout point de vue !

Tout à fait ! La sécurité commence déjà par les épreuves du Baccalauréat, le convoiement des épreuves dans les cantines. Les cantines sont envoyées dans les centres de composition avec les véhicules de l’armée nationale avec qui nous avons une très bonne relation de coopération. C’est pour garantir effectivement la sécurité.
Nous avons aussi fait en sorte que les correcteurs soient désormais désignés après une sélection au niveau national, puis au niveau central. C’est pour que les correcteurs qui corrigent les épreuves du Bac soient ceux-là qui connaissent réellement les matières pour donner le Baccalauréat à ceux qui le méritent et sanctionner ceux qui ne le méritent pas et qui n’ont pas encore le niveau. Donc voilà quelques précautions en termes de sécurité. Il y a aussi la présence des forces de l’ordre dans les centres d’examen parce que c’est la formation de l’élite du Bénin de demain.

Il est donc certain qu’il n’y aura ni fuite d’épreuves, ni imposture ?

Depuis longtemps, on ne parle plus de fuite, le système est assez verrouillé. Je suis actuellement en train de travailler sur les épreuves de la pratique, et toutes les épreuves sont codées. Lorsque vous voyez même une épreuve, vous ne pouvez pas l’identifier. C’est une forme de verrouillage pour effectivement empêcher les problèmes de fuite. Evidemment, dans les centres d’examens, nous luttons contre la fraude et nous avons une stratégie pour traquer les fraudeurs. Il y avait des gens qui viennent composer à la place d’autres. Depuis quelques années, ce n’est plus facile et nous avons fait en sorte que les mesures soient corsées pour que le candidat qui réussit à son Bac soit vraiment le candidat qui a composé.

Pas de grève, cette année. Les cours se sont déroulés sans anicroche. Les candidats auront-ils droit à des épreuves abordables ?

De toute façon, les épreuves qui sont données au baccalauréat sont des épreuves qui sont en adéquation avec le niveau d’apprentissage des candidats. Ce sont leurs professeurs qui proposent cela. Il y a des commissions qui travaillent pendant six semaines ici à l’Office du Baccalauréat pour produire les épreuves, les corriger et tout cela se fait dans la confidentialité. Donc, ce sont des épreuves qui obéissent au degré d’apprentissage. Comme nous avons une année assez apaisée, les épreuves que les candidats auront sont certainement des épreuves qu’ils ont déjà eues sous une autre forme.

Quel message le Dob a-t-il à l'endroit des candidats ?

Oui, un mot à l’endroit des candidats qui sont nos enfants, peut-être nos frères, vos petits frères. Le baccalauréat est un sésame très important qu’il faut préparer pendant toute l’année. Cela suppose qu’il faut laisser de côté les jeux, faire les TD avec les professeurs, ne pas s’empiffrer d’autres choses et laisser ce qu’on appelle WhatsApp…, parce que le Bac est très important. Il faut une salubrité intellectuelle pour affronter le Bac. Donc, je voudrais aussi parler aux parents. Ce n’est pas le moment de surcharger les enfants, de les envoyer faire du commerce…Non, laissez les enfants préparer leurs examens parce que c’est eux qui vont s’occuper de vous après! Donc, il faut un certain effort de salubrité aux niveaux intellectuel et comportemental.

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