Le gouvernement a adopté en juillet dernier le plan sectoriel de l’éducation. Ce document propose une nouvelle architecture holistique et inclusive qui bouleversera le système éducatif à travers des réponses aux insuffisances notées dans la mise en œuvre du plan actuel. Il place le capital humain au cœur de la croissance économique et du développement.

Une nouvelle architecture est adoptée pour pallier les insuffisances du système éducatif au terme du processus d’élaboration du Plan sectoriel de l’éducation (Pse). Cette structure qui se veut rectangulaire, holistique et inclusive s’adapte aux valeurs culturelles nationales et vise à améliorer le lien entre formation et emploi. Elle vient en opposition à l’actuelle architecture, pyramidale, sélective et inadaptée au marché de l’emploi. Cette mutation repose sur trois axes de réformes. 

Le premier axe indique que l’éducation de base est à partir de 3 ans à 15 ans. Tous les enfants, selon leurs besoins et aspirations, doivent bénéficier de l’éducation de base. Abdel-Rahamane Baba-Moussa, secrétaire technique permanant du Plan décennal de développement du secteur de l’éducation (Stp-Pddse), indique que l’éducation de base est prolongée à 12 ans avec l’intégration des alternatives éducatives et l’éducation non formelle dans une approche inclusive. L’objectif est qu’aucun jeune de moins de 16 ans ne soit exclu du système.
La composante scolaire de l’éducation de base est sanctionnée par le Brevet d’études du premier cycle (Bepc) qui donne accès au lycée. L’éducation de base alternative et l’apprentissage débouchent sur le Certificat d’études de qualification professionnelle (Cqp). Cette nouvelle architecture propose la réforme du Certificat d’études primaires (Cep) et du Certificat de qualification au Métier (Cqm) actuels qui deviendront des certifications intermédiaires. Le premier marque la fin du primaire pour l’orientation des apprenants vers le collège ou l’apprentissage dual préparant au Cqp. Le second pour des alternatives éducatives et de l’apprentissage préparant au Cqp.
Le Stp-Pddse prévient qu’à la réalisation de l’objectif de scolarisation primaire universelle, les alternatives et l’apprentissage préparant au Cqm seront supprimés pour qu’émerge un dispositif d’orientation pour assurer des passerelles entre le primaire et les centres d’apprentissage de type dual préparant au Cqp.

Formation professionnelle et renforcement des capacités valorisés

La post-éducation de base renvoie au second cycle de l’enseignement secondaire général et de la formation technique et professionnelle qui se déroule dans les lycées. Ces formations sont sanctionnées par le baccalauréat ou les certifications professionnelles débouchant sur l’emploi ou la poursuite des études.
La nouvelle architecture valorise la formation professionnelle, le renforcement des capacités et le développement des compétences. Il est proposé, informe le Stp-Pddse, un meilleur rapport entre formation et emploi en cohérence avec le contexte socio-économique. Cette option prend en compte la diversification des parcours post-éducation de base et la valorisation de la formation professionnelle.
Pour ce faire, indique Abdel-Rahamane Baba-Moussa, une meilleure intégration des activités de renforcement des capacités et de développement de compétences restées, jusque-là, déconnectées du système d’éducation et de formation, est adoptée.
L’alphabétisation et l’éducation des adultes concernent les apprenants de plus de 15 ans non scolarisés. Il s’agit d’un bilinguisme arrimé au renforcement des capacités et au développement des compétences qui favorisent l’autonomie et une meilleure participation à la vie sociale et professionnelle.
Le renforcement des capacités est une composante transversale pouvant être articulée avec l’éducation de base, l’alphabétisation et l’éducation des adultes ou l’enseignement supérieur.

Formation des élites

Le troisième axe repose sur l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Il se veut moderne garantissant des formations orientées vers l’innovation et la professionnalisation avec comme cible principale, les titulaires du baccalauréat.
La création de formations courtes mieux arrimées aux secteurs porteurs d’emploi, une meilleure orientation et une meilleure régulation des flux en sont les buts. Enfin, le renforcement de la recherche scientifique et de l’innovation, qui intègrent les savoirs endogènes, comme pilier de l’accroissement des richesses et du développement est le dernier axe du levier pour le développement de l’ensemble du système éducatif.
Le nouveau plan sectoriel de l’éducation post 2015 est aussi en cohérence avec les orientations du Plan national de développement (Pnd) et du Programme d’action du gouvernement 2016-2021. La réussite de sa mise en œuvre, souligne le Stp-Pddse, « exige une forte implication de l’État et des décideurs politiques afin que soient prises les décisions politiques et mises en œuvre des réformes nécessaires à l’opérationnalisation de la nouvelle architecture du système éducatif et à l’instauration de la bonne gouvernance du secteur ».
En lien avec la lettre de politique éducative, la réforme actuelle de l’architecture du système éducatif au Bénin impose un cadre pédagogique nouveau. Selon les acteurs du secteur, l’un des enjeux de la réforme est d’assurer la formation de personnes imprégnées de leur culture et capables de participer au développement de la nation.

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